Archives mensuelles : février 2016

Le sonnet français : Maison à vendre.

glycine

Maison à vendre

O toi douce maison pleurant à chaudes larmes,
J’endosse ton chagrin, j’en mesure le prix,
Et ne supporte pas qu’on use de mépris,
Ah ! si je le pouvais, je sortirais mes armes !

Las ! je n’ai que mon cœur pour défendre tes charmes,
Tes arbres, tes oiseaux et ton joli pourpris !
Combien vont me manquer les éclats de tes ris
Lorsque je serai loin de tes petits gendarmes !*

La glycine n’est plus, elle a vécu son temps ;
Tels que les souvenirs, s’en vont les gais instants,
L’automne est déjà là, l’hiver toque à la porte…

Oui, je vais te quitter pour un autre univers,
Mais retiens bien cela, ton âme, je l’emporte !
C’est elle qui nourrit l’essence de mes vers…

                                                   Annie


* Les gendarmes désignent des insectes de la famille des Pyrrhocoridae

Le dix-septain sphérique, forme inventée par Flormed : Colère de vent.

 girouette

Colère de vent

Le vent hurle à la mort de colère et de rage !
Il cogne à la fenêtre, ouvre le portillon,
Pour le claquer sitôt d’un coup de bottillon ;
Ce fou n’accepte plus qu’on lui fasse barrage !

Le ciel laisse tomber son lourd manteau de pleurs
Inondant le jardin de gouttes d’amertume
Venus de continents gémissant leurs malheurs.

L’oiseau n’a plus de nid pour abriter sa plume,
Il est cet orphelin recherchant ses couleurs
Dans les bras inconnus d’un monde qui transhume.

L’horizon déchiré par des doigts querelleurs,
Laisse entrevoir soudain l’espoir qui se rallume ;
L’espace d’un instant se calment les douleurs…

La girouette folle amorce son courage,
Si son nord est au sud, l’ouest est bien tatillon
Et réclamant sa place en bon amphictyon
Tout un chacun du coup retourne à son ouvrage !

Annie

Le sonnet irrégulier : Enfance violée.

A drying and aging beautiful yellow rose with red edged petals

Un Grand merci Flormed pour cette si touchante mie en page de ce sonnet qui me tient à cœur.

L’enfance violée

Lisez dans son regard la misère d’un monde
La voyez-vous qui tremble en sa triste prison ?
Hier c’était marché, tel un fruit de saison
On a palpé sa chair ; oh le désir immonde !

Elle était bien jolie en sa première fleur,
Ses parents étaient fiers et la trouvaient si sage,
Qu’ils avaient fait tisser l’imprimé d’un corsage
Pour que naisse un sourire en ces temps de malheur.

Comment imaginer que leur petite rose
Ne pourrait plus jamais revoir la vie en rose
Après avoir subi la gifle et le bâton ?

Quand on est une enfant, on ne peut pas comprendre
Le monstre qui s’acharne à découdre un bouton
Mais on pense parfois qu’il vaudrait mieux se pendre…

Annie

Les jolis mots d’Annick !

Merci Annick  pour ces commentaires que tu me laisses sous mes poèmes et qui me ravissent à chaque lecture car ils valent à chaque fois un autre poème !

Quant à vous mes fidèles lecteurs allez visiter son joli blog il vaut le détour !

coqulicots

Dans mes rêves :

Si j’étais une fleur :
Serais-je un lys droit et fier ?
Serais-je une rose qui embaume ?
Ou plutôt un coquelicot ?
Si j’étais un animal :
Serais-je un léopard rapide et carnassier ?
Serais-je une gazelle solitaire et fragile ?
Ou plutôt un oiseau ?
Si j’étais une maison :
Serais-je un château fort froid et austère ?
Serais-je une auberge toujours ouverte ?
Ou plutôt un mazot ?
Dans mes rêves :
Je serais fleur des champs
Qui se balance au vent.
Je serais mésange
Nichée dans une grange.
Je n’aurais pas de maison
Je naîtrais chanson !!!

ABC

Le sonnet irrégulier : Glose de mon ami Flormed : A Elle.

Flormed mon ami

O Flormed mon ami, ta douceur est un songe
Que je pose à la brune, au bord de l‘encrier,
Où des mots de silence à force de crier
Arrachent tous les fils du tissu d’un mensonge

Dans ce monde cruel à qui donc se fier ?
Quant à moi j’ai choisi dans les pleurs de ton âme
D’en croquer tous les fruits aux senteurs de cinname ;
Il m’en faut tant et tant pour mieux versifier !

Au jardin de ton cœur mon cafard se repose,
J’y trouve une sagesse en costume de rose
Qui caresse un amour et lui donne la main.

Reçois donc aujourd’hui le cadeau de ma plume
Car nous ne savons pas ce que sera demain,
Et tu verras ce soir mon espoir qui s’allume.

Annie

Glose de mon ami de plume, ce poème me touche particulièrement.

A Elle.

Ô toi, fée éclairant la voie à plus d’un songe,
Permets une plumée à ton bel encrier,
Pour que j’écrive un mot que le vent doit crier
En souffles délicats balayant tout mensonge …

Le faux revêt l’habit du bon vrai. Se fier
À tout vif ramageur, c’est condamner son âme
À voir l’arum titan exhaler d’un cinname
L’arôme. Ah! si je puis, ton don, versifier !

Au clair de ta fraîcheur, chaque soir, se repose
Mon ombre pour humer ton doux parfum de rose
Que, malgré le désir, ne peut cueillir ma main.

Je n’ai, pour honorer ta douceur, que ma plume
Qui sera prosternée, à tes genoux, demain.
Grâce à toi, mon esprit se distrait puis s’allume.

Flormed

Le roundel : A Flormed.

 

Rose A

A Flormed

Si j’étais une fleur que ton bon cœur arrose
De l’encre d’une plume à la douce couleur,
Pour toi, je choisirais la robe d’une rose,
Si j’étais une fleur.

J’ôterais chaque épine et cueillerais ce pleur
Qui sommeille en secret dans une primerose
Au jardin de ton âme où gît une douleur.

Pour chasser le bourdon de chaque jour morose,
J’implorerais le ciel et le merle siffleur
D’appeler ce printemps qui voit la vie en rose.
Si j’étais une fleur.

Annie