Le carillon : Au cœur d’une famille.

ceriser

Au cœur d’une famille

Je voulais quatre murs, un toit de tuiles roses
Pour abriter nos jours, nos nuits, évidemment ;
Nous avons fait bâtir entre pommiers et roses
Un simple nid d’amour tenant notre serment.

Tu rêvas d’un jardin pour planter le sarment
Et dans ton potager, transpirant sous l’ormille,
Tu cultivas l’espoir que naisse une famille
Pour enrichir nos cœurs d’un nouveau diamant.

Quand notre aîné naquit, oh la douce ramille
Que tu cueillis heureux dans le creux de ta main
Imaginant déjà des jeux sous la charmille,
-Fierté d’un jeune père à l’aube d’un demain !-

Bougie après bougie on vit choir des quenottes
Jusqu’à ce jour béni de nouvelles menottes,
Faisant s’émerveiller grands-parents et cousins.

Moi qui n’avais connu ni la sœur ni le frère,
J’appris à supporter le poids de l’arbitraire
Les jours où s’invitaient quelques petits voisins !

Aujourd’hui la maison berce son chant d’automne,
Ce silence soudain nous surprend, nous étonne ;
Allons voir si la treille a mûri ses raisins !

Annie

Poème à deux plumes : Toi mon nid !

Poème à deux plumes avec mon ami et maître de prosodie Flormed que je remercie du fond du cœur. Quel immense plaisir de composer ensemble !

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Toi mon nid !

Ô mon nid, ta douceur par le ciel éclairée
Voulut que soit ma vie un charme pénétrant
Aussi dus-je t’aimer. Mon âme libérée,
En ton sein, ne connut de cauchemar frustrant.

Seulement quatre murs tout empreints de tendresse,
Et le courant des jours tel un ru de bonheur
Fit couler tant de bleu sur le fil de l’ivresse
Qu’une rose sourit au soleil butineur.

Ô mon logis, ton nom, même si je te quitte,
Restera, bien scellé dans les tréfonds du cœur.
Je te verrai partout, horizon sans limite,
Tel un reflet tracé par un subtil croqueur ;

Si notre ami le vent berce les amours mortes,
Il sait aussi souffler les vieux airs d’autrefois,
Il les met en chanson, les glisse sous les portes
Connaissant les secrets des nouveaux villageois !

Ni le jour, ni la nuit, ni le cours des années
N’auront d’effet nocif sur ton éclat charmant
Qui sera mon complice au temps des fleurs fanées
Et lors des amples soirs du grésil endormant.

Le printemps bénira nos heures vagabondes
Et je me souviendrai de chaque cri d’oiseau
Que la vieille pendule à toutes les secondes
S’amusait à calquer de ses doigts en fuseau.

Le bel été fera scintiller tes verrières
Et tu prendras l’aspect d’un beau château royal
Que berceront les chants des nymphes des lisières
Sous un ciel étoilé, la lune ouvrant le bal.

Quand le noir fermera les cils de cette histoire,
Nous confierons les clefs de notre portillon
À celui qui, sans bruit, regagnant l’écritoire
Aura su réveiller ballade et carillon !

Flormed, Annie

Le sonnet français : Chagrin coupable.

Chagrin coupable

Quand le chagrin vous mine et vous ôte la force,
Mettez lui donc un masque en forme de fierté,
Vous risqueriez sinon de provoquer l’entorse
Au règlement du banc de la société !

Rongez votre colère en dessous de l’écorce
Mais levez bien le doigt en buvant votre thé
Si vous ne voulez pas que le climat se corse
A cause de votre air ruminant l’âpreté…

Et si la blague est bonne, accordez un sourire
A tous ces gens heureux qui n’aiment du martyre
Que le marbre figé dans le cœur d’un lieu saint…

Buvez votre amertume en trinquant tout de même,
Vous offrirez vos pleurs à votre traversin
Qui vous attend le soir pour vous dire « je t’aime ! »

Annie

Stances : A ma maison !

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A ma maison !

Je viderai bientôt ses murs de ma présence ;
Sauront-ils protéger l’ombre du souvenir
En passe maintenant de se mettre à jaunir
Quand je m’envolerai pour une autre luisance ?

Ah ! que de pas perdus, indicibles charmeurs,
M’ont souvent amenée aux portes de l’enfance
Et combien j’ai joui de cette douce offense
En écoutant sans fin tous les rêves dormeurs !

De la cave au grenier, j’ai conduit l’aventure,
Tel un bon capitaine au sommet de son mât,
Inquiète parfois d’un plus mauvais climat
J’ai tenu bon la barre, indocile monture !

Les placards se vidant prennent un air chagrin,
Les vêtements tassés perdent leur bonne mine,
Seule demeure encor l’odeur de naphtaline
Mêlant la souvenance au regret d’un marin…

J’ai pourtant maintes fois promené ma valise,
– La jeunesse s’adapte au moindre changement ! –
Jusqu’à ce jour béni qui m’offrit un amant
Et l’alliance au sein de notre vieille église.

C’est aussi pour cela que j’aime ma maison,
Son charme désuet n’ayant connu de mode
Que celle des trésors d’une vieille commode
Repeinte au goût du jour pour une autre saison !

Annie

Le roundel : Novembre au balcon, décembre à l’horizon…

 

jardin Annie 

Novembre au balcon, décembre à l’horizon…

Du soleil à foison en ce mois de novembre
Attise mon chagrin de quitter la maison
Où j’ai cueilli l’amour comme on récolte l’ambre,
Du soleil à foison.

Il me faut désormais me faire une raison,
De tous ces souvenirs qui tapissent ma chambre
En récolter les fleurs et leur belle saison ;

Et lorsque j’entendrai les grelots de décembre
M’annoncer qu’il est temps de changer d’horizon,
Je mettrai pour l’hiver dans du vin de gingembre
Du soleil à foison !

Annie

Le roundel par Flormed : A Annie.

Merci  Flormed pour ce  bout-rimé de mon roundel que tu m’as dédié et qui me touche au plus haut point !

 

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A Flormed

Si j’étais une fleur que ton bon cœur arrose
De l’encre d’une plume à la douce couleur,
Pour toi, je choisirais la robe d’une rose,
Si j’étais une fleur.

J’ôterais chaque épine et cueillerais ce pleur
Qui sommeille en secret dans une primerose
Au jardin de ton âme où gît une douleur.

Pour chasser le bourdon de chaque jour morose,
J’implorerais le ciel et le merle siffleur
D’appeler ce printemps qui voit la vie en rose.
Si j’étais une fleur.

Annie

Le sonnet marotique : Aux aurores.

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Un GRAND MERCI à mon ami Flormed  administrateur du forum Poésis pour cette autre mise en page de mon sonnet. Si vous y regardez de plus près vous verrez aussi que je vous souris !

 

Aux aurores

Le matin j’aime voir se profiler l’aurore
Lorsque la nuit s’échappe à petits pas feutrés,
Tandis que l’horizon de ses sabots ferrés
S’évertue à m’ouvrir sa boîte de Pandore…

Ah ! ce jour ! Sera-t-il parmi ceux que j’adore,
Celui qui m’offrira, les deux poings bien serrés,
Le miracle absolu de les voir libérés
De la noire prison que le regard déplore ?

Il n’est rien de plus doux que le baiser des cieux ,
Le clin d’œil du soleil, un brin malicieux,
Le rire de l’oiseau sortant de sa cachette.

Et même si le temps, muet Quasimodo,
Sur un banc de brouillard ne tire le rideau
C’est qu’il lustre en secret ses boutons de manchette !

Annie

Le sonnet à kirielle : Spleen d’automne.

Feuille ChristianaPhoto de mon amie Christiana

En écho à mon amie Annick

Spleen d’automne

Moi qui devrais nager dans un bonheur intense
Voilà que je me noie en un flux de chagrin
Traînant le souvenir et l’ombre d’un marin
Dont l’âme pleure encor de sa dernière stance.

Je ne manque de rien, bien bonne est ma pitance,
Je possède le bois mais il manque d’entrain
Pour allumer le feu de ce triste quatrain
Dont l’âme pleure encor de sa dernière stance.

L’automne est dans mon cœur, pardonne-moi l’ami
Si je ne peux t’offrir le chant d’un agami
Dont l’âme pleure encor de sa dernière stance.

L’hiver est à ma porte et je crains le frisson
Qui verra s’envoler ma plume de pinson
Dont l’âme pleure encor de sa dernière stance…

Annie

La villanesque : Cœur d’automne.

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Un grand MERCI à mon ami de plume et maître de prosodie Flormed pour cette mise en page en or de ma villanesque !

 

Cœur d’automne

Je cherche encor pourquoi mon cœur a tant de peine,
L’automne après l’été n’est pas un châtiment !
C’est de l’or à foison qui s’offre allégement !

Et pourquoi donc mon âme as-tu fermé le pêne
Du jardin de la rime et de son chatoiement ?
C’est de l’or à foison qui s’offre allégrement !

Quant à toi mon esprit, tu réagis à peine
Devant le temps qui file un nouveau firmament !
C’est de l’or à foison qui s’offre allégrement !

Ô ma Muse au secours ! Si je te tends ma penne,
Guideras-tu ma main vers un ris de froment ?
C’est de l’or à foison qui s’offre allégrement !

Annie