Archives mensuelles : juillet 2017

Le sonnet français : Senteurs estivales.

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Senteurs estivales

Un parfum s’est glissé dans les plis d’un regret,
Celui d’une campagne à l’heure où l’aube rose
Caresse les blés mûrs avant le couperet
D’un soleil si brûlant que lui-même en explose !

J’ai vu le vrai bonheur courir dans le guéret,
Une nuit l’a surpris blotti dans une rose
Afin de s’enivrer de l’odeur d’un secret,
Celui de chaque fleur bien avant qu’elle éclose…

Effluves de brugnons, de melons de coteaux,
Gourmands, se sont posés sur l’immense plateau
D’une riche nature experte en aromates.

Au jardin de mon cœur fleurit encor le thym
Tandis que le piment fait rougir les tomates,
Il est tellement fort ce piquant plaisantin !

Annie

Le sonnet à rimes alternées : Soir de canicule.

 

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Un grand merci cher  Flormed  pour cette mise en page de mon poème de forme ABCD, ABCD, EFG, EFG, combinaison de rimes que l’on trouvait dans les chansons du Moyen âge et que tu as adaptée au sonnet pour notre atelier de juillet !

 

Soir de canicule

Que j’aime la chanson des blés d’or et d’argent,
Et les orgues du soir qui clôturent la lutte
Que l’on mène, avachis, contre le feu du ciel
En cueillant le brin d’ombre au ras de nos chaumières !

Roi de l’été, Phébus, implacable régent,
Appelle à son coucher le rêve qui débute
Soulagé que le four d’un jour démentiel
Calme son engouement pour mes roses trémières !

L’oiseau quitte son nid pour un bain de fraîcheur ;
J’ouvre avec grand plaisir les portes et fenêtres
Pour marier mon souffle à l’haleine du vent.

Mais chacun sait qu’Éole est habile tricheur !
Après m’avoir promis quelques notes champêtres,
Le voilà qui s’endort dans mon songe couvant !

Annie

Le sonnet à rimes alternées de Flormed : Fanny.

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Fanny

L’éventail à sa main de gitane d’hier
Reflète les éclairs de son sourire d’ange.
Son regard spécieux rythme les vibrements
Du bel objet perlé qui frissonne sans cesse.

Pensez que cette nymphe au geste pur et fier
Ferait s’en régaler la divine phalange
Des saints et des pieux qui, leurs roucoulements,
Dédieraient, de bon cœur, à cette chanoinesse.

Le flamenco revit. Carmen, reviens, reviens !
Tu verras, de tes yeux, ton art en train d’éclore
Au jardin de Fanny sous le beau ciel français.

Oui, tu verras fleurir des gestes olympiens
Que n’eut jamais connus, de Cadix, le folklore.
Va, beauté, tu sauras recueillir le succès.

Flormed

Un grand merci à mon ami  Flormed  pour ce sonnet dédié à ma fille Fanny ! Elle et moi sommes très touchées.

Blason de la peau.

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 Blason de la peau.

 Oh je connais le vent fripon
Qui soulevait mon blanc jupon
Quand j’étais encor demoiselle
Galopant comme une gazelle !
Le bel été sur mes genoux
Jouant ainsi que des minous
Plantait souvent son étincelle,
En profitant que sur ma selle,
J’offre un petit morceau de peau
Qui là ne portait pas chapeau !
Bronzaient alors mes deux gambettes
Ne pouvant plus faire courbettes
Lorsqu’en descendant de vélo
Elles flambaient de leur brûlot !
Elle en riait ma bicyclette
De me savoir sur la sellette
Guettant le soleil polisson
Amoureux des tâches de son…
Tous leurs rayons brillaient ensemble
Mon souvenir toujours en tremble…
Ah ! je regrette ce bon temps
Ma bonne mine et mon printemps
Car aujourd’hui ce qui me bride
C’est bien de voir fleurir la ride !

Annie

Le sonnet marotique : Extrême nostalgie.

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Extrême nostalgie

J’ai revu la maison, son toit de tuiles roses ;
Ô Dieu qu’elle était belle en son écrin charmant !
J’ai fui son doux regard et l’éclat de ses roses
Pour ne plus succomber à son envoûtement.

Mais hélas aujourd’hui j’ai les humeurs moroses,
J’ai beau chercher des yeux un autre enchantement,
Planter le dahlia, semer des primeroses,
Sans cesse je m’inflige un nouveau châtiment.

Pas un arbre au jardin que le printemps festonne,
-Panaches de l’été, violons de l’automne-
Je ne peux vivre sans, même au cœur des hivers…

Un olivier peut-être ? Enfin je me régale,
Adieu triste cafard ou rêves de mygale !
Je m’en vais redorer ce modeste univers !

Annie