Archives pour la catégorie Poèmes

Le rondel : Pour concocter un fin rondel !

vendanges

Huile sur toile d’Yvette ma maman

En écho à  Annick !

Pour concocter un fin rondel !

Pour concocter un fin rondel,
Saisir une tranche de vie,
Et pour en attiser l’envie,
Ne pas en oublier le sel…

Remplir ses vers de l’hydromel,
La bonne rime en est ravie.
Pour concocter un fin rondel,
Saisir une tranche de vie.

En terminant ce doux cocktail,
La muse alors bien assouvie,
Voudra qu’à table l’on convie
Son adorable ménestrel,
Pour concocter un fin rondel !

Annie

Le sonnet espagnol : Au lit !

chambre

Au lit !

Qu’ils étaient bons tous ces dimanches,
Quand les enfants venaient au lit
Se blottir entre nos deux manches,
Poser leur cœur de pissenlit,

Pour le remplir en avalanches
Des chauds baisers de leur délit
Que commettaient nos deux « Comanches »
Prenant d’assaut notre châlit !

Parfois le chien pour la caresse
Venait aussi pointer son nez ;
Sur le plateau de la tendresse,

Nous devenions leurs mutinés,
Ils secouaient notre paresse
Se sachant déjà pardonnés !

Annie

 

Stances : Leçon de vie.

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Je te remercie de nouveau bien cher  Flormed pour la mise en valeur de ces stances !

Leçon de vie

Je me souviens d’un temps où j’étais si jeunette
Que je tenais le monde au creux de mon mouchoir,
Et comme l’oisillon du haut de son perchoir,
Je calquais mes progrès sur des sauts de rainette !

Le printemps de ma vie en sa naïveté,
Tricotait mon bonheur avec force tendresse
Tandis que je forgeais dans le nid de l’ivresse
Les rêves les plus fous pour une éternité !

Le courant de mes jours, en corne d’abondance,
Offrait mille trésors à mon désir gourmand :
Un vol de coccinelle, un pissenlit charmant,
Les mûres des talus dont je faisais bombance…

Quelques amis parfois venaient à la maison,
Avec d’autres bambins, j’appris l’obéissance
En voyant s’échapper la belle insouciance
Par une porte ouverte à l’âge de raison !

La hâte de grandir, à force d’être sage,
Fit que ce temps se mit à galoper soudain…
Ne sachant pas encor qu’il peut être gredin
Je surveillais plutôt le gonflant d’un corsage !

Lors de notre existence il faudrait un brouillon
Afin d’en effacer chaque chose futile,
Car lorsque l’on comprend que tout est volatile
Il est déjà trop tard, le cœur a son haillon !

Annie

La glose : Entre chats et nous !

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Merci cher Flormed pour cette sympathique mise en page de ma glose !

Les chats

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Charles Baudelaire

 

Entre chats et nous !

Mais à quoi bon trembler devant tous ces mystères
Qui jalonnent ma vie au gré de leurs humeurs !
Je garderai ma place entre les bons rimeurs,
Les amoureux fervents et les savants austères !

Quand le silence effraie un moment ma raison,
C’est que je n’entends plus chanter les hirondelles ;
Et pourtant je sais bien que les couples fidèles
Aiment également, dans leur mûre saison !

Qu’importe désormais ce modeste horizon,
Tant que nous sommes deux, partageons notre ivresse !
Écoutons ronronner sous une autre caresse,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison !

Adorables félins, voyageurs solitaires,
Ils comprennent sitôt que tout leur est permis,
Choisissent leur espace et même nos amis
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires !

Annie

Le carillon : Souvenirs en déroute.

gamins

Souvenirs en déroute

Je suis de nulle part, le souvenir s’efface,
J’ai tant pérégriné par les monts, par les vaux,
Je ne me souviens plus, que faut-il que je fasse
Pour dénouer le fil de tous ces écheveaux ?

Que sont donc devenus ces joyeux caniveaux
Où des gamins ravis faisaient voguer leur rêve ?
Étais-je à leur côté ? L’image bien trop brève
S’échappe à l’horizon tels galops de chevaux !

Lors, je ferme les yeux : – une cour, une élève,
Un sage tablier ; est-il rose, est-il bleu ? –
Qu’il est lourd le rideau d’un passé qui se lève
Avant de s’exclamer : « C’était bien toi parbleu ! »

Et cette ombre lointaine effrayante et difforme ?
A nouveau je la vois quitter son uniforme
Quand le matin venu souriait un marin…

Était-ce pour cela que chantonnait ma mère
Oubliant pour un temps que la vie est amère
Même si le soleil sentait le romarin ?

Que de pauvres chagrins ont parcouru ma route
A tel point qu’aujourd’hui tout cela me déroute !
Dois-je choisir l’oubli pour n’en cueillir qu’un brin ?

Annie

Le sonnet à échos : Transhumance

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Transhumance

Écoutez les bergers retournant au village,
Écoutez-les chanter ramenant le troupeau
Finir la transhumance et jouer du pipeau ;
Pour retrouver la plaine ont quitté le nuage.

Admirez la marée éternelle et sans âge
Des gentilles brebis au doux manteaux laineux,
-Effluves de senteurs des buissons épineux-
Pour retrouver la plaine ont quitté le nuage.

Pâtres de l’ancien temps et même davantage,
Après leur longue marche ils ont bien mérité
De se rendre à la fête en marge de l’été ;
Pour retrouver la plaine ont quitté le nuage.

Écoutez les bergers retournant au village,
Pour retrouver la plaine ont quitté le nuage.

Annie

Le sonnet français : Eclipse.

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Merci cher  Flormed  pour la mise en page de mon sonnet !

Eclipse

La nuit durant le jour, quel est ce phénomène ?
Se demandent sans doute et le chat et l’oiseau !
L’un s’envole du coup dans les bras d’un roseau
Quand l’autre à pas feutrés retourne à son domaine !

Ah que vive le monde où la science humaine
Sait mesurer le temps, la longueur d’un fuseau !
Si l’animal d’instinct camoufle son museau,
L’homme doit accepter que l’Univers le mène !

Lorsque l’astre d’argent éclipse l’astre d’or,
Chacun suspend son souffle aux ailes d’un condor
Dont l’ombre disparaît au plus fort de sa course…

Magique est cet instant pour celui qui sait voir,
Plus loin que son nombril, l’immatériel pouvoir
Qui le pousse à lever les yeux vers la Grande Ourse !

Annie

 

Le sonnet ïambique : Le silence des fleurs.

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Le silence des fleurs

Je préfère conter les fleurs et leur silence
Plutôt que l’être humain
Quand il brasse de l’air avec cette insolence
D’indigne vieux gamin !

J’en cueille la beauté que leur tige balance
Pour me tendre la main,
C’est ma façon de fuir le laid, la violence
Qui croisent mon chemin.

Pardonnez quelques pleurs face au dernier pétale
D’une rose en chiffon ;
Elle avait oublié, l’innocente vestale,

Le nuage griffon,
Le puceron gourmand d’une beauté fatale
Et ce monde bouffon !

Annie

Le sonnet à clausules : Les moineaux du matin.

 

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Merci cher Flormed  pour nous avoir fait connaître cette forme de sonnet et merci pour la mise en page de mon poème !

Les moineaux du matin

Les moineaux du matin, dessous la verte branche,
Frétillent de plaisir, se gavent de bonheur ;
De ce tableau vivant je me fais moissonneur,
J’en croque chaque jour une nouvelle tranche !

Mon rêve omniprésent, derrière eux se retranche ;
Comment ne pas sourire à ce camp butineur ?
Vermisseaux, brins de paille et qu’importe l’honneur !
Car avides de tout, ont la gaîté bien franche,
Les moineaux du matin !

Une bagarre éclate entre deux chenapans,
Là je dois avouer que mes pauvres tympans
N’étaient pas encor prêts pour la feinte querelle !

Aussi malins que vifs, ils sont déjà partis…
Je vois à mon bosquet couvert de plumetis
Que demain reviendront mimer la chanterelle,
Les moineaux du matin !

Annie

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