Archives mensuelles : avril 2016

Le sonnet alterné : La peur.

 

 

 

 

oiseau

La peur

Il est de ces instants qui minent la raison,
Et pourtant vous pensiez, du meilleur et du pire
En avoir fait le tour ! Ô dure trahison 
Quand la peur de nouveau fait trembler votre empire !

Vous regrettez déjà le bleu d’un horizon
En vous tenant courbé dans l’horrible prison
Où le nid de l’angoisse attire son vampire…

Pour couronner le tout, l’imagination
Vous trace le tableau d’un avenir morose ;
Plus rien ne compte alors que cette obsession
Qui vous mène avant l’heure au seuil de la névrose…

Souverain, le sommeil, calme la tension
D’un esprit inquiet- courte rémission –
Quand au lever du jour se fane une autre rose…

Annie

La terza-rima : Jardin d’avril.

 tulipe

Jardin d’avril

Mon jardin à lui seul est immense bouquet
Qui se pare au printemps de milliers de fleurettes
Pour vêtir de bonheur cet éternel coquet !

Narcisses guillerets en fraîches collerettes,
Condamnés par Écho mais au cœur de dandy,
Offrent leur célibat pour d’autres amourettes.

Primevères rêvant de tissu d’organdi,
Se réchauffent enfin exhibant leurs ombelles
Sous un rai de soleil servant de bigoudi.

Toujours au garde-à-vous, ne semblent pas rebelles,
Les tulipes aussi, pour hisser les couleurs,
Aiment à nous montrer que leurs jupes sont belles.

De la fin de l’hiver aux premières chaleurs
Les jacinthes sourient exhalant leur fragrance,
Oubliant des frimas les cuisantes douleurs.

Majestueux arums soignent leur apparence,
Fiancés du beau temps, n’ont guère de pudeur
En montrant leur envie avec prépondérance,

Espèrent ma cisaille en leur grande candeur !

Annie

Le sonnet polaire : Pleurs de poète.

BLOG EN PAUSE
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Pleurs de poète

L’atelier se termine, il me manque un sonnet
Car ma Muse est en froid et réclame un polaire,
Je dois la réchauffer, je crains fort sa colère
Ne sachant pas broder même un simple bonnet !

Je frappe chez l’ami pour emprunter sa rime,
Il me faut éviter que la mienne périme,
Elle file aussitôt comme un pauvre rebras…

Que vais-je devenir si ma chandelle est morte ?
Pleurer de tout mon saoul et puis baisser les bras ?
De l’inspiration forcer un peu la porte ?

Voudra-t-elle toujours d’un triste écrivaillon
Qui pêche encor ses vers à la saveur morose
Dans un étang stagnant aux senteurs d’eau de rose
Lassé de parfumer un modeste haillon ?

Annie

Le sonnet hétérométrique : Au clair de lune.

Un grand MERCI à mon amie claude peintre et poétesse du forum Poésis pour m’avoir autorisée à mettre ce superbe tableau pour lequel j’ai écrit ce sonnet !

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Au clair de lune

Merveille de la nuit quand la lune se pose
Sur l’océan bleuté,
Réveille une sylphide à la paupière close,
Ô douce humilité !

Dans le miroir du ciel, seule une âme d’artiste
Peut y voir l’univers
Recoudre les boutons d’un morceau de batiste
A l’endroit, à l’envers !

Et le miracle adhère aux friselis de l’onde,
Mêlant le parme à l’or,
Pour brosser en beauté la chevelure blonde

Inondant le décor ;
Tandis que le pinceau plonge dans cette ivresse
Son rêve de tendresse…

Annie