Archives mensuelles : mai 2015

Le rondinet : Au spectacle !

 Le bal des oiseaux fantômes

Au spectacle !

J’ai vu le laid, j’ai vu le beau
Se côtoyer dans l’allégresse ;
Ah jour béni dès qu’une adresse
Offre à chacun son gai flambeau !…
Le souci fond dans la tendresse,
S’envole tel un noir corbeau,

J’ai vu !

Chacun de boire à cette ivresse,
L’un devient roi, l’autre Isabeau,
Ce jour est comme un nelumbo,
Le rêve y pose sa caresse,

J’ai vu !

Annie

Le sonnet marotique : Autre époque, autre temps !

 

 

 

Autre époque, autre temps !

Ne gagner que trois sous pour vaquer à l’ouvrage
Pendant que ces messieurs rêvent d’être rentiers,
Voilà comment l’on perd les plus jolis métiers
Exigeant savoir-faire et beaucoup de courage !

Jadis ne disait-on, labour et pâturage
Font de notre pays les meilleurs héritiers ?
Ceux-là cultivaient l’or loin des plus beaux quartiers
Où la valeur se fond dans le creux d’un mirage…

Aujourd’hui chacun veut le beurre et son argent,
Quant à la qualité n’est-il pas affligeant
De la voir se noyer dans une mer immonde ?

Ainsi va notre époque accélérant le temps,
Mais saurons-nous toujours ciseler les printemps
Si nous courons après l’hiver de notre monde ?

Annie

Le sonnet shakespearien : Noces de perle…

 Anniversaire

Noces de perle

Voilà déjà trente ans que sous les mêmes cieux
Nous bénissons la vie et nos nuits de dentelle ;
Si l’on boude parfois un peu la bagatelle
C’est notre Cupidon qui nous ferme les yeux !

Sachant que nos deux cœurs battent toujours à l’amble
N’imaginez donc pas que nos corps sont si gourds,
Qu’ils se perdent en route ainsi que des balourds ;
Ils savent le chemin qui parfume et rassemble !

Douce est notre habitude et tendre son décor,
Flânons si nous pouvons tant que l’amour déferle
Tel un ruisseau coulant d’une goutte de perle
Espérant bien un jour se fondre dans de l’or !

Et maintenant trinquons sous la lune qui brille,
Le bonheur n’attend pas pour danser son quadrille !

Annie

Résultats du concours des 42èmes jeux floraux de l’Essor poétique 2015 de La Roche Sur Yon : deux seconds prix de poésie classique.

 

 

Poèmes publiés dans mon recueil : 

 

 

Juillets d'antan

 Juillets d’antan

Déjà juillet transpire en perles de lumière,
J’ai plus ou moins vingt ans et le cœur aux abois…
Comme il fait bon l’été dans la fraîche chaumière !

J’y retrouve ma chambre et sa poutre de bois,
Elle seule détient le secret de mes rêves
Et des philtres d’amour qu’innocemment je bois…

Tour à tour je deviens la princesse de Clèves
Pénélope, Chimène ou d’autres pourquoi pas
Qui jouaient de leur charme aussi bien que des glaives…

Ai-je beaucoup trop lu que j’aime ce trépas
Qui clôture le songe et me laisse dormante,
Princesse abandonnée au milieu de lampas ?

Mais je n’ai plus vingt ans, si je reste charmante
C’est aux yeux d’un époux qui loin d’être un ingrat
Espère en cette nuit que je me fasse aimante,

Pour partager à deux le parfum du cédrat !

Annie

 

Vacances bretonnes

Vacances bretonnes

C’était un cabanon au fin fond du jardin
Qui fleurait le vieux foin, la pomme et le mystère,
J’aimais y retrouver ce peuple qui se terre
Et lui tendre avec foi ma lampe d’Aladin…

Oubliés la cigale et le bleu lavandin
Pour vivre une autre vie aux saveurs d’une terre
Que balayait un vent, venu du Finistère,
Afin de me chanter son air de baladin…

Pour régner dignement il me fallait un prince ;
C’est là qu’intervenait mon cousin de province,
Aussi rêveur que nous, vous ne trouverez pas !

Il chassait l’araignée et je cueillais la mûre,
Lorsque nous grimacions face au frugal repas,
Nous n’accusions le fruit mais un cri de lémure !…

Annie

Le sonnet marotique : Que vive la poésie !

Que vive la poésie !

Plonger dans un poème et ne penser à rien !
Tel est de chaque jour le vœu que je formule
En attrapant au vol la nouvelle formule
Pour nager de bonheur comme un épicurien !

Ce peut-être un sonnet que l’on dit shakespearien,
Espérant faire encore une nouvelle émule,
M’invitant à danser sur un air qui stimule
Le cerveau fatigué de n’être qu’un vaurien !

Il suffirait de peu pour chasser la déprime,
Quelques vers seulement, la beauté d’une rime,
Et le chant d’un oiseau qui clame son refrain !

Douce est la Poésie à l’âme qui soupire
Quand l’encrier se vide et que la plume expire
Car Elle a ce pouvoir de calmer le chagrin…

 

Annie

La doublette : Le printemps au jardin.

 

muguet

Le printemps au jardin

Il pleut dans mon jardin des pétales de fleurs
Se posant sur le sol comme les tendres pleurs
D’un printemps exigeant que fleurisse la rose.

Et comme des flocons, ils  dansent dans le vent,
Imprimant le tissu d’un immense divan
Qu’un nuage bourdon de temps en temps arrose.

Secouant la glycine, un parme un peu jaloux
Arrache de leur mère une meute de loups
Aux gueules acclamant tout un vol d’hirondelles.

Le muguet lance alors son muet tintement
Tandis que le lilas en se trouvant charmant,
Se met à embaumer panaches et dentelles.

Annie