Archives de catégorie : Poèmes

Le sonnet français : Autre époque, autre temps.

Autre époque, autre temps !

Ne gagner que trois sous pour vaquer à l’ouvrage
Pendant que ces messieurs rêvent d’être rentiers,
Voilà comment l’on perd les plus jolis métiers
Exigeant savoir-faire et beaucoup de courage !

Jadis ne disait-on, labour et pâturage
Font de notre pays les meilleurs héritiers ?
Ceux-là cultivaient l’or loin des plus beaux quartiers
Où la valeur se fond dans le creux d’un mirage…

Aujourd’hui chacun veut le beurre et son argent,
Quant à la qualité n’est-il pas affligeant
De la voir se noyer dans une mer immonde ?

Ainsi va notre époque accélérant le temps,
Mais saurons-nous toujours ciseler les printemps
Si nous courons après l’hiver de notre monde ?

Annie

Stances : Grand-mère bretonne.

Grand-mère bretonne

Il est de ces parfums qui hantent ma mémoire,
Déroulant du passé le plus beau souvenir,
Celui de mon aïeule au pays du menhir,
De la coiffe bretonne et d’une ancienne armoire…

Quand l’âtre chantonnait les émois du matin,
Le vieux meuble de chêne étirait ses jointures ;
En demeurant blottie entre mes couvertures,
J’espérais simplement que dure ce festin !

Les yeux malicieux de grand-mère l’idole
Pétillaient de sa joie à me faire plaisir,
Mon bonheur était tel qu’il me voyait rosir
Dès qu’un fumet connu lançait sa farandole !

Alors je bondissais, comme un chaton malin,
Avide de goûter les crêpes en dentelle
Dont la chaleur encor, tendrement maternelle,
Longtemps demeurera dans mon rêve orphelin.

Au clic-clac des sabots, répondait la pendule,
Égrenait chaque instant de ses doigts dégourdis,
Afin de rappeler que même au paradis,
Chaque minute offerte apporte sa ridule…

Annie

Stances : La ronde des mois.

Sculpture de mon amie Christiana Moreau.

La ronde des mois

Déjà janvier s’avance en son bel artifice,
Enveloppé d’espoir et de brouillard givrant ;
Il brise du passé chagrins et maléfice
Puis il quitte la scène heureux et délirant.

Arrive février dans son manteau d’hermine
Qui transforme le bois en un monde enchanteur,
Fige le cyclamen, même la cardamine,
Dans l’attente d’un mars toujours à la hauteur !

Avril a son coucou, mai ses mille clochettes,
Chacun d’eux s’évertue à réveiller les cœurs,
Et lorsque l’on entend crépiter les branchettes,
C’est que juin rayonnant savoure ses liqueurs !

Et s’enflamme juillet de l’aube au crépuscule
Pour rester grand vainqueur des plus belles moissons
Que l’on déguste en août, en pleine canicule,
En attendant du soir deux zestes de frissons.

Sur les fils de septembre, on voit une hirondelle,
Se délecter déjà du grand rassemblement,
Tandis que les moineaux, d’un habile coup d’aile,
Surveillent de la treille, octobre au firmament.

Novembre épouse l’or du plus beau chrysanthème
Dès que la feuille meurt sous l’arbre décharné,
Jusqu’à ce que décembre attise une bohème
Pour réchauffer la crèche où dort un nouveau-né !

 

Annie

Le sonnet layé : La pensée

 

La Pensée

C’est Elle qui s’impose à notre esprit distrait,
Le rendant perméable
A tout ce qui n’a pas de l’instant cet attrait
Devenant insondable.

Si la porte se ferme à la Réalité
Qui lors n’a plus les pieds sur terre,
Mais la tête en les mains de la fertilité
Sachez qu’Elle s’y désaltère !

Le corps écoute alors avec attention
L’ultime résultat de la réflexion
Pour quitter le nuage…

Négative ou joyeuse, Elle s’attache à nous
Que l’on se tienne droit ou sur les deux genoux
Avec Elle on voyage !

Annie



Le Maillet : Décembre.

                                   BLOG EN PAUSE ET JOYEUX NOËL A TOUS MES AMIS !

Décembre

Quand décembre apparaît,
Ma plume se repose
Car je pars en secret,
Prétextant une pause.

Rien de bien grandiose !
J’achète de l’amour,
Prétextant une pause
Enveloppé d’humour !

Quelques petits péchés,
Prétextant une pause,
Seront vite accrochés
Pour la métamorphose .

Prétextant une pause,
Pour un joyeux Noël,
J’en cueillerai la rose
Signe spirituel.

Annie

Le dizain : Noël gâché.

 

 

Noël gâché

Noël n’est plus Noël dans notre monde étrange,
Chacun grogne et l’on hurle et l’on bat le pavé
Pour obtenir bien plus que le quart d’une orange !
Aujourd’hui les bergers ont tous le poing levé ;
On ne les calme plus avec quelques images,
Car ils ont bien compris que parmi les rois mages
Se cachent les nouveaux voleurs de grand chemin !
Si les braves moutons se lèvent à la fraîche,
Ce n’est plus pour l’enfant qui sourit dans la crèche,
Mais pour se faire tondre au nom du bien commun !

Annie

le Carillon : Au jeu de la séduction.

 

Au jeu de la séduction

Laissez-moi donc rêver d’amour et de dentelle,
Du parfum de la rose en empruntant son fard,
N’étant pas cette fleur que l’on dit immortelle,
Si je le peux j’évite un éternel cafard !

Sagesse ou bien Raison, faut-il que j’écartèle ?
Elles ont toutes deux un triste teint blafard !
Je préfère me fondre en un doux traquenard,
Qui cherche en ses atouts un ris de jarretelle !

C’est ainsi que parfois je remise au placard
Toute une garde-robe à la mine assombrie,
Puis j’attends les bienfaits de cette huile de nard
Que l’on dit bénéfique à la câlinerie !

Comment ne pas céder à la tentation
D’exercer le pouvoir de la séduction
Sur un bien tendre époux que le printemps ravive ?

En cultivant le grain de nos jardins secrets,
Naîtront des souvenirs et non pas des regrets
Quand les désirs du corps seront à la dérive.

Un flot de mousseline et deux bras valeureux,
Nous voici de nouveau terriblement heureux
En constatant qu’Éros demeure en notre rive !

Annie

 

 

 

Bout rimé de mon amie Marlène !

 
 
Quand un ami poète vous fait don d ‘un d’un bout rimé sur l’un de vos poème et qu’une amie poétesse en fait autant, c’est Noël avant l’heure  !
Merci Flormed et  Marlène !

 

Hommage à Flormed

Ô Flormed mon ami, ta douceur est un songe
Que je pose à la brune au bord de l’encrier,
Où des mots de silence à force de crier
Arrachent tous les fils du tissu d’un mensonge…

Dans ce monde cruel à qui donc se fier ?
Quant à moi j’ai choisi dans les pleurs de ton âme
D’en croquer tous les fruits aux senteurs de cinname ;
Il m’en faut tant et tant pour mieux versifier !

Au jardin de ton cœur mon cafard se repose,
J’y trouve une sagesse en costume de rose
Qui caresse un amour et lui donne la main.

Reçois donc aujourd’hui le cadeau de ma plume
Car nous ne savons pas ce que sera demain,
Et tu verras ce soir mon espoir qui s’allume.

Annie

 

Un art si brillant

 


Vous louer en duo, fort longtemps que j’y songe
Mais ma plume tournoie au bord de l’encrier
Malgré mon désespoir me faisant lui crier :
« Par pitié, pose-toi » – ce n’est pas un mensonge ! –

Je redoutais jamais ne pouvoir me fier
A ce bonheur divin qui réjouit tant mon âme
Condamnée aux gâteaux sans saveur de cinname
Puisque rien n’est plus doux que de versifier !

L’appétence d’écrire à l’air libre repose
Il suffit quelques fois d’un doux parfum de rose
Que deux charmants amis distillent de la main.

Annie et Flormed, un art si brillant ne se plume !
Un jour, presque chenu pour mieux luire demain
Le plus dur est l’attente avant qu’un feu l’allume.

Marl’Aime, Poèmes de ma Vie – Bout rimé 04/12/2019

Le bout rimé : Hommage à Flormed…

A la suite de mon sonnet « Hommage à Flormed », celui-ci m’a offert ce très beau rebond en bout rimé. Merci et bravo cher Flormed !

 

 

 

Hommage à Flormed

Ô Flormed mon ami, ta douceur est un songe
Que je pose à la brune au bord de l’encrier,
Où des mots de silence à force de crier
Arrachent tous les fils du tissu d’un mensonge…

Dans ce monde cruel à qui donc se fier ?
Quant à moi j’ai choisi dans les pleurs de ton âme
D’en croquer tous les fruits aux senteurs de cinname ;
Il m’en faut tant et tant pour mieux versifier !

Au jardin de ton cœur mon cafard se repose,
J’y trouve une sagesse en costume de rose
Qui caresse un amour et lui donne la main.

Reçois donc aujourd’hui le cadeau de ma plume
Car nous ne savons pas ce que sera demain,
Et tu verras ce soir mon espoir qui s’allume.

Annie

Notre lien, Annie, est un féerique songe
Dont le roseau, baisant en douceur l’encrier,
Éclaire le parcours des yeux aimant crier
Merveille, par amour des rimes sans mensonge.

Le jour où nos esprits avaient dû se fier
À Boileau, son bel Art fut l’élixir dont l’âme
S’enivra pour en faire à jamais son cinname,
Son exquis marasquin pour bien versifier !

Que notre inspirateur et guide, en paix, repose !
Je m’en vais, chaque soir, baigner, à l’eau de rose,
Sa luisante épitaphe, un encens à la main.

Grâce à lui, mon calame, allié de ta plume,
A pu forger des vers qui seront lus demain,
Par nos petits enfants. Que ton bougeoir s’allume  !

M.Z…

 

 

 

Le sonnet irrégulier : Automne en bord de Sèvre.

Merci à mon maître et ami, Flormed, pour cette superbe et magique mise en page !

Automne en bord de Sèvre

On ne voit plus danser les rochers de la Sèvre
Avec leurs nez pointus, ainsi que des dauphins
Tout heureux d’accueillir nymphes et séraphins
Quand l’étoile du soir apaise un peu la fièvre…

Désormais la rivière a recouvert son lit,
On entend bien plus fort la cascade qui gronde
Secouant le canot, la plume et puis la fronde,
Et chacun d’admirer l’adorable délit !

Dans ce bouillonnement les carpes sont aux anges,
Ne craignent le pêcheur ni le chant des mésanges,
Ayant déjà vécu toute une éternité !

Le chêne et le roseau désormais font trempette,
Et si l’on prend parfois la poudre d’escampette,
C’est pour laisser la place à ce décor hanté !

Annie