Archives pour la catégorie Photos

Le pantoum : Cœur de printemps.

A Flormed

Cœur de printemps

Mon cœur a laissé sa tourelle
Pour le printemps est-il fin prêt ?
Oyez chanter la tourterelle,
Le doux pinson si guilleret !

Pour le printemps est-il fin prêt,
Le souvenir qui se déhanche ?
Le doux pinson si guilleret
A rendez-vous dessus la branche !

Le souvenir qui se déhanche
Déroule un bien vieux parchemin !
A rendez-vous dessus la branche
Le jour avec son lendemain.

Déroule un bien vieux parchemin
Ma triste rime vagabonde…
Le jour avec son lendemain
Ont décidé d’ouvrir la bonde !

Ma triste rime vagabonde
Cherche sa voie au fil des eaux ;
Ont décidé d’ouvrir la bonde,
Reflets de saule et de roseaux !

Cherche sa voie au fil des eaux
Un long chapelet de tendresse ;
Reflets de saule et de roseaux
Buvez, buvez jusqu’à l’ivresse !

Un long chapelet de tendresse
Finira-t-il pas s’échapper ?
Buvez, buvez jusqu’à l’ivresse,
Le temps se plaît à galoper !

Finira-t-il par s’échapper
Ce troubadour qui m’ensorcelle ?
Vite il me faut le rattraper,
Mon cœur a laissé sa tourelle !

Annie

Le sonnet français : Avril.

Avril

Le printemps bat son plein, oyez les herbes folles,
Le bourgeon qui s’éclate et les merles siffleurs…
Voyez de-ci, de-là, jaillir mille couleurs
Mariant l’harmonie au parfum des corolles !

L’amour est dans les prés, les talus, les gondoles
Qu’elles soient à Venise ou sur les rus charmeurs
Qui baignent les reflets de leurs saules pleureurs,
Libérant en courant des notes plus frivoles.

La nature est en fête, appelle le pinson,
Le coucou qui s’amuse à cacher sa chanson
Et le pigeon ramier tout fier de sa faconde !

L’hirondelle bientôt rebâtira son nid
Mêlant son savoir-faire à la terre féconde
Car c’est au mois de mai que le ciel nous bénit !

Annie

La schaltinienne : Frissons printaniers.


 

Frissons printaniers

Ton clin d’œil du matin me rend fort polissonne ;
Je me prends à rêver à ce prochain été
Quand j’offrirai la peau de mon décolleté
A ton regard si chaud qui butine et moissonne !

Oui j’aime ta caresse au sein de mon jardin
A tel point que parfois je me fais mollassonne
Abandonnant mon corps à ton désir badin !

En prenant bien ton temps pour déclarer ta flamme, 
Lorsque tombe le soir, c’est moi qui te réclame !

O Soleil, bel amant, reviens mon paladin !

Annie

Le sonnet irrégulier : Montpezat d’Agenais.

Montpezat d’Agenais

J’aimais la promenade aux abords du moulin
Qui de ses bras tendus protégeait son village ;
Sentinelle attentive, il guettait le nuage
Pour tisser dans sa brume un fin rideau de lin.

Il sera désormais, de mes pas, l’orphelin
Quand les jolis coteaux s’habilleront de rose
Avant que le soleil comme une apothéose
Ne pousse l’horizon de son geste câlin…

Ah, je regrette tant les ruelles en pente
Et ma maison perchée, à la vieille charpente,
Abritant mes étés de leur lourde chaleur !

En fermant les volets, je vexais les cigales
Taquinant mon repos de leur chant racoleur
Afin de secouer mes rêves d’astragales.

Annie

La strophe onéguine : Tristes regrets.

 

 

Tristes regrets

Je voulais réunir la fleur avec le fruit
Pour en faire un bouquet de nouvelle tendresse,
Mais tu n’as su m’offrir que le terrible bruit
De lourds gémissements en guise de caresse.
Aujourd’hui je suis lasse et n’ai plus de ressort,
Je coupe le cordon, je te laisse à ton sort.
Soixante ans ont neigé sur les monts et les plaines
De mes anciens jardins aux multiples phalènes,
Et si je dois fermer la porte de mon cœur
C’est que je n’attends rien d’une âme si morose,
Qui préférant bercer l’épine et non la rose,
Se retrouve bien seule à boire sa rancœur…
Adieu les souvenirs, adieu douce espérance !
Je vous tire à regret ma triste révérence .

Annie

La balladine : Aux femmes battues.

Sculpture de mon amie Christiana.

Je vous invite à parcourir son blog. Vous ne serez pas déçus !

Aux femmes battues.

La femme est une fleur que l’on cueille en chemin
Prête à s’abandonner dans le creux d’une main,
Cette main qui parfois oubliant la caresse
Préfère s’envoler sur un cri de douleur…
Êtes-vous sûr, Monsieur ? N’est-ce vraiment qu’un pleur
Tandis que vous partez cajoler votre ivresse ?

La femme est une fleur que l’on cueille en chemin ;
Voyez comme elle est belle en sa robe carmin,
Pourquoi lui refuser de goûter la tendresse ?
Ne disiez-vous hier qu’elle était le printemps ?
Et pourquoi lui voler ses merveilleux instants
Tandis que vous partez cajoler votre ivresse ?

La femme est une fleur que l’on cueille en chemin ;
Toute prête à s’ouvrir pour accueillir demain,
Elle en a le pouvoir, le désir et l’adresse ;
Sans doute craignez-vous que fane sa beauté ?
Car on ne la voit plus promener son été
Tandis que vous partez cajoler votre ivresse !

La femme est une fleur que l’on cueille en chemin
Pour partager le cœur d’une vie en commun ;
Ne pensez-vous, Monsieur, qu’un jour dans sa détresse
En ayant plus qu’assez de vos tristes penchants
Elle prenne sans vous une autre clef des champs,
Tandis que vous partez cajoler votre ivresse ?

Annie

Le blason : La belle et la nuit.

La belle et la nuit

Mais que fais-tu ma belle
Innocente rebelle ?
Car je sais que la nuit
Tu calmes ton ennui
En quittant ta demeure
Si peu que le jour meure ;
Cours-tu le guilledou
Sans craindre l’amadou ?
Sais-tu que sous la lune
Caché parmi la brune
Se terre un loup-garou
Qui guette ton froufrou ?
Parfois je me réveille
J’imagine vermeille
Ta robe et tes atouts ;
J’ai peur des vieux matous
Ils ont la griffe habile
Car te sachant nubile
Ne mettraient pas longtemps
Pour voler ton printemps !
Quand le matin respire
Mon rideau je retire
Chouette, je te vois,
Je baisse alors ma voix…

Annie

Le zégel : Il neige !

 

Il neige !

Il a neigé sur mon jardin !
Est-ce l’hiver et son gourdin
Qui décida comme un gredin
De secouer son ankylose ?

Il semblerait que les flocons
Se soient lassés de leurs cocons ;
En se penchant à leurs balcons
Ont préféré fêter ventôse !

Les voyez-vous valser au vent ?
Comme nonnes en leur couvent,
Vierges encor, c’est émouvant,
Riant de leur métamorphose !

Les innocents ne savent pas
Que pour bientôt, marchant au pas,
Seul les attend un dur trépas
Pressé de voir fleurir la rose !

Annie

Le sonnet français : Rêve de cent sonnets.

Un GRAND merci à mon amie poétesse Tyna pour cette très belle mise en page !

 

Rêve de cent sonnets

Ainsi qu’un animal, blessé, dans sa tanière,
Je me lève plus tard et plus tôt je m’endors…
Seuls les oiseaux du ciel, toutes plumes dehors,
Font naître un brin d’espoir chacun à sa manière.

Quand le matin frileux relève sa crinière,
Et que la lune blême ôte son justaucorps,
Les trilles et les chants mêlent tous leurs accords,
Suis-je prête à semer ma rime printanière ?

Le long des trottoirs gris, s’éteignent les fanaux,
Mais mon regard s’éclaire au fouillis des moineaux
Qui s’ébattent, repus, sous l’aile des mésanges.

Au restaurant du cœur, merles et sansonnets,
Arrivent en renfort comme on part aux vendanges,
Le panier déjà plein de mes plus doux sonnets !

Annie

Le sonnet pétrarquien : Ma Muse est un poète…

Ma Muse est un poète

Ma Muse est un poète, ah mais oui pourquoi pas !
Ne riez pas messieurs car grande est votre quête,
En soufflant sur vos vers la vôtre est bien coquette
Et vous buvez des yeux ses multiples appas !

Mon aède est discret, ses mots sont mes repas,
Il est vêtu d’amour, si sombre est sa jaquette
C’est pour mettre en valeur la blanche pâquerette,
Ne voulant la froisser, il marche à petits pas…

Je l’attends chaque soir en cherchant son étoile
Seul lien qui nous unit car long est le chemin,
Pour tisser avec moi tous les fils de ma toile.

Un jour naîtra, c’est sûr, un plus grand parchemin
Quand la lune sur nous déroulera son voile,
Au parfum d’océan, de sable et de jasmin.

Annie