Archives mensuelles : novembre 2015

La Terza-Rima : A bas la souffrance !

vigne 

A bas la souffrance !

Si je souffre il est vrai ce n’est pas de mes os ;
Ceux-ci, bien que menus, sont souples tel un cygne
Qui danse sur un lac qu’enlacent les roseaux…

Invisible est ce mal, noueux comme une vigne
Dont le miel coule à flot au cœur de ses grains d’or
Mais qui tremble en secret dès qu’un vent l’égratigne.

Appréhender le jour, envier le condor,
Faire toujours semblant, montrer sa bonne mine,
O curieux destin quand se fane un décor !

Mais où sont donc passés mes rêves de gamine ?
La nuit, le cauchemar les dévore tout crus
Pour nourrir un présent criant encor famine…

Mon esprit s’il te plaît chasse-moi cet intrus !
N’en as-tu pas assez d’entendre ses galoches
Écraser à plaisir la douceur de mes rus ?

Le temps est arrivé de lui sonner les cloches !

Annie

Le sonnet français : Compte à rebours…

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Merci à mon ami poète Flormed pour la mise en page de mon sonnet.

 

 

Compte à rebours…

Chaque jour désormais est tel un chronomètre
Qui mesure le temps de mon jardin en pleurs
Et s’il doit consoler mes arbres et mes fleurs,
Lui-même est fort contrit du changement de maître…

Comment faire semblant quand il faut se soumettre ?
Accueillir cet automne et ses mille couleurs
Une autre fois encor tous les merles siffleurs
Dès que Bonhomme Hiver fige le baromètre ?

Je regrette déjà mon marchand de bonheur
Qui venait, guilleret, en tout bien tout honneur
Semer de-ci de-là ses plus belles clochettes…

Vais-je aussi regretter tout un monde animal
Dont je connais par cœur la moindre des cachettes
Quand il s’endormira dans mon flux lacrymal ?…

Annie

 

Le sonnet français : L’instant.

 

 ciel

       Aquarelle de mon amie Marie-Luce

 

L’instant

Pardonnez à l’instant ! il s’envole, il éclate,
Telle une bulle d’or aux mains d’un arc-en-ciel
Qui fait mousser le bleu d’un lac démentiel
Pour sauver le reflet d’une lune écarlate.

Il est ce vagabond à la bourse trop plate
Qui vit de l’air d’un temps au flux torrentiel
Dont il boit goulûment juste l’essentiel
Pour rejoindre aussitôt le néant qui le flatte…

Habile funambule entre passé, présent,
S’il sème l’avenir tout en chemin faisant,
Il récolte l’oubli dans un panier de rêves

Où l’on pêche à foison des rires et des pleurs,
Des printemps, des étés qui courent sur les grèves
D’un automne ébloui par ses mille couleurs !

Annie

Mon chemin de bruyère.

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          Merci à mon amie Marie-Luce pour cette SUPERBE aquarelle !

Mon chemin de bruyère

Mon chemin caracole entre le temps, l’espace,
Jouant à chat perché comme à saute-mouton,
Se faisant guilleret quand la bergère passe
Il rajoute une fleur au col de son veston !

Pour couronner l’été, s’habillant de verdure,
Il offre au promeneur des senteurs et des chants ;
On y vient oublier combien la vie est dure
Dans les bras de bruyère et de soleils couchants…

Ami du pèlerin il en fait un surhomme
Tandis qu’il vire vire et monte et redescend ;
Si d’aucuns de penser : « Tout chemin mène à Rome »,
Le sentier dont je parle est vraiment ravissant,

Il préfère aux honneurs la caresse divine,
Celle que l’on reçoit dans le feu du matin
Dès qu’un rayon de ciel s’échappe et puis ravine
Pour y fondre de l’or au creux d’un serpentin !

Annie