Archives de catégorie : Photos

Le Trivers Hugolien : Adieu septembre.

Photo de mon amie Christiana 

Adieu septembre

Déjà s’en va septembre, et le ciel qui moutonne
Nous prouve désormais que s’installe l’automne
En costume de brume et joli galurin !

De son panier d’osier débordent des noisettes,
Et son dos s’arrondit sous le poids des musettes
D’où s’écoule un nectar à l’éclat purpurin…

Comme il a l’air heureux, chaussé de ses galoches,
Saluant à la fois un escadron de loches
Et le dernier rayon d’un soleil suzerain !

Annie

Le sonnet français en octosyllabes : Deuil national.

 

Merci mon ami Flormed pour cette mise en page !

 

Deuil national

Ils sont venus, ils sont tous là
Les gens nantis de la planète,
Car l’un des leurs sans clarinette
S’en va rejoindre l’au-delà…

Chacun se tait, plus de bla-bla,
On se promet de vivre honnête.
Lorsque le ciel fait place nette,
Mieux vaut calmer la bamboula !

Puis on reprend sa politique,
En oubliant la belle éthique,
Et le parjure, évidemment !

Et la bagarre recommence,
La place est bonne assurément !
Adieu promesses et romance !

Annie

Le Trivers Hugolien : Automne.

Un grand merci cher   Flormed  pour cette superbe mise en page !

 

Automne

La pluie a déposé quelques perles de pleurs
Sur la pelouse sèche et dans le cœur des fleurs
Qui pensaient bien mourir sans connaître l’automne.

Muni de sa palette et de ses doux pinceaux,
Mêlant le pourpre à l’or, dans l’argent des ruisseaux,
La nature a repeint sa robe de cretonne.

Ravis, les cyclamens et colchiques des prés,
Quittent leurs vieux tombeaux pour des lieux mordorés,
Pendant qu’au loin, l’été, siffle un air monotone !

Annie

Le Trivers : Douce nostalgie.

 

Merci cher Flormed  pour cette belle mise en page qui flatte mon poème !

 

Douce nostalgie

Libellule ô ma sœur, ô ma tendre jeunesse !
Après avoir connu cette douceur fœtale
Que l’on quitte un beau jour pour un nid de tendresse,
Comme toi j’ai volé de pétale en pétale.

Volage papillon de mes anciens printemps,
Avec toi j’ai valsé sur des miroirs sans tain,
Sous des rayons de lune aux reflets miroitants,
En brûlant quelquefois mes ailes de satin !

De la bête à Bon Dieu j’ai gardé l’innocence,
En tout bien tout honneur, je poursuis mon chemin ;
Si j’ai quitté trop tôt le lieu de ma naissance,
J’aimerais que là-haut fleurisse le jasmin…

Annie

Prix de poésie : Palmarès du 21 ème Concours de Nouvelles et de Poésies 2019, Encres Vives, Cholet.

Merci à Encres Vives de m’avoir octroyé le premier prix sur le thème  » Le rideau se lève » pour mon poème,  » Secret de Polichinelle » !

Secret de Polichinelle

J’ai rêvé maintes fois d’une grange discrète
Où nous irions tous deux recompter les moutons
D’un ciel si bienveillant, que pour notre amourette,
Il irait décrocher la lune et ses boutons !

Et même s’il fallait progresser à tâtons
Sur un chemin de croix nous privant de ripaille,
Ah que nous serions bien allongés sur la paille, 
Sous le couvert d’un gîte aux rustiques festons !

Le chant d’une hulotte, un galop de harpaille,
Me jetteraient tremblante au creux de tes deux bras ;
Ton désir étant loin d’un fumet de cipaille,
Tu te ferais berger de mon faux embarras !

Le manteau de la nuit tombant en cascatelles
Couvrirait la pudeur d’un morceau de dentelles
Pour lequel je n’aurais ni remords ni regret !

Mais faut-il une suite à ma douce chimère ? 
Imaginons un peu qu’une brave commère
Ait pour notre aventure un quelconque intérêt !

En tirant le rideau sur ma petite histoire,
J’implore également mon aimable auditoire,
De ne rien dévoiler d’un probable secret !

Annie

Le Maillet : Un monde en débandade.

Merci à mon ami de plume  Flormed  pour la belle mise en page de mon Maillet.

 

 

Un monde en débandade

La mer n’est plus de glace et la terre bascule,
Le volcan se réveille au pied des villageois.
Le pauvre encor plus pauvre accuse les bourgeois
Et voit fondre à regret son tout petit pécule !

La rivière est à sec ou déborde alentour,
La mer n’est plus de glace et la terre bascule.
D’un côté l’on suffoque avec la canicule,
Et de l’autre le froid amorce un dur retour.

A force d’avoir peur des fous ou des vauriens
On cueille à reculons tout l’or d’un crépuscule…
La mer n’est plus de glace et la terre bascule ;
Seuls gardent le moral quelques épicuriens !

L’animal disparaît quand la forêt recule,
On a tant pollué bien égoïstement,
Ce réveil trop tardif serait-il alarmant ?
La mer n’est plus de glace et la terre bascule.

Annie

Le Pantoum : A la pêche aux souvenirs.

A la pêche aux souvenirs

J’ai côtoyé trop de détresses,
Je ne pleure qu’un seul marin.
Les champs de blé n’ont plus leurs tresses,
Coquelicot est bien chagrin.

Je ne pleure qu’un seul marin,
Bel océan devient sa tombe.
Coquelicot est bien chagrin,
L’automne craint une hécatombe…

Bel océan devient sa tombe
Dès qu’il se noie en l’horizon.
L’automne craint une hécatombe,
La feuille roussit le gazon.

Dès qu’il se noie en l’horizon,
Mon regard cherche un doux visage.
La feuille roussit le gazon,
L’oiseau prépare son voyage.

Mon regard cherche un doux visage
Sur le ponton d’un vieux vaisseau…
L’oiseau prépare son voyage,
Adieu l’été, joli berceau !

Sur le ponton d’un vieux vaisseau,
Je berce encor mon vague à l’âme.
Adieu l’été, joli berceau,
Parfums de rose et de cinname…

Je berce encor mon vague à l’âme,
Ainsi qu’on berce un enfançon.
Parfums de rose et de cinname,
Il est temps de faire moisson !

Ainsi qu’on berce un enfançon,
Mes souvenirs sont des caresses…
Il est temps de faire moisson,
J’ai côtoyé trop de détresses !

Annie

Le sonnet lozérien : Mystérieux château.

 

Mystérieux château

Non loin du bord de Sèvre, il est un vieux château ;
Serti de sa muraille,
Il a le regard droit de celui qu’on mitraille
Du bas de son coteau…

Ah combien j’aimerais ouvrir son loqueteau,
Marcher sur la pierraille,
Et gagner doucement, quand la corneille graille,
La tour et son fronteau.

Lorsque la lune est pleine, est-ce un oiseau qui braille,
Ou quelque louveteau
Sorti du fond des ans et que la faim tiraille ?

Les yeux sur le faîteau,
J’ai vu, me croirez vous ? tout au bout d’une draille
Un joueur de flûteau !

Annie Poirier

Le sonnet alterné : Les fruits du Midi de Renoir.

Les fruits du Midi de Renoir

Au nom du bel amour pour cet art qu’il festonne,
Le peintre sur la toile a déposé l’été
Faisant rougir tout fruit du plaisir qui l’étonne
Quand des poils du pinceau naît la variété.

Mais si la coupe est pleine, une grenade tonne :
« Renoir, êtes-vous sûr de flatter ma beauté ?
En me cachant ici, la vie est monotone !

Placez-moi, je vous prie, auprès de ce poivron
Que je puisse à loisir contempler les tomates
Et, s’il vous sied aussi, pressez donc ce citron
De joindre à la saveur quelques brins d’aromates !

Vous qui de la couleur êtes le forgeron,
Ô maître, réveillez les teintes les plus mates
Puis vous pourrez finir sans craindre le mouron ! »

Annie