Archives mensuelles : août 2019

Le Maillet : Un monde en débandade.

Merci à mon ami de plume  Flormed  pour la belle mise en page de mon Maillet.

 

 

Un monde en débandade

La mer n’est plus de glace et la terre bascule,
Le volcan se réveille au pied des villageois.
Le pauvre encor plus pauvre accuse les bourgeois
Et voit fondre à regret son tout petit pécule !

La rivière est à sec ou déborde alentour,
La mer n’est plus de glace et la terre bascule.
D’un côté l’on suffoque avec la canicule,
Et de l’autre le froid amorce un dur retour.

A force d’avoir peur des fous ou des vauriens
On cueille à reculons tout l’or d’un crépuscule…
La mer n’est plus de glace et la terre bascule ;
Seuls gardent le moral quelques épicuriens !

L’animal disparaît quand la forêt recule,
On a tant pollué bien égoïstement,
Ce réveil trop tardif serait-il alarmant ?
La mer n’est plus de glace et la terre bascule.

Annie

Le Pantoum : A la pêche aux souvenirs.

A la pêche aux souvenirs

J’ai côtoyé trop de détresses,
Je ne pleure qu’un seul marin.
Les champs de blé n’ont plus leurs tresses,
Coquelicot est bien chagrin.

Je ne pleure qu’un seul marin,
Bel océan devient sa tombe.
Coquelicot est bien chagrin,
L’automne craint une hécatombe…

Bel océan devient sa tombe
Dès qu’il se noie en l’horizon.
L’automne craint une hécatombe,
La feuille roussit le gazon.

Dès qu’il se noie en l’horizon,
Mon regard cherche un doux visage.
La feuille roussit le gazon,
L’oiseau prépare son voyage.

Mon regard cherche un doux visage
Sur le ponton d’un vieux vaisseau…
L’oiseau prépare son voyage,
Adieu l’été, joli berceau !

Sur le ponton d’un vieux vaisseau,
Je berce encor mon vague à l’âme.
Adieu l’été, joli berceau,
Parfums de rose et de cinname…

Je berce encor mon vague à l’âme,
Ainsi qu’on berce un enfançon.
Parfums de rose et de cinname,
Il est temps de faire moisson !

Ainsi qu’on berce un enfançon,
Mes souvenirs sont des caresses…
Il est temps de faire moisson,
J’ai côtoyé trop de détresses !

Annie

Le sonnet lozérien : Mystérieux château.

 

Mystérieux château

Non loin du bord de Sèvre, il est un vieux château ;
Serti de sa muraille,
Il a le regard droit de celui qu’on mitraille
Du bas de son coteau…

Ah combien j’aimerais ouvrir son loqueteau,
Marcher sur la pierraille,
Et gagner doucement, quand la corneille graille,
La tour et son fronteau.

Lorsque la lune est pleine, est-ce un oiseau qui braille,
Ou quelque louveteau
Sorti du fond des ans et que la faim tiraille ?

Les yeux sur le faîteau,
J’ai vu, me croirez vous ? tout au bout d’une draille
Un joueur de flûteau !

Annie Poirier