« La sonate oubliée » par mon amie Christiana Moreau.

J’ai le grand plaisir de vous présenter le roman de mon amie Christiana et quel roman ! C’est en tant que lectrice assidue depuis l’enfance que je vous le recommande. Il est Impossible d’être déçu !

Christiana Moreau, artiste peintre, sculptrice, auteure

 la-sonate-oubliee-photo

La sonate oubliée de Christiana Moreau publié aux Éditions Préludes.

J’ai appris à connaître Christiana Moreau par le biais de nos blogs respectifs. La découverte fut surprenante tant au niveau de la qualité de ses articles sortant des sentiers battus qu’à celui de la personnalité attachante de cette talentueuse artiste.

Je ne peux qu’applaudir à la parution de « La sonate oubliée » tant le travail d’écriture atteint ici la perfection. Christiana possède un tel don pour se fondre dans la peau de ses personnages que l’on en oublie parfois la fiction. Férue d’art et de beauté, elle possède cette qualité rare de pouvoir instruire un très large public sans jamais ennuyer.

Ce roman parfaitement ciselé nous fait voyager entre deux époques, celle de Lionella, jeune violoncelliste se préparant au fameux concours Arpèges, celle d’Ada, élève orpheline du célèbre Antonio Vivaldi en plein Venise du XVIIIème siècle. Deux destins racontés en parallèle, deux formes de langage, l’un adapté à notre époque moderne, l’autre qui sied parfaitement au statut de jeune fille élevée dans la sévérité d’un orphelinat.

Que d’habileté pour avoir su conter les deux épopées en intercalant chaque phase de l’aventure de Lionella entre les pages du journal manuscrit dans lequel Ada dévoile son existence peu ordinaire, partagée entre ses rêves inassouvis et sa passion pour la belle musique classique… Impossible de s’y perdre, Christiana jongle avec les époques de main de maître. Ici tout est clair et tout est satiné ! Et que de finesse également pour avoir lié de manière ô combien poétique le destin de ses deux héroïnes violoncellistes hors pair !

J’ai eu la chance, à l’occasion de l’une de ses expositions de sculptures, de rencontrer Christiana qui fut tout à la fois mon guide dans Seraing et mon hôtesse à l’élégante et douce simplicité. J’apprécie par conséquent d’autant plus la précision avec laquelle elle décrit sa ville. Quant à Venise, comment ne pas succomber à sa magie qui renaît au fil des pages et se termine en apothéose pour la plus grande joie des inconditionnels d’excellents romans d’amour !

Merci par conséquent à Christiana d’avoir sorti de son imagination cette sonate oubliée ( dont je ne dévoilerai surtout pas le mystère !) qui fera vibrer encore longtemps tous les violoncelles d’hier et d’aujourd’hui !

Annie Poirier

Le maillet : J’accuse !

regard

BLOG EN PAUSE

J’accuse !

A tous ces petits mots que mon esprit emporte,
J’accuse le chagrin d’avoir fermé la porte
Pour Dame poésie, espérant au matin
Un costume de brume et de fleurs de satin,
Un manteau d’alpaga durant la saison morte.

Voyez-les qui trépignent ainsi qu’une cohorte !
A tous ces petits mots que mon esprit emporte,
J’aimerais bien encore offrir un doux sonnet
Au parfum de bonheur et chants de sansonnet,
J’en implore Érato, je veux qu’elle m’exhorte !

Faut-il donc désormais sur mon triste cahier,
Que ma discrète plume écrive un plaidoyer
A tous ces petits mots que mon esprit emporte ?
De pauvres vers tenus faudra-t-il que j’avorte
Et que ma page blanche embrase mon foyer ?

J’en appelle Apollon et même Jupiter,
En me voyant prier, l’on dirait un pater
Que je récite afin que l’on me réconforte,
A tous ces petits mots que mon esprit emporte,
Je promets un refrain aussi beau que l’éther…

Je dois me raisonner, il me faut rester forte,
Ne pas tout bousculer, exiger de la sorte !
Mais avoir sous la main, quelque rime, un quatrain,
Même un simple tercet, redonnerait l’entrain
A tous ces petits mots que mon esprit emporte !

Annie

Le sonnet irrationnel : J’aurais tant voulu…

fanny

BON ANNIVERSAIRE FANNY !

J’aurais tant voulu…

J’ai prêté mon regard à tes yeux endormis
Espérant que d’en haut, cela te soit permis,
Parmi les spectateurs, d’asseoir un peu ton âme…

Cette petite fille, oh, la vois-tu danser,

Interpréter Chimène et manier la lame
Contre de faux bandits, en gestes gracieux
A tel point qu’une étoile a déserté les cieux
Pour voler au public la braise d’une flamme ?

Je veux que ce soit toi qui la fasses danser,

Que ton ombre s’invite en la voyant valser
Taper fort des talons en robe de gitane
Afin qu’un flamenco puisse enfin commencer !
C’est là, que doucement, tu pourrais t’éclipser
Pour déposer l’amour au
cœur d’une sultane…

Annie

Le sonnet français : A mes anciens volets !

maison

A mes anciens volets !

Je ne me penche plus le soir à la fenêtre
Pour clore les volets à la face des cieux ;
Combien j’aimais pourtant cet instant précieux :
-L’attente d’un troupeau d’étoiles à renaître !- 

Seul un bouton suffit à combler mon bien-être !
Mais mon esprit frondeur, un rien suspicieux,
Ne pouvant plus fleurer le temps facétieux,
Toujours aussi têtu, peine à le reconnaître !

Sans doute ai-je oublié la rigueur des hivers
Quand la Muse frileuse à m’offrir quelques vers
Me servait d’alibi pour oublier ma porte !

Mes persiennes du coup, se languissaient souvent
Quand ma main refusant le plaisir qu’elle apporte
Ne leur ouvrait les yeux sur la force du vent !

Annie

Le maillet : Les mots.

rose-jardin

 Les mots

Flirter avec les mots pour enrichir la prose,
S’accrocher à toujours qui rime avec amour,
En caressant madame et son esprit glamour,
Pour oublier chagrin car il est trop morose.

Cueillir le mimosa qui fleurit au jardin,
Flirter avec les mots pour enrichir la prose,
Respirer le parfum que nous offre la rose,
Pour chasser le cafard qui n’est pas anodin.

Se lover dans un lit, dans ses draps de satin,
En berçant la paresse et sa dentelle rose ,
Flirter avec les mots pour enrichir la prose,
Essuyer la tristesse et sa glace sans tain.

Cultiver le bonheur, arracher la névrose,
Pour croquer la douceur dans un morceau de fruit,
Accueillir l’oiseau bleu pour adoucir le bruit,
Flirter avec les mots pour enrichir la prose.

Annie

Le sonnet polaire : Au jardin des rimes.

laurie11

Merci beaucoup à mon  amie Maria  du forum Poésis pour sa gentille mise en page de mon poème !

Au jardin des rimes

J’avais un grand jardin, des rimes à la pelle
Qui poussaient sous mes fleurs, les ailes des oiseaux,
Qu’avec soin je taillais du bout de mes ciseaux
Pour en broder des vers dignes d’une chapelle…

A la pointe du jour, les yeux sur l’horizon,
J’applaudissais tout bas la moindre floraison
Que je couchais sitôt sur le blanc d’une page.

Je possédais aussi le cœur d’un troubadour,
Et puis à mes côtés un bien bel équipage
Dès que l’émotion faisait battre tambour !

Ô ma Muse, aujourd’hui, permets que je t’appelle !
Rapporte s’il te plaît tes habiles fuseaux,
Je mêlerai leur chant à celui des roseaux ;
Nous boirons leur douceur dans l’or d’une coupelle !

Annie

La Balladine : Raconte-moi l’étrange.

clair-de-lune

Raconte-moi l’Étrange

Raconte-moi l’Étrange
Ce lieu qui me dérange,
J’y vois un grand jardin…
Attends que je devine,
Par volonté divine
Y galope le daim ?

  Raconte-moi l’Étrange,
Le soleil et sa frange
En rayon de satin
Qui brille, qui constelle,
Pour caresser la
stèle
De ton dernier matin…

  Raconte-moi l’Étrange
Quand la lune est orange
Et t’offre sa rondeur.
Tu dois la trouver belle
La charmante rebelle
Brillant de sa splendeur ?

  Raconte-moi l’Étrange,
Il faut bien que s’arrange
Ma terrible douleur.
Repousse
ce nuage
Pour qu’enfin ton visage
Retrouve sa couleur.

  Annie

Le sonnet à rebours : Mon nouvel horizon !

square1

Mon nouvel horizon !

Je loge au pied d’un mur abritant des mésanges
Qui viennent éblouir mon regard éperdu,
N’ayant pour rêvasser que des toits en losanges !

Ô mon bel horizon, sous les cieux suspendus,
Mais comment désormais accepter ce mensonge,
Croire en un paradis sur le dos d’un vieux songe ?

Pas un seul bruit pourtant ne trouble l’univers
Où nous avons à deux installé nos pénates,
Sachant que près de là valsent les odonates,
Quand la belle saison fait chanter ses revers…

En m’installant ici j’ai compté mes hivers
Au lieu d’imaginer qu’aux prochaines sonates
Les nymphes du printemps en déroulant leurs nattes
Viendront à ma fontaine y pêcher quelques vers !

Annie

La quenine : La vieille horloge.

La vieille horloge de mon arrière grand-mère a repris vie de nouveau dans notre nouvelle maison en dépit de bien des déboires, mais les miracles existent quand les objets ont une âme !

horloge

La vieille horloge

L’horloge de grand-mère avait perdu son âme,
Mon père, malheureux, l’ayant mal accrochée,
Vivant sa maladresse en véritable drame
Ne s’était pas remis de l’avoir amochée,
Il fallut donc cacher les restes de la dame…

Mon père n’est plus là pour consoler sa dame,
Reste ce souvenir, il faut calmer cette âme,
En allant au secours d’une vie amochée
Et revoir à nouveau la pendule accrochée,
Pour mettre un point final à ce pénible drame.

Mon cher et tendre époux, ne voulant plus de drame,
Grâce à d’habiles mains, satisfaisant sa dame
Permettra que bientôt elle soit accrochée,
Afin que battent encore et son cœur et son âme,
Oubliant l’accident qui l’avait amochée.

Commençant tout d’abord par la robe amochée,
Avec précaution pour éviter le drame,
Saisira les outils en respectant cette âme
Qui dormait sans un bruit dans le corps de la dame,
Le but étant toujours de la voir accrochée !

Voyez dans ma maison la pendule accrochée !
Qui donc pourrait savoir qu’elle était amochée ?
Mon rhabilleur en chambre a respecté la dame,
Oubliant ce malheur et conjurant le drame,
Écoutez-la chanter et paix donc à son âme !

Annie

Le sonnet français : La Vendée.

unnamed

Aquarelle de mon amie Marie-Luce, Mortagne sur Sèvre.

Me voici dans ma nouvelle commune à Mortagne sur Sèvre, je profite de ce dernier jour de l’année 2016 pour vous offrir mes meilleurs vœux !

La Vendée

Ce n’est pas le Midi, non plus la chaude Espagne,
Mais c’est là que sont nés mes deux enfants chéris ;
Parfois j’aimerais bien deviner la montagne
Quand le nuage blanc me fait don de son ris…

Provenant de la mer, le vent bat la campagne,
Dédaignant les talus, active son mépris,
C’est l’hiver qui revient déshabiller leur pagne,
Les forçant à montrer leurs tristes panaris…

Et lorsque le printemps fait rire le bocage
Depuis mon jardinet jusqu’au plat marécage,
Baignant les prés fleuris, par l’océan, salés,

Sur les bords de la Sèvre à l’ombre des grands chênes,
Dès la belle saison, longeant les champs brûlés,
J’aime écouter chanter des gris rochers, les chaînes…

Annie