Archives pour la catégorie Poèmes

Balade à Madère, suite…

Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,

Et puis est retourné plein d’usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Joachim du Bellay

Glose à partir du quatrain de Joachim du Bellay, suite…

Obliger l’habitude à quitter sa prison

Tel ce grand voyageur affrétant son navire,

Qui s’enfuit jusqu’à Rome alimenter sa lyre

Et puis est retourné plein d’usage et raison…

Balade à Madère, suite…

Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,

Et puis est retourné plein d’usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Joachim du Bellay

Glose à partir du quatrain de Joachim du Bellay, suite…

Il est bon quelquefois de changer d’horizon,

D’adopter d’un ailleurs la nouvelle coutume,

Endossant d’un ami le curieux costume

Ou comme celui-là qui conquit la toison,

Annie

Merci à Marie pour m’avoir donné le nom de cette superbe fleur : L’Érythrine « crête de coq »

Promenade à Madère…

Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,

Et puis est retourné plein d’usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Joachim Du Bellay

Glose premier quatrain

Ah combien j’aimerais quitter mon paysage

Oublier quelque temps ce jardin larmoyant,

M’échapper en contrée où rit le flamboyant ;

Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage !

Annie

Le sonnet polaire : Le parfum

Le parfum

Je vis dans les jardins que l’air des fleurs embaume.
Je peux être léger, profond, même intrigant,
Et l’on me trouve aussi, délicieux arôme,
Parmi le romarin, le thym et l’origan.

Ne pouvant me saisir lorsque je m’évapore
De la rose d’un jour et de son moindre pore,
L’on m’habille de verre et d’un joli chapeau.

Je suis si précieux qu’à la fête des mères
C’est moi que l’on choisit pour gloires éphémères
En me posant alors sur le grain d’une peau.

Tellement convoité, l’on tombe sous mon charme
Lorsqu’un habile nez respirant mon jasmin,
Offre galanterie en un doux baisemain.
Oui, je suis le parfum, j’envoûte et je désarme !

Annie

Le sonnet ïambique : Mal-être.

Mal-être

Un phénomène étrange assaille ma raison,
Le ciel peut-il m’entendre ?
Je guette alors un signe en haut de l’horizon,
Je suis lasse d’attendre…

J’espère chaque jour que s’ouvre la prison
Où vit le scolopendre.
Sans doute ai-je fauté, mensonge ou trahison ?
Mais je ne suis Cassandre !

Que puis-je faire enfin pour enrayer ce mal,
Invisible mais traître,
Qui ne me lâche pas ainsi qu’un animal ?

Que ne suis-je son maître,
J’ effacerais sitôt ce faux air hiémal,
Afin de mieux renaître !

Annie

Le sonnet français : Le champ aux pâquerettes.

Aquarelle de mon amie Marie-Luce 

Le champ aux pâquerettes

Oh, dis ! T’en souviens-tu du champ de pâquerettes
Où des moutons laineux broutaient les boutons-d’or ?
Le temps filait son temps avec un rouet d’or
D’où volaient à foison des notes guillerettes.

La nature en éveil appelait ses fleurettes
Pour les poser tout doux sur un nouveau décor,
Tandis que le soleil en haut d’un mirador
Taquinait de son dard les premières aigrettes.

S’échappaient des frissons, des talus, bourgeonnant,
Laissant s’évaporer un mélange étonnant
De senteurs de sous-bois, de parfums d’églantine.

Mais oui, tu t’en souviens ! C’est écrit sur l’oiseau,
L’aile du papillon, l’abeille qui butine
Et bercé par le vent dans le chant du roseau…

Annie

Le sonnet marotique : La chasse est ouverte…

La chasse est ouverte…

Les cloches ont sonné loin de la capitale,
Et l’on oublie un peu le tumulte et les cris
Pour suivre les gamins qui lancent des paris,
Quand c’est la chasse aux œufs, la lenteur est fatale !

Quelques lapins farceurs, cachés sous un pétale,
Pour le petit dernier, n’auront jamais de prix !
Ô le doux souvenir faisant naître le ris
De l’adulte garant de fibre parentale !

Plutôt que de combattre, à tort et à travers,
Tous ces moulins à vent qui troublent l’univers,
Éduquons dans l’amour notre progéniture !

Je ne peux que haïr les exemples malsains
De ces fauteurs de trouble aux cyniques desseins,
Dont la stupidité fait honte à la nature !

Annie

Le sonnet français : Un an déjà…

Un grand merci  Maria  pour cette mise en page de mon sonnet !

Un an déjà…

Je tends à oublier que sous l’herbe folâtre,
La flamme d’un amour poursuit un long chemin
Pour atteindre un Éden, où la rose carmin,
Peut côtoyer sans crainte un lilas violâtre.

Il suffit qu’une fleur attise à nouveau l’âtre,
Et ranime le feu qui couvait sous l’ormin,
Le souvenir du coup déroule un parchemin
En y couchant l’espoir que mon âme idolâtre…

Dans ce coin de verdure, il dort mon animal,
Dont le petit berceau, pour enrayer le mal,
S’est recouvert de mousse et de bruyère rose.

Mais c’est la giroflée, au parfum si charmant,
Qui de par sa couleur a réveillé ma prose
Pour un nouvel hommage au petit cœur dormant…

Annie

Le Rondel : Notre Dame de Paris.

Notre Dame de Paris

Elle était belle Notre Dame
Avec son long et fier chapeau !
Il a suffi d’un seul copeau
Pour porter atteinte à son âme.

En visitant Paris Paname
On se fondait dans son troupeau.
Elle était belle Notre Dame
Avec son long et fier chapeau !

Cette fois-ci c’est une flamme
Qui voulut lui lécher la peau.
Suffira-t-il cet oripeau
Pour qu’à nouveau chacun la clame ?
Elle était belle Notre Dame !

Annie

Le sonnet français : Face à la page blanche.

BLOG EN PAUSE

Face à la page blanche…

Je suis tel un gamin qui gomme son brouillon
Ne pouvant aligner sur la feuille trop blanche
Un chapelet de mots en robe de dimanche
Et qui finalement se retrouve souillon…

Mon Éloquence, enfin, ôte-moi ce bâillon !
Je demande si peu, sans parler d’avalanche,
Juste un simple refrain pour flatter ma pervenche ;
Je la vois qui déjà fait appel au grillon !

Si l’inspiration fut parfois très fertile,
La voilà désormais qui se sent inutile !
La larme en s’écoulant aggrave encor le cas…

Remplir mon encrier de gouttes d’amertume
Ne ferait qu’empirer ce pénible tracas ;
Eh bien puisqu’il le faut, repose-toi ma plume !

Annie