Archives mensuelles : septembre 2015

Le sonnet français : Promesses de poète.

Voici un sonnet écrit par un ami poète, Francis Etienne Sicard membre du forum  Poésis, que je remercie du fond du cœur.

Lisez sur son blog et laissez-vous bercer par ses mots, tout simplement.

Pour Annie

Promesses de poète
Au dos d’un miroir d’or couvert d’une mantille
Passe un souffle de bouche inconnu de la main
Qui glisse un œillet blanc au bord d’un parchemin
Comme un peu de soleil que le vent éparpille.

Dans un vase de marbre une fleur de jonquille
Ensorcelle le soir à la peau de jasmin
Et se parant parfois d’un éclat de carmin
Retouche les couleurs d’une longue apostille.

La cendre d’une étoile ébruite des secrets
En ravissant au ciel des propos indiscrets
Que la lune en chemise évente avec malice.

Puis une ombre s’efface emportant dans ses bras
Des images d’émail dont le joyeux fatras
Ravira les rêveurs d’un parfum de délice.

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

Le sonnet français : L’enfant qui dort.

 

cerf-volant

L’enfant qui dort…

Mais que fait cet enfant endormi sur la plage ?
Il semble aussi léger qu’un vol de papillon
Qui se pose un instant sur l’or d’un grappillon
Et rattrape aussitôt son rêve de nuage…

Petit relève-toi ! Tu parais bien trop sage,
Le vent retient son souffle et le chant du grillon,
L’océan ne veut plus de ce teint vermillon ;
Oh reprends s’il te plaît ton joyeux babillage !

Mais il ne le peut pas ! gémit le goéland,
Hélas il est parti tel un beau cerf-volant
Échappé d’une main par pure maladresse…

Votre monde n’est-il qu’un vil patriotard ?
La gifle d’un côté, de l’autre la caresse,
Quand il tombe à genoux, il est déjà trop tard…

Annie

Le Sonnettin : Les migrants.

les_mi11

Mise en page de mon amie Maria que je remercie du fond du cœur.

Les migrants

Ils vont chercher l’espoir sur un manteau d’écume
Pour ne pas succomber comme un Quasimodo
Sachant pertinemment qu’au lever du rideau
Chaque jour qui s’en va est un jour qu’on inhume…

Tels des enfants perdus arrachés au landau,
Blottis dans une cale où grelotte une brume,
Ils vont chercher l’espoir sur un manteau d’écume
Pour ne pas succomber comme un Quasimodo…

S’enfuir de son pays, cela n’est pas coutume ;
Qu’importent les moyens, même à bord d’un radeau…
Mais d’aucuns de trembler pour leur Eldorado,

Imaginez un peu que leur monde transhume !
Ils vont cueillir l’espoir sur un manteau d’écume
Pour ne pas succomber comme un Quasimodo…

Annie

Le sonnet français : Libertinage.

pigeon 

Libertinage

J’aime le lourd pigeon dès qu’il se fait volage
Poursuivant sa femelle au travers du jardin ;
Mon esprit qui folâtre, habile paladin,
Pour une plume en or s’arrime à l’attelage.

Ah que le monde est beau dans son batifolage
Quand la rose s’amuse avec un muscadin,
Mélange sa senteur au bleu d’un lavandin
Demeurant ébahi d’un tel libertinage !

Sur le parquet du ciel valse le martinet,
Queue-de-pie et veston côtoient le blanc bonnet
De nuages frileux amateurs de dentelle ;

Les notes d’un pipeau s’envolent à foison
Pendant qu’ébouriffé dans son nid de crételle,
Apparaît au grand jour, un minuscule oison…

Annie

Le trivers sur deux rimes : Cœur d’été.

cyclamen

Cœur d’été

Le pissenlit déjà laisse partir ses anges
Pour les poser tout doux sur les cils et les franges
Des fleurs de mon jardin où bourdons et mésanges
Picorent du bonheur comme on fait aux vendanges.

Échappé depuis peu des griffes d’un guépard,
Un petit cyclamen sorti de nulle part,
Silencieusement clame sa quote-part
De l’or d’un bel été mitonnant son départ.

Coloris et parfums peaufinent leurs mélanges ;
Le soleil au zénith suit l’ombre d’un rempart
En s’octroyant le droit dans la fraîcheur des granges
De goûter au plaisir de son prochain champart…

Annie