Poésie libérée : Voyage sans retour.

Photo de mon ami Géard Méry.

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La valise est fin prête, elle attend cette histoire
Qui n’en finira pas de hanter ma raison.
Tout seul au fond d’un lit repose mon doux père
Dont le souffle ténu s’accroche encore un peu.
Ah que la route est longue et que le ciel est bleu !

Mais je n’ai qu’un seul but, atteindre l’horizon,
Je crains d’être en retard, j’invente des prières,
Les regrets, les espoirs, la peur et la souffrance
Forment un bataillon qui dévore l’esprit.
Ah que la route est longue et que le ciel est bleu !

La petite maison n’a déjà plus qu’une âme
Qui s’attache à mes pas, pour une fois docile,
N’ayant plus d’autre choix que d’attendre en silence
Qu’on nous laisse le voir timide et malheureux.
Ah que la route est longue et que le ciel est bleu !

Voici donc l’hôpital et ses murs en béton !
Mon cœur cogne plus fort, je marche en automate,
Enfin je vais pouvoir l’embrasser, le chérir,
Lui dire mon amour, lui faire mes adieux.
Je reconnais mes fleurs mais la chambre est si vide…

Que la route était longue et que le ciel est noir !

Annie

24 réflexions au sujet de « Poésie libérée : Voyage sans retour. »

  1. Bonjour Annie. Que de tristesse dans ce beau poème que je pense adressé à ton papa. C’est sans doute aussi dur, si on se voit partir, d’assumer tout autant que doivent le faire ceux qui nous voient partir.
    Ces voyages sans retour laissent à nos coeurs des blessures que l’on console souvent en se disant « qu’on se retrouvera un jour ». Encore faut-il croire à un après…
    Je ressens ton émotion dans ces belles lignes et je t’embrasse fort fort.

    1. Bonjour Marie,
      Je me demande encore comment me sont venus ces mots sortis brutalement de mes tripes… Oui cette souffrance met bien du temps à s’envoler… Merci et gros bisous.
      Annie

  2. Libérée ou classique
    Qu’importe du courant
    De poésie l’éthique
    Qu’emprunte en discourant
    Ta muse féerique
    Au dessus de tout rang
    Elle vole authentique
    Au charme recourant

    Bonjour Annie,
    Je te découvre émue en poésie libérée et je suis tout aussi conquise par ce poème mélancolique mais sublime. Chapeau l’artiste !
    Je t’embrasse

    1. Bonjour Marlène,
      Si tu me tires ton chapeau, je suis plus que soulagée car la poésie libérée n’est pas mon fort !
      MERCI du fond du cœur pour tes mots… C’est moi qui suis touchée du coup.
      Je t’embrasse.
      Annie

  3. Qu’il est dur de laisser partir les siens.. Le ciel effectivement se couvre alors de noir . je ne suis pas croyante mais pour ceux qui le sont, il demeure une trouée de lumière où un jour, ils pourront rejoindre ceux qu’ils ont aimés.

    1. Bonjour Sedna et merci pour ton témoignage qui rejoint mon questionnement, pourvu que là-haut…. !
      Je te souhaite un excellent dimanche.
      Annie

  4. Apprendre en gardant au cœur l’amour et les beaux souvenirs à repeindre lentement le ciel en bleu, comme lui-même aimait le voir, et comme lui-même aimerait qu’il soit pour sa fille…

    1. Bonjour et bon dimanche Annick,
      Ce que tu m’écris, je me le dis chaque jour, mais parfois le doute s’installe de nouveau hélas…
      Merci de tout cœur.
      Annie

    1. Bonsoir Véronique,
      Cette année m’a marquée plus que d’habitude, à la période de la Toussaint, et le triste souvenir a rejailli…
      Merci du fond du cœur.
      Je t’embrasse.
      Annie

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