Le bout-rimé : Au soleil de Rio.

Le Soleil

Le long du vieux faubourg, où pendent aux masures
Les persiennes, abri des secrètes luxures,
Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés
Sur la ville et les champs, sur les toits et les blés,
Je vais m’exercer seul à ma fantasque escrime,
Flairant dans tous les coins les hasards de la rime,
Trébuchant sur les mots comme sur les pavés
Heurtant parfois des vers depuis longtemps rêvés.

Ce père nourricier, ennemi des chloroses,
Éveille dans les champs les vers comme les roses ;
II fait s’évaporer les soucis vers le ciel,
Et remplit les cerveaux et les ruches de miel.
C’est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles
Et les rend gais et doux comme des jeunes filles,
Et commande aux moissons de croître et de mûrir
Dans le cœur immortel qui toujours veut fleurir !

Quand, ainsi qu’un poète, il descend dans les villes,
II ennoblit le sort des choses les plus viles,
Et s’introduit en roi, sans bruit et sans valets,
Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais.

— Charles Baudelaire

au_sol11

Pour cette mise en page magnifique de la baie de Rio, visitée à l’âge de douze ans, un GRAND MERCI cher Flormed !

Au soleil de Rio

A Rio, le soleil caresse les masures,
D’où s’échappent parfois les rires des luxures
Que le temps, vieil ami des soupirs redoublés,
Fauche comme l’on fauche et le pauvre et les blés.
Le Christ lève les bras, et vers les cieux s’escrime
A fondre dans l’azur sa prière et la rime
Que les Cariocas, pieds nus sur les pavés,
Font chanter chaque jour sur des frissons rêvés.

Dans cette baie immense, on soigne les chloroses,
Avec force sambas qui font danser les roses,
Et les belles de nuit dont la robe arc-en-ciel
Met en valeur les teints aux fragrances de miel…
Faux mendiants d’un soir, posés sur leurs béquilles,
Retrouvent leur allant sous le baiser des filles
Si tendres à croquer tels ces fruits à mûrir
Que l’on cueille trop tôt les pressant de fleurir…

La nature alentour déborde sur les villes ;
On oublie un instant toutes les choses viles,
Les riches font causette avec quelques valets
Puis les yeux sur le Pain retrouvent leurs palais !

Annie

12 réflexions au sujet de « Le bout-rimé : Au soleil de Rio. »

  1. Bonjour Chère Annie,
    Et bien au risque d’en choquer plus d’un, je préfère ta version de Rio à celle de Baudelaire et pourtant c’est un poète que j’apprécie hautement. Mais je suis plus sensible à la fluidité de tes lignes. Bisous et bonne journée. Je reposte bientôt sur mon site poésies.

    1. Bonsoir chère Marie,
      Tu es plus sévère avec Baudelaire qu’avec moi ? Hum il y a du favoritisme dans l’air…. Je te remercie de tout cœur en attendant !
      A bientôt sur ton site c’est super !
      Bisous.
      Annie

    1. Tu dis bizarre et je le dis aussi ! Mon fils sera ici fin août, je verrai tout ça avec lui…
      Pardonne-moi par contre de ne savoir tout résoudre…
      Bonne et douce nuit.
      Annie

  2. bonjour chère Annie, que j’aime ton bout-rimé finement bien écris , il se jumelle parfaitement avec celui de Baudelaire par l’ écriture non par le sujet , tu as su faire vivre réellement Rio , félicitations adorable poétesse , excellente journée , je t ’embrasse

    1. Bonsoir chère Véronique,
      J’aime bien parfois écrire un bout-rimé sur les œuvres de certains poète que j’aime… Mais ici si j’ai bien commencé avec ce thème waouh ! vers la fin, j’ai usé d’imagination et recherché dans mes souvenirs passés de Rio…
      Je te souhaite quant à moi au vu de l’heure une douce nuit.
      Je t’embrasse.
      Annie

  3. Avec force sambas je prendrai bien la pose
    Pour danser avec toi sur ce joli poème
    Aux rythmes ensoleillés et me faire bohème
    Dans ces rues de Rio que ta muse transpose.

    Milles bravos
    Amitiés

    1. Bonsoir Marlène,
      Je crois que tu aimes la samba ! J’aime aussi les danses latines et puis la VALSE !
      Mais on ne fait pas que danser à Rio n’est-ce pas ?…
      MERCI toujours et encore !
      Je t’embrasse.
      Annie

    1. Bonsoir chère Sedna,
      Quand tu as besoin de modèles prends Baudelaire, comme c’est beau et profond… Quant à mon bout-rimé c’est un bon compromis quand la muse se fait tirer l’oreille !
      Je te remercie de tout cœur.
      Bonne et douce soirée.
      Annie

  4. Beaucoup d’indulgence et d’espoir dans ton poème ! il me plaît bien ! on oublie la misère pour écouter les cariocas…la misère cachée sous les couleurs et les chansons !!
    (j’ai la garde de mon copain à 4 pattes !)plein de léchouilles !….

    gros bisous
    Éliane

    1. Bonjour chère Éliane,
      Je te remercie d’avoir saisi mes sous-entendus ! Quand j’étais gamine j’ai vu les favelas mais de loin, aujourd’hui on les visite… Mais la baie de Rio quelle splendeur… sans l’homme qui la pollue !
      Nous aussi tout comme toi on garde le toutou, donc nous c’est doubles léchouilles !!!
      Je t’embrasse.
      Annie

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