Archives mensuelles : janvier 2019

Le Trivers : Promesses.

Promesses

Des pigeons sur mon toit roucoulent le matin,
Pour gagner la compagne afin d’être l’élu,
S’égosillent ensemble, espérant qu’un scrutin
Accorde au plus malin le pouvoir absolu !

Assistant au débat s’agace la femelle,
Son désir est bien loin de cette politique…
« Permettez que ma voix à la vôtre se mêle
Et venez-en au fait plutôt qu’à la critique ! »

Quand le beau mois de mai fleurira son muguet,
Cueillerons-nous encor des bouquets de promesses
Tandis que chanteront un refrain bien plus gai
Tous les enfants de France au final des kermesses ?

Annie

Le sonnet français : Les corbeaux.

 

Les corbeaux

Ce matin des corbeaux envahissent les cieux,
Où vont-ils et pourquoi ? Quelle est donc cette alerte ?
Même mon petit chien que ce fait déconcerte
Ne cesse d’aboyer au chant disgracieux…

Qui guide leur instinct les rendant anxieux ?
A tel point que chacun d’une envolée alerte
Semble crier à l’autre : « Il faut qu’on se concerte
Si nous perdons le Nord, le Sud est spacieux ! »

Oh l’étrange marée écoulant sa disgrâce !
Le soleil en pâlit et l’ombre me terrasse
Mais je reste envoûtée au plaisir d’un frisson…

Quelques notes encor, puis soudain le silence
Fait taire une clameur vibrant à l’unisson
Tandis que mon jardin calme sa vigilance !

Annie

La strophe onéguine : Le chien assis.

 

Orane petite chienne d’amour !

 

Le chien assis

O brave chien dont le regard embrasse
Un maître absent qui va lui revenir !
La patte est prête à s’offrir avec grâce ;
En cet instant il lui faut contenir
L’élan du cœur pour l’homme et sa tendresse,
Qui, de sa main, déposant sa caresse
Fera briller les perles des doux yeux ;
Doux c’est certain mais bien malicieux,
Prêts à mimer la fausse inquiétude
De l’animal pleurant son abandon
Lorsque l’amour tarde pour le pardon…
L’instinct connaît la voix de l’habitude
Qui va bientôt calmer l’empressement :
«  Oui, je suis là ! Couche-toi doucement ! »

Annie

Le sonnet irrationnel : Matin rose.

Aquarelle de mon amie  Marie-Luce .

Matin rose

Ce matin tout est rose au seuil de l’horizon,
Le ciel sur la terrasse éclaire ma maison,
J’accroche encore un songe aux branches d’une étoile…

Doucement le silence étouffe un bâillement…

Il est temps désormais de réveiller le poêle
Qui se met à ronfler, plus fort que de raison,
Vexé d’avoir dormi sur son propre tison !
A mon tour maintenant de dérouler la toile…

Je m’accorde un soupir, un dernier bâillement,

Une plume à la main, l’esprit en mouvement
Je pars, je suis émue, ah que l’heure est exquise !
J’en perds parfois le nord et le discernement,
Mais quand la Muse est là, c’est un enchantement,
Je suis telle une enfant devant une marquise !

Annie