Archives pour la catégorie Poèmes

La moyenne bergerette : La passion des papillons.

La passion des papillons

C’est la saison des papillons.
Les blancs, les jaunes et les beiges,
Devant mes yeux, tendres arpèges,
Font défiler leurs bataillons.

Parfois l’un deux un court instant
Vient refermer son éventail,
La clochette de mon portail
Retient son souffle et son battant.

C’est la saison des papillons.
Les blancs, les jaunes et les beiges,
Devant mes yeux, tendres arpèges,
Font défiler leurs bataillons.

Que j’aime voir en tourbillons
Danser leurs ailes sortilèges
Que je retiens dans tous les pièges
De mon filet à passions.

C’est la saison des papillons.
Les blancs, les jaunes et les beiges,
Devant mes yeux, tendres arpèges,
Font défiler leurs bataillons.

Annie

Le sonnet sur deux rimes : Tristes moutons !

Tristes moutons !

L’homme n’est-il donc né que pour être un mouton ?
Écoutez-le gémir lorsqu’un ballon le roule !
Un but pour l’autre camp et son monde s’écroule
Son dieu n’est plus son dieu quand rouge est le carton !

Pour occuper le peuple il suffit d’un bâton
Au bout, une carotte, afin qu’il se défoule ;
Pour cela rien de tel qu’un autre marathon, 
Oubliés les malheurs couverts d’une cagoule !

Les bergers de nos jours savent hausser le ton
Et le troupeau les suit en se coulant au moule,
Le romantisme meurt, la terre perd la boule …

C’est dans beaucoup de bruit qu’on gagne son croûton,
Car chacun tire à soi sa part au gueuleton,
Du coup l’on n’entend plus l’affamé dans la foule …

Annie

Le sonnet irrationnel : J’aurais tant voulu…

J’aurais tant voulu…

J’ai prêté mon regard à tes yeux endormis
Espérant que d’en haut, cela te soit permis,
Parmi les spectateurs, d’asseoir un peu ton âme…

Cette petite fille, oh, la vois-tu danser,

Interpréter Chimène et manier la lame
Contre de faux bandits, en gestes gracieux
A tel point qu’une étoile a déserté les cieux
Pour voler au public la braise d’une flamme ?

Je veux que ce soit toi qui la fasses danser,

Que ton ombre s’invite en la voyant valser
Taper fort des talons en robe de gitane
Afin qu’un flamenco puisse enfin commencer !
C’est là que doucement, tu pourrais t’éclipser

Pour déposer l’amour au cœur d’une sultane…

Annie

Le sonnet marotique : Après le foot, la femme !

Après le foot, la femme !

Quand le monde se meut autour d’un grand sujet
Ne s’agit-il de foot, dont la ligne de mire
Le classe en tout premier, tandis que l’on admire
La force masculine en son habile jet ?

Si je place en second celle qui fait l’objet
De l’œil concupiscent lorgnant son cachemire
C’est que l’expérience en matière de myrrhe
M’autorise à sourire en rognant mon budget !

« La femme est un trésor que l’homme ne conteste
Mais pourquoi faut-il donc que le manant la teste ? »
Avais-je écrit un jour à l’ancre de mon cœur… *

A lire du Ronsard, j’ai l’âme bien naïve ;
Car pour les jeux pervers je demeure rétive
Et je bois de l’amour dans un verre à liqueur !

Annie

* Je fais référence à mon premier recueil « A l’ancre de mon cœur »

Le sonnet français : En pays de Guyenne.

En pays de Guyenne

J’aimais sur les chemins partir à l’aventure
Au pays de la pêche et du melon doré
Par un soleil si fort qu’il était adoré
Des gourmands de fruits chauds qu’on met en confiture !

Mon chien sur les talons – surtout pas de voiture ! – 
Je goûtais chaque instant, dans ce lieu chamarré
De vibrantes couleurs, sous un ciel chaviré
De n’avoir que du bleu pour offrir en pâture !

Face à mes yeux ravis, dansaient mille frissons,
Que la saison d’été réservait aux buissons
Craquant de leur plaisir d’abriter les prunelles.

Quand le soir se posait sur le lointain coteau,
Je demeurais longtemps à l’ombre des tonnelles :
J’attendais mon dessert servi sur un plateau !

Annie

Le sonnet layé : L’été.

Huile sur toile d’Yvette ma maman

L’été

Dans les champs de blé mûr l’été tire la longe

D’un ciel d’or et d’argent

Qui caracole un peu, permettant que s’allonge

La nuit de la Saint-Jean.

 

Les flonflons de juillet ont goût de pêches blanches,

L’enfant danse la liberté,

Chaque jour maintenant ressemble à des dimanches,

Voyez comme il se sent gâté !

 

Et ce mois qui transpire aux saveurs de paresse,

Très fier de nous offrir sa brûlante caresse,

En devient majesté.

 

Le raisin et la prune attendent la récolte,

Septembre en sa moiteur demeure désinvolte

Et termine l’été !

Annie

 

 

Quelques diplômes de nouveau !

A la suite des résultats du 50 ème concours international des ARTS et Lettres de France, j’ai eu la chance d’obtenir un premier prix du pantoum  pour « Mes richesses » ainsi qu’un troisième pour le sonnet pour : « Les rochers des pénitents » !

 

 

Mes richesses

Je n’aime plus les cathédrales
Elles sont faites pour les rois !
Le vent préfère les chorales
Au pied des plus modestes croix.

Elles sont faites pour les rois
Toutes les richesses du monde ;
Au pied des plus modestes croix
On voit de l’or couler dans l’onde.

Toutes les richesses du monde
Je les récolte pas à pas ;
On voit de l’or couler dans l’onde,
L’azur a de si beaux appas !

Je les récolte pas à pas
Les diamants de ma fortune !
L’azur a de si beaux appas :
– Reflets d’argent ou clair de lune ! –

Les diamants de ma fortune 
Je les devine au fil des eaux !
Reflets d’argent ou clair de lune,
Cueillez la paix dans les roseaux !

Je les devine au fil des eaux
Chantres des bois et pastourelles…
Cueillez la paix dans les roseaux
Chantez, dansez, les tourterelles !

Chantres des bois et pastourelles
Brillent au cœur de tes doux yeux.
Chantez, dansez, les tourterelles
Quand mon regard chérit les cieux !

Brillent au cœur de tes doux yeux
Mes rêves d’amours pastorales,
Quand mon regard chérit les cieux,
Je n’aime plus les cathédrales !

Annie

 

Les rochers des Pénitents

Comme des chevaliers sans arme ni monture,
S’ils guettent l’horizon ces muets repentants,
Ils attirent toujours, en dignes pénitents,
Le touriste ébahi par leur architecture.

On ne peut résister à la riche capture
De cet endroit magique aux contours déroutants
Dont on voudrait saisir les signes envoûtants
Que dessine sans bruit la divine nature…

A leurs pieds, le village, offre sur son plateau
Des rues en enfilade et tout l’or du coteau
Qui, fort de sa promesse, attise les cigales.

Sous un dais de poudingue on peut voir Saint Quentin,
Priant qu’un Marseillais ne lorgne ses sandales ;
Car c’est dans le pastis que naît le baratin !

Annie

Pour ce premier prix, les Éditions Flammes vives m’ont également décerné ce livre : « A Paris dans les pas des poètes » de Patrick Picornot.

 

Le rondinet : Mes roses.

 

 

 Blog en pause

Mes roses

Mes roses en jupon
Pour un parfum unique
Ont froissé leur tunique ;
A moins qu’un vent fripon
Ait créé la panique
Pour en faire un pompon ?
Mes roses…

Aimant la botanique
Et le papier crépon,
J’ai cueilli leur poupon
Qui me faisait la nique !
Mes roses…

Annie

Le Carillon : Dans le monde des songes.

Dans le monde des songes

L’on s’endort chaque soir dans les bras d’une fée
En gaspillant le temps qui nous est imparti ;
Mais comment refuser l’invite de Morphée
Quand le corps est heureux de s’être assujetti ?

Tandis que la raison, dans un songe blotti,
Se laisse transporter par toute une cohorte
D’étranges messagers se pressant à la porte
De notre inconscient qui joue à l’abruti !

Le passé, le présent, voguent sur la mer morte
De nos anciens désirs enfin ressuscités ;
Pendant que nous dormons c’est l’âme qui les porte
Pour les conduire au port, -curieux invités !-

C’est ainsi que parfois au cœur d’une clairière
L’on voit le souvenir pousser la barrière
Pour danser avec nous sur un air bruineux.

Arrivent en renfort un flot de personnages,
Oh les drôles acteurs démontant les rouages
D’un bon ordre établi par un jour lumineux !

Le rêve a ses raisons qui ne sont pas les nôtres,
Faisant venir l’orage il nous envoie aux peautres
Et c’est le cauchemar qui s’amène haineux !

Annie

Le sonnet à kyrielle de Marlène : Des mercis en kyrielle.

 

Voici un sonnet à kyrielle que m’a dédié ma chère amie Marlène nous prouvant à nouveau son grand talent de poétesse du cœur. Merci  Marlène !

 

Des mercis en kyrielle


J’ai reçu d’une amie en contemplant la toile
Sur un sonnet en fleurs un hommage charmant
Depuis je suis ailleurs, ses vers me désarmant,
Mon cœur en fusion coule l’or d’une étoile

Afin de foudroyer la noirceur qui m’entoile

Quand la valse des jours prend un tour alarmant.
Contre la déraison toujours se gendarmant,
Mon cœur en fusion coule l’or d’une étoile,

De mèches de bonheur me fait une toison

Pour belliqueusement me soustraire au poison.
Mon cœur en fusion coule l’or d’une étoile

Filante, en des cieux lourds d’aberrations,

Mais certain de combler mes aspirations
Mon cœur en fusion coule l’or d’une étoile.

Marl’Aime, Poèmes de ma Vie – Sonnet à kyrielle 22/05/2018