La Balladine : Raconte-moi l’étrange.

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Raconte-moi l’Étrange

Raconte-moi l’Étrange
Ce lieu qui me dérange,
J’y vois un grand jardin…
Attends que je devine,
Par volonté divine
Y galope le daim ?

  Raconte-moi l’Étrange,
Le soleil et sa frange
En rayon de satin
Qui brille, qui constelle,
Pour caresser la
stèle
De ton dernier matin…

  Raconte-moi l’Étrange
Quand la lune est orange
Et t’offre sa rondeur.
Tu dois la trouver belle
La charmante rebelle
Brillant de sa splendeur ?

  Raconte-moi l’Étrange,
Il faut bien que s’arrange
Ma terrible douleur.
Repousse
ce nuage
Pour qu’enfin ton visage
Retrouve sa couleur.

  Annie

Le sonnet à rebours : Mon nouvel horizon !

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Mon nouvel horizon !

Je loge au pied d’un mur abritant des mésanges
Qui viennent éblouir mon regard éperdu,
N’ayant pour rêvasser que des toits en losanges !

Ô mon bel horizon, sous les cieux suspendus,
Mais comment désormais accepter ce mensonge,
Croire en un paradis sur le dos d’un vieux songe ?

Pas un seul bruit pourtant ne trouble l’univers
Où nous avons à deux installé nos pénates,
Sachant que près de là valsent les odonates,
Quand la belle saison fait chanter ses revers…

En m’installant ici j’ai compté mes hivers
Au lieu d’imaginer qu’aux prochaines sonates
Les nymphes du printemps en déroulant leurs nattes
Viendront à ma fontaine y pêcher quelques vers !

Annie

La quenine : La vieille horloge.

La vieille horloge de mon arrière grand-mère a repris vie de nouveau dans notre nouvelle maison en dépit de bien des déboires, mais les miracles existent quand les objets ont une âme !

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La vieille horloge

L’horloge de grand-mère avait perdu son âme,
Mon père, malheureux, l’ayant mal accrochée,
Vivant sa maladresse en véritable drame
Ne s’était pas remis de l’avoir amochée,
Il fallut donc cacher les restes de la dame…

Mon père n’est plus là pour consoler sa dame,
Reste ce souvenir, il faut calmer cette âme,
En allant au secours d’une vie amochée
Et revoir à nouveau la pendule accrochée,
Pour mettre un point final à ce pénible drame.

Mon cher et tendre époux, ne voulant plus de drame,
Grâce à d’habiles mains, satisfaisant sa dame
Permettra que bientôt elle soit accrochée,
Afin que battent encore et son cœur et son âme,
Oubliant l’accident qui l’avait amochée.

Commençant tout d’abord par la robe amochée,
Avec précaution pour éviter le drame,
Saisira les outils en respectant cette âme
Qui dormait sans un bruit dans le corps de la dame,
Le but étant toujours de la voir accrochée !

Voyez dans ma maison la pendule accrochée !
Qui donc pourrait savoir qu’elle était amochée ?
Mon rhabilleur en chambre a respecté la dame,
Oubliant ce malheur et conjurant le drame,
Écoutez-la chanter et paix donc à son âme !

Annie

Le sonnet français : La Vendée.

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Aquarelle de mon amie Marie-Luce, Mortagne sur Sèvre.

Me voici dans ma nouvelle commune à Mortagne sur Sèvre, je profite de ce dernier jour de l’année 2016 pour vous offrir mes meilleurs vœux !

La Vendée

Ce n’est pas le Midi, non plus la chaude Espagne,
Mais c’est là que sont nés mes deux enfants chéris ;
Parfois j’aimerais bien deviner la montagne
Quand le nuage blanc me fait don de son ris…

Provenant de la mer, le vent bat la campagne,
Dédaignant les talus, active son mépris,
C’est l’hiver qui revient déshabiller leur pagne,
Les forçant à montrer leurs tristes panaris…

Et lorsque le printemps fait rire le bocage
Depuis mon jardinet jusqu’au plat marécage,
Baignant les prés fleuris, par l’océan, salés,

Sur les bords de la Sèvre à l’ombre des grands chênes,
Dès la belle saison, longeant les champs brûlés,
J’aime écouter chanter des gris rochers, les chaînes…

Annie

Joyeux Noël par Jean-Paul Magois.

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Je vous laisse quelque temps avec ce très beau poème d’un ami de plume, Monsieur Jean-Paul Magois  ( Président de l’Essor poétique de la Roche sur Yon, Vendée ) que je remercie du fond du cœur.

Joyeux Noël à tous et toutes et à bientôt dès que possible car internet va être coupé à l’occasion de mon déménagement.

Noël

Noël est un soulier dans une cheminée,
Une tendre chaleur qui nous colore l’âme,
Et brille dans le ciel, seule petite flamme
Pour réchauffer l’hiver la froide maisonnée.

 Puis il devient plus doux au fil de chaque année
O sublime cadeau du tout début d’un drame,
Il allume le feu dans l’odorant dictame,
Instant par qui l’Enfant est l’Espérance née.

 Que la crèche est étroite et que le monde est grand !
La fête est un sourire en perle précieuse.
Qui donne grande joie au cœur, silencieuse.

L’éclair dans l’écheveau de notre éternité
Vient dénouer le fil du sage tisserand
Pour n’être plus qu’Amour, Paix et Fraternité.

Jean-Paul Magois

 

La Balladette par Flormed : A elle.

« La Balladette , ( diminutif de « ballade »),  est un poème composé de deux strophes égales écrites selon la même disposition des rimes et augmentées d’une demi-strophe tenant lieu d’envoi. » Cette forme a été crée par mon ami de plume  Flormed  que je remercie pour sa délicatesse face à mon déménagement !

Jugez par vous-même avec cet exemple qu’il me dédie et qui m’a fortement touchée. A bientôt dès que tout sera réglé ! Bonnes fêtes de fin d’année à vous tous mes fidèles lecteurs ! MERCI cher Flormed !

À elle

J’ai rempli maints cartons, balluchons et valises.
Partir vers d’autres cieux me donne le tournis.
Puis-je quitter ce fief où je tiens mes assises ?
La blancheur de l’hiver, le printemps et ses nids,
Les rais d’or de l’été, l’automne et ses alises
Auront-ils leurs attraits, leurs averses, leurs brises… ?

Le cœur bat pour ici, la pensée est ailleurs.
L’endroit où je m’en vais installer mes pénates
Sera-t-il de bon goût ? Ses pierrots, gouailleurs
Auront-ils l’air, suivant mes pas de leurs agathes
Ou seront-ils plaisants, jamais vils chamailleurs.
J’aime les gens discrets, j’ai l’horreur des brailleurs.

Annie, en ces pays, les versets que tu puises
Dans ton esprit sauront, les becs des piailleurs,
Clouer. Fleuris tes lieux de genêts et cytises.

Flormed

Le sonnet français : Remède à la déprime !

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Remède à la déprime !

Un rien me fait sourire, un rien me désarçonne !
J’ai galopé sans bride et les cheveux au vent,
Mais cette liberté depuis que le glas sonne
Se cache désormais derrière un paravent.

Ah, si j’avais l’humeur un tant soit peu garçonne,
Je quitterais ma bulle au reflet captivant
Où le rêve permet de n’être plus personne ;
A craindre le malheur on fuit l’engoulevent !

Si je prise très peu la rime polissonne,
Il arrive parfois qu’à l’ombre d’un couvent
Je cueille un brin d’humour que mon verbe façonne…

Un vers entraînant l’autre et même le suivant
Fermant leur chapelet sur mon cœur qui frissonne,
Je quitte ma déprime et son sable mouvant !

Annie

Le carillon : Au cœur d’une famille.

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Au cœur d’une famille

Je voulais quatre murs, un toit de tuiles roses
Pour abriter nos jours, nos nuits, évidemment ;
Nous avons fait bâtir entre pommiers et roses
Un simple nid d’amour tenant notre serment.

Tu rêvas d’un jardin pour planter le sarment
Et dans ton potager, transpirant sous l’ormille,
Tu cultivas l’espoir que naisse une famille
Pour enrichir nos cœurs d’un nouveau diamant.

Quand notre aîné naquit, oh la douce ramille
Que tu cueillis heureux dans le creux de ta main
Imaginant déjà des jeux sous la charmille,
-Fierté d’un jeune père à l’aube d’un demain !-

Bougie après bougie on vit choir des quenottes
Jusqu’à ce jour béni de nouvelles menottes,
Faisant s’émerveiller grands-parents et cousins.

Moi qui n’avais connu ni la sœur ni le frère,
J’appris à supporter le poids de l’arbitraire
Les jours où s’invitaient quelques petits voisins !

Aujourd’hui la maison berce son chant d’automne,
Ce silence soudain nous surprend, nous étonne ;
Allons voir si la treille a mûri ses raisins !

Annie

Poème à deux plumes : Toi mon nid !

Poème à deux plumes avec mon ami et maître de prosodie Flormed que je remercie du fond du cœur. Quel immense plaisir de composer ensemble !

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Toi mon nid !

Ô mon nid, ta douceur par le ciel éclairée
Voulut que soit ma vie un charme pénétrant
Aussi dus-je t’aimer. Mon âme libérée,
En ton sein, ne connut de cauchemar frustrant.

Seulement quatre murs tout empreints de tendresse,
Et le courant des jours tel un ru de bonheur
Fit couler tant de bleu sur le fil de l’ivresse
Qu’une rose sourit au soleil butineur.

Ô mon logis, ton nom, même si je te quitte,
Restera, bien scellé dans les tréfonds du cœur.
Je te verrai partout, horizon sans limite,
Tel un reflet tracé par un subtil croqueur ;

Si notre ami le vent berce les amours mortes,
Il sait aussi souffler les vieux airs d’autrefois,
Il les met en chanson, les glisse sous les portes
Connaissant les secrets des nouveaux villageois !

Ni le jour, ni la nuit, ni le cours des années
N’auront d’effet nocif sur ton éclat charmant
Qui sera mon complice au temps des fleurs fanées
Et lors des amples soirs du grésil endormant.

Le printemps bénira nos heures vagabondes
Et je me souviendrai de chaque cri d’oiseau
Que la vieille pendule à toutes les secondes
S’amusait à calquer de ses doigts en fuseau.

Le bel été fera scintiller tes verrières
Et tu prendras l’aspect d’un beau château royal
Que berceront les chants des nymphes des lisières
Sous un ciel étoilé, la lune ouvrant le bal.

Quand le noir fermera les cils de cette histoire,
Nous confierons les clefs de notre portillon
À celui qui, sans bruit, regagnant l’écritoire
Aura su réveiller ballade et carillon !

Flormed, Annie

Le sonnet français : Chagrin coupable.

Chagrin coupable

Quand le chagrin vous mine et vous ôte la force,
Mettez lui donc un masque en forme de fierté,
Vous risqueriez sinon de provoquer l’entorse
Au règlement du banc de la société !

Rongez votre colère en dessous de l’écorce
Mais levez bien le doigt en buvant votre thé
Si vous ne voulez pas que le climat se corse
A cause de votre air ruminant l’âpreté…

Et si la blague est bonne, accordez un sourire
A tous ces gens heureux qui n’aiment du martyre
Que le marbre figé dans le cœur d’un lieu saint…

Buvez votre amertume en trinquant tout de même,
Vous offrirez vos pleurs à votre traversin
Qui vous attend le soir pour vous dire « je t’aime ! »

Annie