Archives mensuelles : novembre 2017

Le pantoum : Mes richesses.

 

reflets

 

Mes richesses

Je n’aime plus les cathédrales
Elles sont faites pour les rois !
Le vent préfère les chorales
Au pied des plus modestes croix.

Elles sont faites pour les rois
Toutes les richesses du monde ;
Au pied des plus modestes croix
On voit de l’or couler dans l’onde.

Toutes les richesses du monde
Je les récolte pas à pas ;
On voit de l’or couler dans l’onde,
L’azur a de si beaux appas !

Je les récolte pas à pas
Les diamants de ma fortune !
L’azur a de si beaux appas :
– Reflets d’argent ou clair de lune ! –

Les diamants de ma fortune
Je les devine au fil des eaux !
Reflets d’argent ou clair de lune,
Cueillez la paix dans les roseaux !

Je les devine au fil des eaux
Chantres des bois et pastourelles…
Cueillez la paix dans les roseaux
Chantez, dansez, les tourterelles !

Chantres des bois et pastourelles
Brillent au cœur de tes doux yeux.
Chantez, dansez, les tourterelles
Quand mon regard chérit les cieux !

Brillent au cœur de tes doux yeux
Mes rêves d’amours pastorales,
Quand mon regard chérit les cieux,
Je n’aime plus les cathédrales !

Annie

Le sonnet irrégulier : Quand l’homme devient monstre.

dame

Tableau de mon amie Christiana,  je vous conseille de visiter son blog car son talent est sans pareil.

 

Quand l’homme devient monstre

Comment avez-vous pu, vous, monstres sans pitié,
En plus de nos soldats, vous attaquer aux femmes?
Je n’oserai citer les paroles infâmes
Qu’alors vous leur crachiez de votre inimitié.

Ils étaient donc si loin les bras de votre mère
Quand vous forciez leurs corps à vivre l’impudeur?
En mutilant leurs seins, vous calmiez votre ardeur
En buvant au pouvoir de cette ivresse amère.

Elles ont tant lutté, s’accrochant aux barreaux,
Au nom de Liberté, pour trouver le courage
De taire leurs secrets en face des bourreaux !

J’ai lu l’atroce hier mais aujourd’hui j’enrage,
Nous traitons de la guerre en termes masculins,
De sa féminité nous sommes orphelins.

Annie

La Rotrouenge : Les bruits de la maison.

gite

Je précise que je ne suis pas chez moi  !

 

Les bruits de la maison

Lorsque le jour se lève, il me plaît d’écouter
Les bruits de la maison qui bâille et se réveille.
Au loin, le chant d’un coq me berce et m’émerveille,
Je souris à cette aube aimant se velouter
Sur un rayon de lune.

L’horloge et son tic-tac que je n’entendais plus,
A nouveau battent fort comme un cœur qui palpite…
Le froufrou de la nuit que la clarté dépite
S’échappe à pas feutrés, en frôlant un talus
Endormi sous la lune.

Le café qui s’égoutte au suave parfum,
Ou le pain qui croustille, en croquant dans sa tranche,
Permettent d’oublier le noir qui se retranche ;
J’ouvre alors grand les yeux, en apaisant ma faim
D’un chaud croissant de lune.

Le vent dans mes volets fait glisser sa chanson,
Accompagné parfois du cri d’une crécelle
Qu’imite en gémissant ma vieille balancelle,
Pour réclamer enfin la modeste rançon
D’un doux morceau de lune.

L’église du village annonce le matin ;
Un meuble, en s’étirant, fait grincer sa jointure ;
Et les oiseaux du ciel, retrouvant ma toiture,
S’égosillant ensemble en un timbre argentin,
Saluent alors la lune…

Annie