Archives mensuelles : janvier 2017

Le sonnet français : A mes anciens volets !

maison

A mes anciens volets !

Je ne me penche plus le soir à la fenêtre
Pour clore les volets à la face des cieux ;
Combien j’aimais pourtant cet instant précieux :
-L’attente d’un troupeau d’étoiles à renaître !- 

Seul un bouton suffit à combler mon bien-être !
Mais mon esprit frondeur, un rien suspicieux,
Ne pouvant plus fleurer le temps facétieux,
Toujours aussi têtu, peine à le reconnaître !

Sans doute ai-je oublié la rigueur des hivers
Quand la Muse frileuse à m’offrir quelques vers
Me servait d’alibi pour oublier ma porte !

Mes persiennes du coup, se languissaient souvent
Quand ma main refusant le plaisir qu’elle apporte
Ne leur ouvrait les yeux sur la force du vent !

Annie

Le maillet : Les mots.

rose-jardin

 Les mots

Flirter avec les mots pour enrichir la prose,
S’accrocher à toujours qui rime avec amour,
En caressant madame et son esprit glamour,
Pour oublier chagrin car il est trop morose.

Cueillir le mimosa qui fleurit au jardin,
Flirter avec les mots pour enrichir la prose,
Respirer le parfum que nous offre la rose,
Pour chasser le cafard qui n’est pas anodin.

Se lover dans un lit, dans ses draps de satin,
En berçant la paresse et sa dentelle rose ,
Flirter avec les mots pour enrichir la prose,
Essuyer la tristesse et sa glace sans tain.

Cultiver le bonheur, arracher la névrose,
Pour croquer la douceur dans un morceau de fruit,
Accueillir l’oiseau bleu pour adoucir le bruit,
Flirter avec les mots pour enrichir la prose.

Annie

Le sonnet polaire : Au jardin des rimes.

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Merci beaucoup à mon  amie Maria  du forum Poésis pour sa gentille mise en page de mon poème !

Au jardin des rimes

J’avais un grand jardin, des rimes à la pelle
Qui poussaient sous mes fleurs, les ailes des oiseaux,
Qu’avec soin je taillais du bout de mes ciseaux
Pour en broder des vers dignes d’une chapelle…

A la pointe du jour, les yeux sur l’horizon,
J’applaudissais tout bas la moindre floraison
Que je couchais sitôt sur le blanc d’une page.

Je possédais aussi le cœur d’un troubadour,
Et puis à mes côtés un bien bel équipage
Dès que l’émotion faisait battre tambour !

Ô ma Muse, aujourd’hui, permets que je t’appelle !
Rapporte s’il te plaît tes habiles fuseaux,
Je mêlerai leur chant à celui des roseaux ;
Nous boirons leur douceur dans l’or d’une coupelle !

Annie

La Balladine : Raconte-moi l’étrange.

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Raconte-moi l’Étrange

Raconte-moi l’Étrange
Ce lieu qui me dérange,
J’y vois un grand jardin…
Attends que je devine,
Par volonté divine
Y galope le daim ?

  Raconte-moi l’Étrange,
Le soleil et sa frange
En rayon de satin
Qui brille, qui constelle,
Pour caresser la
stèle
De ton dernier matin…

  Raconte-moi l’Étrange
Quand la lune est orange
Et t’offre sa rondeur.
Tu dois la trouver belle
La charmante rebelle
Brillant de sa splendeur ?

  Raconte-moi l’Étrange,
Il faut bien que s’arrange
Ma terrible douleur.
Repousse
ce nuage
Pour qu’enfin ton visage
Retrouve sa couleur.

  Annie

Le sonnet à rebours : Mon nouvel horizon !

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Mon nouvel horizon !

Je loge au pied d’un mur abritant des mésanges
Qui viennent éblouir mon regard éperdu,
N’ayant pour rêvasser que des toits en losanges !

Ô mon bel horizon, sous les cieux suspendu,
Mais comment désormais accepter ce mensonge,
Croire en un paradis sur le dos d’un vieux songe ?

Pas un seul bruit pourtant ne trouble l’univers
Où nous avons à deux installé nos pénates,
Sachant que près de là valsent les odonates,
Quand la belle saison fait chanter ses revers…

En m’installant ici j’ai compté mes hivers
Au lieu d’imaginer qu’aux prochaines sonates
Les nymphes du printemps en déroulant leurs nattes
Viendront à ma fontaine y pêcher quelques vers !

Annie

La quenine : La vieille horloge.

La vieille horloge de mon arrière grand-mère a repris vie de nouveau dans notre nouvelle maison en dépit de bien des déboires, mais les miracles existent quand les objets ont une âme !

horloge

La vieille horloge

L’horloge de grand-mère avait perdu son âme,
Mon père, malheureux, l’ayant mal accrochée,
Vivant sa maladresse en véritable drame
Ne s’était pas remis de l’avoir amochée,
Il fallut donc cacher les restes de la dame…

Mon père n’est plus là pour consoler sa dame,
Reste ce souvenir, il faut calmer cette âme,
En allant au secours d’une vie amochée
Et revoir à nouveau la pendule accrochée,
Pour mettre un point final à ce pénible drame.

Mon cher et tendre époux, ne voulant plus de drame,
Grâce à d’habiles mains, satisfaisant sa dame
Permettra que bientôt elle soit accrochée,
Afin que battent encore et son cœur et son âme,
Oubliant l’accident qui l’avait amochée.

Commençant tout d’abord par la robe amochée,
Avec précaution pour éviter le drame,
Saisira les outils en respectant cette âme
Qui dormait sans un bruit dans le corps de la dame,
Le but étant toujours de la voir accrochée !

Voyez dans ma maison la pendule accrochée !
Qui donc pourrait savoir qu’elle était amochée ?
Mon rhabilleur en chambre a respecté la dame,
Oubliant ce malheur et conjurant le drame,
Écoutez-la chanter et paix donc à son âme !

Annie