Archives mensuelles : juillet 2018

La moyenne bergerette : La passion des papillons.

La passion des papillons

C’est la saison des papillons.
Les blancs, les jaunes et les beiges,
Devant mes yeux, tendres arpèges,
Font défiler leurs bataillons.

Parfois l’un deux un court instant
Vient refermer son éventail,
La clochette de mon portail
Retient son souffle et son battant.

C’est la saison des papillons.
Les blancs, les jaunes et les beiges,
Devant mes yeux, tendres arpèges,
Font défiler leurs bataillons.

Que j’aime voir en tourbillons
Danser leurs ailes sortilèges
Que je retiens dans tous les pièges
De mon filet à passions.

C’est la saison des papillons.
Les blancs, les jaunes et les beiges,
Devant mes yeux, tendres arpèges,
Font défiler leurs bataillons.

Annie

Le sonnet sur deux rimes : Tristes moutons !

Tristes moutons !

L’homme n’est-il donc né que pour être un mouton ?
Écoutez-le gémir lorsqu’un ballon le roule !
Un but pour l’autre camp et son monde s’écroule
Son dieu n’est plus son dieu quand rouge est le carton !

Pour occuper le peuple il suffit d’un bâton
Au bout, une carotte, afin qu’il se défoule ;
Pour cela rien de tel qu’un autre marathon, 
Oubliés les malheurs couverts d’une cagoule !

Les bergers de nos jours savent hausser le ton
Et le troupeau les suit en se coulant au moule,
Le romantisme meurt, la terre perd la boule …

C’est dans beaucoup de bruit qu’on gagne son croûton,
Car chacun tire à soi sa part au gueuleton,
Du coup l’on n’entend plus l’affamé dans la foule …

Annie

Le sonnet irrationnel : J’aurais tant voulu…

J’aurais tant voulu…

J’ai prêté mon regard à tes yeux endormis
Espérant que d’en haut, cela te soit permis,
Parmi les spectateurs, d’asseoir un peu ton âme…

Cette petite fille, oh, la vois-tu danser,

Interpréter Chimène et manier la lame
Contre de faux bandits, en gestes gracieux
A tel point qu’une étoile a déserté les cieux
Pour voler au public la braise d’une flamme ?

Je veux que ce soit toi qui la fasses danser,

Que ton ombre s’invite en la voyant valser
Taper fort des talons en robe de gitane
Afin qu’un flamenco puisse enfin commencer !
C’est là que doucement, tu pourrais t’éclipser

Pour déposer l’amour au cœur d’une sultane…

Annie

Le sonnet marotique : Après le foot, la femme !

Après le foot, la femme !

Quand le monde se meut autour d’un grand sujet
Ne s’agit-il de foot, dont la ligne de mire
Le classe en tout premier, tandis que l’on admire
La force masculine en son habile jet ?

Si je place en second celle qui fait l’objet
De l’œil concupiscent lorgnant son cachemire
C’est que l’expérience en matière de myrrhe
M’autorise à sourire en rognant mon budget !

« La femme est un trésor que l’homme ne conteste
Mais pourquoi faut-il donc que le manant la teste ? »
Avais-je écrit un jour à l’ancre de mon cœur… *

A lire du Ronsard, j’ai l’âme bien naïve ;
Car pour les jeux pervers je demeure rétive
Et je bois de l’amour dans un verre à liqueur !

Annie

* Je fais référence à mon premier recueil « A l’ancre de mon cœur »