Archives mensuelles : juillet 2019

Le sonnet alterné : Les fruits du Midi de Renoir.

Les fruits du Midi de Renoir

Au nom du bel amour pour cet art qu’il festonne,
Le peintre sur la toile a déposé l’été
Faisant rougir tout fruit du plaisir qui l’étonne
Quand des poils du pinceau naît la variété.

Mais si la coupe est pleine, une grenade tonne :
« Renoir, êtes-vous sûr de flatter ma beauté ?
En me cachant ici, la vie est monotone !

Placez-moi, je vous prie, auprès de ce poivron
Que je puisse à loisir contempler les tomates
Et, s’il vous sied aussi, pressez donc ce citron
De joindre à la saveur quelques brins d’aromates !

Vous qui de la couleur êtes le forgeron,
Ô maître, réveillez les teintes les plus mates
Puis vous pourrez finir sans craindre le mouron ! »

Annie

Virelai à deux plumes : En quête du bonheur

 

BLOG EN PAUSE

En quête du bonheur

Chez nous chante le coq et la poule caquette,
Dès le petit matin le tracteur est dehors,
Le brave agriculteur soulève sa casquette,
Et l’on mange souvent à la bonne franquette
Tous les meilleurs morceaux du plus gros de nos porcs !

Les plus gourmets ont faim d’une bonne blanquette,
Carottes et poireaux, en rondelles alors,
Viennent accompagner du riz dans la barquette
Sans oublier, bien sûr, pour saucer, la baguette ;
Là démarrent les ris enchantant nos décors !

Chez nous chante le coq et la poule caquette,
Dès le petit matin le tracteur est dehors,
Le brave agriculteur soulève sa casquette,
Et l’on mange souvent à la bonne franquette
Tous les meilleurs morceaux du plus gros de nos porcs !

La fête du village augure la guinguette
Et les cloches aussi battent tous les records !
Quand le mois de juillet lance sa musiquette,
Sur un parquet vieillot, on s’essaie aux claquettes,
Mais tant pis si les pas méprisent les accords !

Chez nous chante le coq et la poule caquette,
Dès le petit matin le tracteur est dehors,
Le brave agriculteur soulève sa casquette,
Et l’on mange souvent à la bonne franquette
Tous les meilleurs morceaux du plus gros de nos porcs !

Marlène et Annie

Merci à mon amie de plume Marlène , très talentueuse, pour avoir écrit à quatre mains ce Virelai !

 

Le sonnet français : Pauvre jardin.

Merci à mon amie de plume Maria, pour cette belle mise en page !

Pauvre jardin

Le jardin rayonnait de ses mille fleurettes
Dont je prenais grand soin, si fière évidemment,
De voir sortir de terre et rose et diamant,
Après l’or des ajoncs, velours et collerettes !

Mais hélas aujourd’hui, même les pâquerettes,
Qui montrent leur bon cœur habituellement,
Envient le nénuphar et son ruissellement
Quand frémit le bassin aux notes guillerettes…

Tout transpire ou bien meurt sous mes yeux attentifs
A maintenir vivants les plants les plus chétifs,
Qui devraient mettre au jour d’invisibles corolles.

C’est pour le potager que je garde un peu d’eau,
-Peut-on laisser périr d’aussi belles scaroles ?-
Puis je reprends ma plume en quête d’un rondeau !

Annie

Le sonnet à échos : Jour de canicule.

Jour de canicule

Les oiseaux se sont tus, l’air est chaud et pesant,
Seuls les blancs papillons font tourner leur manège ;
Mon regard qui les suit a réveillé la neige,
J’ajoute deux flocons à mon rêve plaisant…

Ne plus penser à rien qu’à ce ballet grisant,
Le spectacle est gratuit, la nuit veut sa chandelle
Et marche à pas de loup derrière une hirondelle ;
J’ajoute deux flocons à mon rêve plaisant…

Un semblant de fraîcheur tout en chemin faisant
Ranime du jardin chuchotis et murmures ;
Pour profiter encor des secrets des ramures,
J’ajoute deux flocons à mon rêve plaisant…

Les oiseaux se sont tus, l’air est chaud et pesant,
J’ajoute deux flocons à mon rêve plaisant !

Annie