Archives mensuelles : mars 2017

La terza-rima : Je t’aime à la folie !

marguerites

Merci à mon amie Marie-Luce  pour le prêt de son aquarelle !

Je t’aime à la folie !…

J’ai trouvé ce matin, comme un retour de flamme,
Des mots incendiant les élans de mon cœur,
Mais qui dormaient en paix aux tréfonds de mon âme.

Le désir réveillé, tel un malin croqueur,
Dénouant le ruban des amours éternelles
Savoura de nouveau la divine liqueur !

Qu’il était bon ce temps au goût de mirabelles
Quand l’été de la vie offrant son lendemain
Ne lâchait pas encor ses multiples ombelles !

Et les yeux dans les yeux et la main dans la main,
Nous avons tant marché sur des rives lointaines,
Qu’on s’égarait parfois sur un plus doux chemin…

Nous avons bu l’amour aux vieux becs des fontaines,
Et prêté des serments à ne plus en finir
Sous des cheveux de nuit aux teintes incertaines.

L’on se quittait cent fois, mais sans y parvenir,
Cent fois je relisais les promesses écrites
Que nous nous échangions pour peindre l’avenir…

Comprenez-vous pourquoi j’aime les marguerites ?…

Annie

Le sonnet pétrarquien : La rumeur.

Je dédie ce sonnet à mon amie Marie qui a également écrit sur le sujet !

http://senvolentlesmots.eklablog.com/recent/2

fenetre-angouleme

La rumeur

Mon Dieu combien je hais la rumeur d’un village
Qui ne sait pourtant rien d’un passé, d’un demain ;
En pauvre mendigote elle vous tend la main
Quand vous tournez le dos, voyez le déballage !

La commère se plaît devant son étalage
Où vous ne trouverez ni roses ni jasmin
Mais toute une misère arrachée à l’humain
Dont la naïveté force le persiflage…

Gardez par devers-vous vos précieux coffrets
Et ne les ouvrez pas un jour de grand orage,
Elle se nourrirait de vos moindres secrets…

Sur l’écharpe d’un vent, complice de l’ouvrage,
Broderait vos propos même les plus discrets
Les offrant en pâture à tout son entourage !

Annie

Le sonnet français : Prémices du printemps.

bord-de-sevre

 

Prémices du printemps

Les pruniers sont en fleurs, vive le temps qui passe !
Il ramène les nids et les plus doux minois,
Si parfois il se veut un tant soit peu sournois,
C’est qu’il porte le deuil de l’hiver qui trépasse…

A chacune saison son petit brin d’espace !
L’une y fond tout son or, l’autre un denier tournois,
Mais la grande gagnante au plus fort des tournois
Est celle de l’espoir ôtant sa carapace !

La nature endormie ouvre enfin grand les yeux ;
Dans un dernier frisson, ses doigts industrieux
Reprennent le tricot des nouvelles semailles.

Riches sont les ajoncs de leur jaune éclatant,
Ils incendient les prés où broutent les aumailles ;
Mon regard ébloui devient papillotant !

Annie

Le Madrigal : A ma rose trémière !

Roses trémières

Je dédie ce madrigal à mon amie Marie en écho à son poème qu’elle a écrit à ma demande sur la rose trémière… Merci Marie !

http://senvolentlesmots.eklablog.com/recent/3

A ma rose trémière !

Ma chère mais pourquoi m’avoir tant fait attendre ?
Durant l’été passé je m’étais faite tendre
En choisissant pour vous l’endroit le plus charmant.

J’y surveillais de près la limace gourmande
Ou l’escargot friand venu passer commande
De vos doigts de velours gantés coquettement.

Ô ma rose trémière enfin je vous découvre
Même si le pinceau ne vous conduit au Louvre,
Sachez que mon regard vaut celui d’un amant !

Annie

Le pantoum : Mes richesses !

 

 

cathedrale 

Mes richesses

Je n’aime plus les cathédrales
Elles sont faites pour les rois !
Le vent préfère les chorales
Au pied des plus modestes croix.

Elles sont faites pour les rois
Toutes les richesses du monde ;
Au pied des plus modestes croix
On voit de l’or couler dans l’onde.

Toutes les richesses du monde
Je les récolte pas à pas ;
On voit de l’or couler dans l’onde,
L’azur a de si beaux appas !

Je les récolte pas à pas
Les diamants de ma fortune ;
L’azur a de si beaux appas :
-Reflets d’argent ou clair de lune !-

Les diamants de ma fortune
Brillent au cœur de tes doux yeux ;
Reflets d’argent ou clair de lune,
Il n’est rien de plus précieux !

Brillent au cœur de tes doux yeux
Mes rêves d’amours pastorales ;
Si mon regard chérit les cieux,
Je n’aime plus les cathédrales !

Annie

Le sonnet à échos : Xynthia.

 

mer-tempete

 

 

 

 

Xynthia

 Ce fut une nuit folle et je ne vis l’enfer
Mais je le pressentis quand hurlait la tempête ;
Mieux vaut le chant du coq qu’un réveil en trompette
Ouvrant tout grand la porte au sombre Lucifer…

Puis ce fut l’épouvante et son cheval de fer
Galopant sur les rails d’une côte endormie
Dont le rêve était loin d’une telle infamie,
Ouvrant tout grand la porte au sombre Lucifer…

L’océan devenu terrible brise-fer
Pénétra les maisons comme une bête immonde
Chacun cria : «  Mon Dieu ! mais c’est la fin du monde
Ouvrant tout grand la porte au sombre Lucifer ! »

Ce fut une nuit folle et je ne vis l’enfer
Ouvrant tout grand la porte au sombre Lucifer…

Annie