Archives mensuelles : octobre 2015

Le sonnet irrégulier : Ton dernier message.

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Ton dernier message

J’ai laissé s’envoler ton tout dernier message,
Mais n’ai-je pas eu tort ?
J’aurais dû le garder, l’emprisonner en cage,
Resterait un trésor.

Ivre de liberté comme une tourterelle
Qui perdrait la raison,
Il a quitté son nid pour un ciel qui constelle
Au toit de l’horizon.

J’ai beau fermer les yeux afin de mieux entendre
Un petit brin de voix resté sur la filandre,
Ne gémit que le vent.

J’écoute son murmure aspirant son haleine
Pour m’abreuver de toi, j’en avale ma peine
Du soir jusqu’au levant.

Annie

Le sonnet français : Vendanges célestes.

 

 Vignes

Vendanges célestes

J’imagine le ciel quand il fait ses vendanges,
Triant le moindre grain sur le tapis du soir
Afin que le nectar d’un immense pressoir
Coule dans l’encrier d’une peuplade d’anges…

Les plumes vont bon train malgré des bruits étranges :
Sont-ce quelques damnés qui cherchent à surseoir
Au cruel châtiment les forçant à s’asseoir
Sur des sièges de braise où craquent des phalanges ?

Je préfère penser qu’un Être généreux
Lors, fait rouler maintes fûts sur des chemins pierreux
Pour les mettre à l’abri de l’orage qui gronde, 

Tandis que des éclairs décousant l’horizon
Sont tels des feux de joie au sursaut d’une bonde
Quand explose l’amour au seuil d’une prison !

Annie

Prix de poésie.

Malgré une sévère concurrence de poèmes plus beaux les uns que les autres, j’ai obtenu un troisième prix du sonnet, prix Lucien Durant aux Jeux Floraux d’Anjou 2015 pour mon poème  « Pourquoi pas la montagne » !

A lire sur le site de mon éditeur:

Encore un prix de poésie pour Annie Poirier !

 

P1000818

 

Prix du sonnet Angers

Pourquoi pas la montagne ?

« Que la montagne est belle » ; oh oui Monsieur Ferrat !
Cependant plus me plaît le vallon qui serpente
Non loin de Villeneuve où la rose grimpante
Ne craint pour sa beauté, sa robe d’apparat ;

Mais j’ai mené bien haut ce bonheur scélérat,
L’obligeant à troquer son ancienne charpente
Contre un nouveau décor à la mine pimpante
Lorsque l’or des genêts se fond au baccarat.

En me faisant bergère en plein cœur des alpages
Pour compter les moutons, les yeux sur les nuages,
J’ai chassé tous les loups de mon esprit dolent…

J’ai cueilli les refrains de sources vagabondes,
De clarines aussi qui tintinnabulant
Firent danser mes pas dans ceux des vaches blondes…

Annie

Le trivers : Partir.

 

moineau

Partir…

Je regarde mon ciel avant qu’il ne s’efface,
L’hirondelle polie au-dessus de ma tête,
M’adressant son salut quand faisant volte-face
Elle offre à ma question la grâce et l’épithète…

Qu’en sera-t-il demain dans un autre univers
Si l’oiseau ne vient plus redorer un blason,
Faire jaillir un lai pour servir quelques vers
Mêlant le souvenir au bleu d’un horizon ?

O toi le doux moineau qui lisses ta pelote
As-tu quelques amis à qui tendre ma main ?
Car si la gent ailée est alors polyglotte
Je partirai, c’est sûr, avec mon parchemin !

Annie