Archives pour la catégorie Photos

Le Pantoum : A la pêche aux souvenirs.

A la pêche aux souvenirs

J’ai côtoyé trop de détresses,
Je ne pleure qu’un seul marin.
Les champs de blé n’ont plus leurs tresses,
Coquelicot est bien chagrin.

Je ne pleure qu’un seul marin,
Bel océan devient sa tombe.
Coquelicot est bien chagrin,
L’automne craint une hécatombe…

Bel océan devient sa tombe
Dès qu’il se noie en l’horizon.
L’automne craint une hécatombe,
La feuille roussit le gazon.

Dès qu’il se noie en l’horizon,
Mon regard cherche un doux visage.
La feuille roussit le gazon,
L’oiseau prépare son voyage.

Mon regard cherche un doux visage
Sur le ponton d’un vieux vaisseau…
L’oiseau prépare son voyage,
Adieu l’été, joli berceau !

Sur le ponton d’un vieux vaisseau,
Je berce encor mon vague à l’âme.
Adieu l’été, joli berceau,
Parfums de rose et de cinname…

Je berce encor mon vague à l’âme,
Ainsi qu’on berce un enfançon.
Parfums de rose et de cinname,
Il est temps de faire moisson !

Ainsi qu’on berce un enfançon,
Mes souvenirs sont des caresses…
Il est temps de faire moisson,
J’ai côtoyé trop de détresses !

Annie

Le sonnet lozérien : Mystérieux château.

 

Mystérieux château

Non loin du bord de Sèvre, il est un vieux château ;
Serti de sa muraille,
Il a le regard droit de celui qu’on mitraille
Du bas de son coteau…

Ah combien j’aimerais ouvrir son loqueteau,
Marcher sur la pierraille,
Et gagner doucement, quand la corneille graille,
La tour et son fronteau.

Lorsque la lune est pleine, est-ce un oiseau qui braille,
Ou quelque louveteau
Sorti du fond des ans et que la faim tiraille ?

Les yeux sur le faîteau,
J’ai vu, me croirez vous ? tout au bout d’une draille
Un joueur de flûteau !

Annie Poirier

Le sonnet alterné : Les fruits du Midi de Renoir.

Les fruits du Midi de Renoir

Au nom du bel amour pour cet art qu’il festonne,
Le peintre sur la toile a déposé l’été
Faisant rougir tout fruit du plaisir qui l’étonne
Quand des poils du pinceau naît la variété.

Mais si la coupe est pleine, une grenade tonne :
« Renoir, êtes-vous sûr de flatter ma beauté ?
En me cachant ici, la vie est monotone !

Placez-moi, je vous prie, auprès de ce poivron
Que je puisse à loisir contempler les tomates
Et, s’il vous sied aussi, pressez donc ce citron
De joindre à la saveur quelques brins d’aromates !

Vous qui de la couleur êtes le forgeron,
Ô maître, réveillez les teintes les plus mates
Puis vous pourrez finir sans craindre le mouron ! »

Annie

Virelai à deux plumes : En quête du bonheur

 

BLOG EN PAUSE

En quête du bonheur

Chez nous chante le coq et la poule caquette,
Dès le petit matin le tracteur est dehors,
Le brave agriculteur soulève sa casquette,
Et l’on mange souvent à la bonne franquette
Tous les meilleurs morceaux du plus gros de nos porcs !

Les plus gourmets ont faim d’une bonne blanquette,
Carottes et poireaux, en rondelles alors,
Viennent accompagner du riz dans la barquette
Sans oublier, bien sûr, pour saucer, la baguette ;
Là démarrent les ris enchantant nos décors !

Chez nous chante le coq et la poule caquette,
Dès le petit matin le tracteur est dehors,
Le brave agriculteur soulève sa casquette,
Et l’on mange souvent à la bonne franquette
Tous les meilleurs morceaux du plus gros de nos porcs !

La fête du village augure la guinguette
Et les cloches aussi battent tous les records !
Quand le mois de juillet lance sa musiquette,
Sur un parquet vieillot, on s’essaie aux claquettes,
Mais tant pis si les pas méprisent les accords !

Chez nous chante le coq et la poule caquette,
Dès le petit matin le tracteur est dehors,
Le brave agriculteur soulève sa casquette,
Et l’on mange souvent à la bonne franquette
Tous les meilleurs morceaux du plus gros de nos porcs !

Marlène et Annie

Merci à mon amie de plume Marlène , très talentueuse, pour avoir écrit à quatre mains ce Virelai !

 

Le sonnet français : Pauvre jardin.

Merci à mon amie de plume Maria, pour cette belle mise en page !

Pauvre jardin

Le jardin rayonnait de ses mille fleurettes
Dont je prenais grand soin, si fière évidemment,
De voir sortir de terre et rose et diamant,
Après l’or des ajoncs, velours et collerettes !

Mais hélas aujourd’hui, même les pâquerettes,
Qui montrent leur bon cœur habituellement,
Envient le nénuphar et son ruissellement
Quand frémit le bassin aux notes guillerettes…

Tout transpire ou bien meurt sous mes yeux attentifs
A maintenir vivants les plants les plus chétifs,
Qui devraient mettre au jour d’invisibles corolles.

C’est pour le potager que je garde un peu d’eau,
-Peut-on laisser périr d’aussi belles scaroles ?-
Puis je reprends ma plume en quête d’un rondeau !

Annie

Le sonnet à échos : Jour de canicule.

Jour de canicule

Les oiseaux se sont tus, l’air est chaud et pesant,
Seuls les blancs papillons font tourner leur manège ;
Mon regard qui les suit a réveillé la neige,
J’ajoute deux flocons à mon rêve plaisant…

Ne plus penser à rien qu’à ce ballet grisant,
Le spectacle est gratuit, la nuit veut sa chandelle
Et marche à pas de loup derrière une hirondelle ;
J’ajoute deux flocons à mon rêve plaisant…

Un semblant de fraîcheur tout en chemin faisant
Ranime du jardin chuchotis et murmures ;
Pour profiter encor des secrets des ramures,
J’ajoute deux flocons à mon rêve plaisant…

Les oiseaux se sont tus, l’air est chaud et pesant,
J’ajoute deux flocons à mon rêve plaisant !

Annie

Le rondeau : Rondeau pour un poète.

 

Rondeau pour un poète

Je vous aimerais davantage
Si vous m’écriviez un rondeau,
De voir le ciel et l’hirondeau,
N’est-ce pas là bel avantage ?

Mais non cela n’est pas chantage !
Si vous me faisiez ce cadeau,
Je vous aimerais !

Qu’il serait bon ce doux partage
L’encre, la plume et le landau !
Soulagez-moi de mon fardeau,
J’habite au tout dernier étage !
Je vous aimerais…

Annie

Promenade à Madère, suite et fin…

Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Joachim Du Bellay

Ah combien j’aimerais quitter mon paysage
Oublier quelque temps ce jardin larmoyant,
M’échapper en contrée où rit le flamboyant ;
Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage !

Il est bon quelquefois de changer d’horizon,
D’adopter d’un ailleurs la nouvelle coutume,
Endossant d’un ami le curieux costume
Et comme celui-là qui conquit la toison,

Obliger l’habitude à quitter sa prison
Tel ce grand voyageur affrétant son navire,
Qui s’enfuit jusqu’à Rome alimenter sa lyre
Et puis est retourné plein d’usage et raison.

Quand le mal du pays tissant sa belle ouvrage
Sur le fil du printemps voudra s’y raccrocher,
Le temps sera venu d’un retour au clocher
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Annie

Balade à Madère, suite…

Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,

Et puis est retourné plein d’usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Joachim du Bellay

Glose à partir du quatrain de Joachim du Bellay, suite…

Obliger l’habitude à quitter sa prison

Tel ce grand voyageur affrétant son navire,

Qui s’enfuit jusqu’à Rome alimenter sa lyre

Et puis est retourné plein d’usage et raison…