Archives mensuelles : août 2017

Au souffle d’Éole par mon amie Claudine Guichenet.

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Au souffle d’Éole

Dans le sein de ma couche à la trame fleurie
J’entends tomber la pluie au toit de la maison.
Et l’orage qui gronde imite la furie
D’une clameur intense à travers la cloison.

Le vent sans barbelés s’infiltre sous la tuile
Hurlant avec constance, apeure les oiseaux.
Il souffle à perdre haleine au fil d’une mer d’huile
Qui subit la colère en faisant des rouleaux.

S’apaise doucement le tambour du tonnerre,
Son courroux se disperse et conclut le ballet.
Les franges du silence ensommeillent la terre,
C’est l’instant d’une pause au délicat duvet .

En mon terrier intime à l’heure vespérale,
Je me laisse bercer pour savourer la paix,
Car l’épure d’un rêve en cette nuit astrale
Transforme l’existence amoindrissant les faix.

Claudine Guicheney

Janvier 2016

Le sonnet français : Eclipse.

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Merci cher  Flormed  pour la mise en page de mon sonnet !

Eclipse

La nuit durant le jour, quel est ce phénomène ?
Se demandent sans doute et le chat et l’oiseau !
L’un s’envole du coup dans les bras d’un roseau
Quand l’autre à pas feutrés retourne à son domaine !

Ah que vive le monde où la science humaine
Sait mesurer le temps, la longueur d’un fuseau !
Si l’animal d’instinct camoufle son museau,
L’homme doit accepter que l’Univers le mène !

Lorsque l’astre d’argent éclipse l’astre d’or,
Chacun suspend son souffle aux ailes d’un condor
Dont l’ombre disparaît au plus fort de sa course…

Magique est cet instant pour celui qui sait voir,
Plus loin que son nombril, l’immatériel pouvoir
Qui le pousse à lever les yeux vers la Grande Ourse !

Annie

 

Le sonnet ïambique : Le silence des fleurs.

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Le silence des fleurs

Je préfère conter les fleurs et leur silence
Plutôt que l’être humain
Quand il brasse de l’air avec cette insolence
D’indigne vieux gamin !

J’en cueille la beauté que leur tige balance
Pour me tendre la main,
C’est ma façon de fuir le laid, la violence
Qui croisent mon chemin.

Pardonnez quelques pleurs face au dernier pétale
D’une rose en chiffon ;
Elle avait oublié, l’innocente vestale,

Le nuage griffon,
Le puceron gourmand d’une beauté fatale
Et ce monde bouffon !

Annie

Le sonnet à clausules : Les moineaux du matin.

 

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Merci cher Flormed  pour nous avoir fait connaître cette forme de sonnet et merci pour la mise en page de mon poème !

Les moineaux du matin

Les moineaux du matin, dessous la verte branche,
Frétillent de plaisir, se gavent de bonheur ;
De ce tableau vivant je me fais moissonneur,
J’en croque chaque jour une nouvelle tranche !

Mon rêve omniprésent, derrière eux se retranche ;
Comment ne pas sourire à ce camp butineur ?
Vermisseaux, brins de paille et qu’importe l’honneur !
Car avides de tout, ont la gaîté bien franche,
Les moineaux du matin !

Une bagarre éclate entre deux chenapans,
Là je dois avouer que mes pauvres tympans
N’étaient pas encor prêts pour la feinte querelle !

Aussi malins que vifs, ils sont déjà partis…
Je vois à mon bosquet couvert de plumetis
Que demain reviendront mimer la chanterelle,
Les moineaux du matin !

Annie

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Quatrains à rime serpentine : Caprice d’août.

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Caprice d’août

Est-ce déjà l’automne ?
Je songe et je m’étonne,
Le temps facétieux
Fait chavirer les cieux.

Le soleil se dérobe,
A quoi bon cette robe ?
Mon regard sourcilleux
Fait appel aux aïeux !

L’oiseau rase la terre,
Quel est donc ce mystère ?
Vous vous plaignez messieurs
De vos sols rocailleux ?…

Ce mois d’août est mensonge,
Il s’amuse et me plonge
Dans un rêve oublieux
De ce jour pluvieux !

Annie

Le chant royal : L’humanité.

 

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L’humanité

Le genre humain laisse toujours la trace
De son parcours sur le livre du temps.
Qu’importe donc la couleur d’une race,
Qu’il soit servile ou chef de combattants,
Vêtu de peau, de riche redingote
Plante sa griffe ainsi qu’une linotte
Qui sautillant sur le dos d’un chemin,
Ne sachant pas ce que sera demain,
Espère au moins marquer un peu l’histoire
Sans pour autant se prénommer Romain !
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

L’homo-sapiens faisant fi de sa crasse
Aux gestes gourds encor bien hésitants,
Tenant du singe une lourde disgrâce
A pu crypter maints dessins éclatants
Et nous laisser sur les murs de sa grotte,
Tel un trésor, l’incroyable litote
Rupestre oui, mais voyez ce carmin
Qu’il apposa de sa rugueuse main !
N’existait pas ce don profanatoire
Qui de nos jours excite le gamin !
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

C’est en Ourouk que naquît cette grâce :
Un écritoire aux signes déroutants,
Qu’un savant scribe en de l’argile grasse
De son poinçon rendit si percutants.
Sut-il vraiment qu’en traçant l’anecdote,
D’autres ensuite à la grande jugeote,
La poserait sur un doux parchemin
Et que plus tard quelque Paul ou Firmin,
Tirant la langue en cours préparatoire
S’appliqueraient pour écrire l’ormin?
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

Peintres, sculpteurs, même le grand Horace
Ne dorment plus chez les intermittents.
Que de talents, combien de paperasse
Ont voyagé, bravant tous les autans
Pour empiler dans une immense hotte,
Tout un savoir devenu polyglotte !
Chaque mortel, même le plus commun,
Venu d’ailleurs, d’un faubourg Saint-Germain
Voulant gagner le haut d’un promontoire,
S’est vu contraint d’en passer l’examen !
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

Ce petit pas qu’un court passé terrasse,
Fut pour la lune un merveilleux printemps,
Recevoir l’homme en sa belle cuirasse ;
O bien trop peu durèrent ces instants !
Reste là-bas un fier drapeau qui flotte
Telle une aiguille en sa dure pelote…
Fait-il toujours rêver le benjamin
Lorsque l’aîné, comme un goût de cumin
Garde en sa bouche un grand cri de victoire
Poussé le jour de ce fou baisemain ?
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

Quant au poète aux mots de muscadin,
De notre terre en est le baladin
Qui promenant son interrogatoire
Trempe sa plume en de l’eau de jasmin.
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

Annie