Archives pour la catégorie Photos

Le dix-septain sphérique : Colère de vent.


Colère de vent

Le vent hurle à la mort de colère et de rage !
Il cogne à la fenêtre, ouvre le portillon,
Pour le claquer sitôt d’un coup de bottillon ;
Ce fou n’accepte plus qu’on lui fasse barrage !

Le ciel laisse tomber son lourd manteau de pleurs
Inondant le jardin de gouttes d’amertume
Venus de continents gémissant leurs malheurs.

L’oiseau n’a plus de nid pour abriter sa plume,
Il est cet orphelin recherchant ses couleurs
Dans les bras inconnus d’un monde qui transhume.

L’horizon déchiré par des doigts querelleurs,
Laisse entrevoir soudain l’espoir qui se rallume ;
Durant un court instant se calment les douleurs…

La girouette folle amorce son courage,
Si son nord est au sud, l’ouest est tatillon
Et réclamant sa place en bon amphictyon
Tout un chacun du coup retourne à son ouvrage !

Annie

 

Le Trivers : Promesses.

Promesses

Des pigeons sur mon toit roucoulent le matin,
Pour gagner la compagne afin d’être l’élu,
S’égosillent ensemble, espérant qu’un scrutin
Accorde au plus malin le pouvoir absolu !

Assistant au débat s’agace la femelle,
Son désir est bien loin de cette politique…
« Permettez que ma voix à la vôtre se mêle
Et venez-en au fait plutôt qu’à la critique ! »

Quand le beau mois de mai fleurira son muguet,
Cueillerons-nous encor des bouquets de promesses
Tandis que chanteront un refrain bien plus gai
Tous les enfants de France au final des kermesses ?

Annie

Le sonnet français : Les corbeaux.

 

Les corbeaux

Ce matin des corbeaux envahissent les cieux,
Où vont-ils et pourquoi ? Quelle est donc cette alerte ?
Même mon petit chien que ce fait déconcerte
Ne cesse d’aboyer au chant disgracieux…

Qui guide leur instinct les rendant anxieux ?
A tel point que chacun d’une envolée alerte
Semble crier à l’autre : « Il faut qu’on se concerte
Si nous perdons le Nord, le Sud est spacieux ! »

Oh l’étrange marée écoulant sa disgrâce !
Le soleil en pâlit et l’ombre me terrasse
Mais je reste envoûtée au plaisir d’un frisson…

Quelques notes encor, puis soudain le silence
Fait taire une clameur vibrant à l’unisson
Tandis que mon jardin calme sa vigilance !

Annie

La strophe onéguine : Le chien assis.

 

Orane petite chienne d’amour !

 

Le chien assis

O brave chien dont le regard embrasse
Un maître absent qui va lui revenir !
La patte est prête à s’offrir avec grâce ;
En cet instant il lui faut contenir
L’élan du cœur pour l’homme et sa tendresse,
Qui, de sa main, déposant sa caresse
Fera briller les perles des doux yeux ;
Doux c’est certain mais bien malicieux,
Prêts à mimer la fausse inquiétude
De l’animal pleurant son abandon
Lorsque l’amour tarde pour le pardon…
L’instinct connaît la voix de l’habitude
Qui va bientôt calmer l’empressement :
«  Oui, je suis là ! Couche-toi doucement ! »

Annie

Le sonnet irrationnel : Matin rose.

Aquarelle de mon amie  Marie-Luce .

Matin rose

Ce matin tout est rose au seuil de l’horizon,
Le ciel sur la terrasse éclaire ma maison,
J’accroche encore un songe aux branches d’une étoile…

Doucement le silence étouffe un bâillement…

Il est temps désormais de réveiller le poêle
Qui se met à ronfler, plus fort que de raison,
Vexé d’avoir dormi sur son propre tison !
A mon tour maintenant de dérouler la toile…

Je m’accorde un soupir, un dernier bâillement,

Une plume à la main, l’esprit en mouvement
Je pars, je suis émue, ah que l’heure est exquise !
J’en perds parfois le nord et le discernement,
Mais quand la Muse est là, c’est un enchantement,
Je suis telle une enfant devant une marquise !

Annie

Le Malhoun : L’orchestre du Grand Bois.

 

 

BLOG EN PAUSE

Joyeux Noël  à tous mes amis !

 

L’orchestre du Grand Bois

 

Entendez-vous dans la nature
Jouer l’orchestre du Grand Bois ?

Un chœur magique à mille voix
M’oblige à redresser la tête ;
Mais pour qui donc est cette fête
Digne, c’est sûr, des plus grands rois ?

Entendez-vous dans la nature
Jouer l’orchestre du Grand Bois ?

Musiciens dans la ramure
Caressent les cordes du vent,
Tandis qu’un bec d’engoulevent
Lâche son cri jusqu’au murmure.

Entendez-vous dans la nature
Jouer l’orchestre du Grand Bois ?

J’aperçois même le hautbois
Tenu par les branches d’un charme,
La nymphe qui verse une larme
Lorsque la biche est aux abois.

Entendez-vous dans la nature
Jouer l’orchestre du Grand Bois ?

Annie

 

Le sonnet à kyrielle : Curieuse politique !

Photo de mon ami Gérard Méry

Curieuse politique !

Tandis que nous grognons contre la politique
Les genêts des talus laissent couler de l’or,
Leur générosité n’est pas diplomatique
Ne craignant de montrer tout l’envers d’un décor !

La marguerite accourt en ce lieu fantastique
Où rient la pâquerette et le gai bouton-d’or ;
Chacun trouve sa place en respectant l’éthique,
Ne craignant de montrer tout l’envers d’un décor !

Les ajoncs généreux ont déversé leur bourse
Et dorment maintenant couchés sur leur ressource,
Ne craignant de montrer tout l’envers d’un décor !

Comme il faut bien aussi qu’un peu le monde bouge,
Gentil Coquelicot veut « voir la vie en rouge »
Ne craignant de montrer tout l’envers d’un décor !

Annie

 

Le sonnet marotique : Autre époque, autre temps !

Autre époque, autre temps !

Ne gagner que trois sous pour vaquer à l’ouvrage
Pendant que ces messieurs rêvent d’être rentiers,
Voilà comment l’on perd les plus jolis métiers
Exigeant savoir-faire et beaucoup de courage !

Jadis ne disait-on, labour et pâturage
Font de notre pays les meilleurs héritiers ?
Ceux-là cultivaient l’or loin des plus beaux quartiers
Où la valeur se fond dans le creux d’un mirage…

Aujourd’hui chacun veut le beurre et son argent,
Quant à la qualité n’est-il pas affligeant
De la voir se noyer dans une mer immonde ?

Ainsi va notre époque accélérant le temps,
Mais saurons-nous toujours ciseler les printemps
Si nous courons après l’hiver de notre monde ?

Annie

Le sonnet à rebours : Toi mon chat.

 

 

Tableau de mon ami poète Michel Doucet que je remercie du fond du cœur !

 

Toi mon chat !

 

Mais à quoi penses-tu figé dans ton silence ?
Tu feins de m’ignorer, si fier, comme un pacha !
T’en souviens-tu d’hier quand ton œil m’aguicha ?…

Mi-tigre, mi-copain, soignant ta nonchalance
Qu’attendais-tu de moi si ce n’est un câlin ?
De nous deux tu croyais être le plus malin !

En entrant dans ton jeu, j’ai freiné ma tendresse
Et toi, mine de rien, de tes pas gracieux,
Tu t’approchas plus près, l’œil révérencieux
Pour déguster déjà la future caresse…

J’ai suivi ton manège et ta fausse paresse
Lorsque soudainement, d’un bond audacieux
Tu visas mes genoux, un rien prétentieux,
Pour m’accorder enfin mon titre de maîtresse !

Annie