Le chant royal : L’humanité.

 

Crayon

 

L’humanité

Le genre humain laisse toujours la trace
De son parcours sur le livre du temps.
Qu’importe donc la couleur d’une race,
Qu’il soit servile ou chef de combattants,
Vêtu de peau, de riche redingote
Plante sa griffe ainsi qu’une linotte
Qui sautillant sur le dos d’un chemin,
Ne sachant pas ce que sera demain,
Espère au moins marquer un peu l’histoire
Sans pour autant se prénommer Romain !
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

L’homo-sapiens faisant fi de sa crasse
Aux gestes gourds encor bien hésitants,
Tenant du singe une lourde disgrâce
A pu crypter maints dessins éclatants
Et nous laisser sur les murs de sa grotte,
Tel un trésor, l’incroyable litote
Rupestre oui, mais voyez ce carmin
Qu’il apposa de sa rugueuse main !
N’existait pas ce don profanatoire
Qui de nos jours excite le gamin !
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

C’est en Ourouk que naquît cette grâce :
Un écritoire aux signes déroutants,
Qu’un savant scribe en de l’argile grasse
De son poinçon rendit si percutants.
Sut-il vraiment qu’en traçant l’anecdote,
D’autres ensuite à la grande jugeote,
La poserait sur un doux parchemin
Et que plus tard quelque Paul ou Firmin,
Tirant la langue en cours préparatoire
S’appliqueraient pour écrire l’ormin?
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

Peintres, sculpteurs, même le grand Horace
Ne dorment plus chez les intermittents.
Que de talents, combien de paperasse
Ont voyagé, bravant tous les autans
Pour empiler dans une immense hotte,
Tout un savoir devenu polyglotte !
Chaque mortel, même le plus commun,
Venu d’ailleurs, d’un faubourg Saint-Germain
Voulant gagner le haut d’un promontoire,
S’est vu contraint d’en passer l’examen !
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

Ce petit pas qu’un court passé terrasse,
Fut pour la lune un merveilleux printemps,
Recevoir l’homme en sa belle cuirasse ;
O bien trop peu durèrent ces instants !
Reste là-bas un fier drapeau qui flotte
Telle une aiguille en sa dure pelote…
Fait-il toujours rêver le benjamin
Lorsque l’aîné, comme un goût de cumin
Garde en sa bouche un grand cri de victoire
Poussé le jour de ce fou baisemain ?
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

Quant au poète aux mots de muscadin,
De notre terre en est le baladin
Qui promenant son interrogatoire
Trempe sa plume en de l’eau de jasmin.
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

Annie

16 réflexions au sujet de « Le chant royal : L’humanité. »

  1. Bonjour Annie,

    Et bien là j’ai dû relire deux fois car ce n’est pas un poème primesautier comme je peux en écrire et il faut se concentrer sérieusement sur sa lecture pour en mesurer toutes les subtilités. Félicitations et bisous.

  2. Bonjour chère Marie,
    Tu es toujours fidèle au poste, j’en suis ravie !
    Je vois que ton avatar est bien changé, c’est parfait !
    Oh ce poème, il m’en a pris du temps !!! C’est le seul chant royal que j’ai écrit avec seulement cinq rimes, tu te rends compte… Aujourd’hui je ne pourrais mais je ne désespère pas !!!
    Merci, merci et un excellent week-end je l’espère de tout cœur…
    Je t’embrasse.
    Annie

    1. Bonjour chère Véronique,
      Le chant royal est très long et me faisait peur alors je ne te dis pas le temps passé à l’écrire !!! Il fallait aussi trouver le sujet !
      MERCI de tout cœur.
      Je t’embrasse.
      Annie

  3. trop compliqué pour ma petite tête de grand-mamie !!!…2 lectures ne me suffiraient pas !
    j’attends le prochain poème !! (rires) bisous
    Eliane

    1. Bonsoir chère Éliane,
      Que dis-tu ? Ta tête est très bien faite !!!!
      C’est certain, le prochain poème sera plus court, c’est le plus long que j’ai écrit !!!
      Je t’embrasse et te remercie.
      Annie

    1. Bonsoir chère Maria,
      Je vois que tu l’as oublié cet atelier ! J’avais bien cru ne pas y arriver !
      Alors MERCI car tu m’y avais toi aussi encouragée !
      Je t’embrasse.
      Annie

    1. Bonsoir chère Sedna,
      Oh il n’est pas compliqué du tout ! J’ai fait un petit tour des empreintes de l’être humain sur terre, de la préhistoire à nos jours …
      En tout cas MERCI pour ta lecture et tes compliments.
      Je t’embrasse.
      Annie

  4. à la lecture des commentaires je vois que je ne suis pas la seule à « essayer » de comprendre…
    ainsi se gagne un digne purgatoire !!!!
    bises bien tourmentées…
    Eliane

    1. Bonsoir de nouveau Éliane,
      Oh pourquoi « tourmentées » ? J’espère que tu vas bien ?
      Ne te prends pas la tête avec ce poème surtout !!!
      Je t’embrasse.
      Annie

  5. Avant le chant … ROYAL est surtout le talent
    Avec lequel tes mots fusent en harmonie
    Dans l’idée et les vers, nulle monotonie
    C’est dire si ta grâce est sans équivalent

    Bonjour Annie,
    Je n’ai pas reçu d’alerte pour tes 2 dernières publications, d’où mon retard… et quand j’ai lu tes merveilles ce n’en fut que meilleur !

  6. Bonsoir chère Marlène,
    Moi-même je reçois en général les notifications aussi de mes articles et, en effet, plus là… Comme je ne publie que deux à trois fois pas semaine je comprends mais tu sais ce n’est pas grave je suis souvent en retard pour répondre !!! Je ne reçois non plus pas les tiennes… ?
    Je suis par contre très heureuse de recevoir tes mots, un GRAND MERCI !
    Mon fils qui héberge mon blog va devoir certainement faire une mise à jour je crois.
    Je t’embrasse. A bientôt.
    Annie

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