Archives pour la catégorie Sonnets et beaux vers

Le rondinet : Mes roses.

 

 

 Blog en pause

Mes roses

Mes roses en jupon
Pour un parfum unique
Ont froissé leur tunique ;
A moins qu’un vent fripon
Ait créé la panique
Pour en faire un pompon ?
Mes roses…

Aimant la botanique
Et le papier crépon,
J’ai cueilli leur poupon
Qui me faisait la nique !
Mes roses…

Annie

Le Carillon : Dans le monde des songes.

Dans le monde des songes

L’on s’endort chaque soir dans les bras d’une fée
En gaspillant le temps qui nous est imparti ;
Mais comment refuser l’invite de Morphée
Quand le corps est heureux de s’être assujetti ?

Tandis que la raison, dans un songe blotti,
Se laisse transporter par toute une cohorte
D’étranges messagers se pressant à la porte
De notre inconscient qui joue à l’abruti !

Le passé, le présent, voguent sur la mer morte
De nos anciens désirs enfin ressuscités ;
Pendant que nous dormons c’est l’âme qui les porte
Pour les conduire au port, -curieux invités !-

C’est ainsi que parfois au cœur d’une clairière
L’on voit le souvenir pousser la barrière
Pour danser avec nous sur un air bruineux.

Arrivent en renfort un flot de personnages,
Oh les drôles acteurs démontant les rouages
D’un bon ordre établi par un jour lumineux !

Le rêve a ses raisons qui ne sont pas les nôtres,
Faisant venir l’orage il nous envoie aux peautres
Et c’est le cauchemar qui s’amène haineux !

Annie

Le sonnet à kyrielle de Marlène : Des mercis en kyrielle.

 

Voici un sonnet à kyrielle que m’a dédié ma chère amie Marlène nous prouvant à nouveau son grand talent de poétesse du cœur. Merci  Marlène !

 

Des mercis en kyrielle


J’ai reçu d’une amie en contemplant la toile
Sur un sonnet en fleurs un hommage charmant
Depuis je suis ailleurs, ses vers me désarmant,
Mon cœur en fusion coule l’or d’une étoile

Afin de foudroyer la noirceur qui m’entoile

Quand la valse des jours prend un tour alarmant.
Contre la déraison toujours se gendarmant,
Mon cœur en fusion coule l’or d’une étoile,

De mèches de bonheur me fait une toison

Pour belliqueusement me soustraire au poison.
Mon cœur en fusion coule l’or d’une étoile

Filante, en des cieux lourds d’aberrations,

Mais certain de combler mes aspirations
Mon cœur en fusion coule l’or d’une étoile.

Marl’Aime, Poèmes de ma Vie – Sonnet à kyrielle 22/05/2018

La glose : Dans le petit matin.

Un GRAND MERCI à mon amie Marie pour cette sublime photo de l’une de ses roses !

Glose d’après les quatre vers de Ronsard, « Amours de Marie », 1556

« Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa belle couleur,
Quand l’aube, de ses pleurs, au point du jour l’arrose ; »

Dans le petit matin

Dans le petit matin, à l’heure où tout repose,
Au travers du rideau, je guette, ensorceleur,
Un œil de chérubin qui m’offre sa chaleur
Comme on voit sur la branche, au mois de mai, la rose.

J’imagine un instant quelque lutin voleur
Qui marche en tapinois, frôlant ma maison rose ;
Il a dans mon jardin cueilli la primerose
En sa belle jeunesse, en sa première fleur !…

L’hortensia bleuté réveille sa pâleur,
Recoiffe ses chignons, secoue une ankylose
Faisant appel à Râ pour en apothéose
Rendre le ciel jaloux de sa belle couleur !

Et voilà que soudain tout renaît, tout explose !
L’oiseau quitte son nid, habile beau parleur,
Siffle le dahlia qui se fait enjôleur
Quand l’aube, de ses pleurs, au point du jour l’arrose !

Annie

Le sonnet français : Au bal du gai printemps.

Je dédie ce sonnet printanier à ma très chère amie Marlène car son bon cœur le mérite !

 

Au bal du gai printemps

Dans les champs de colza le soleil fait naufrage
Après avoir poudré les fleurs de mille tons :
Du bleu pour la pervenche et du jaune aux chatons ;
Chaque jour il reprend le fil de son ouvrage !

Primevères, coucous, acclament leur dorage,
L’élégante clochette ajuste ses boutons,
La marguerite offerte au regard des moutons
Enneige les prés verts d’un délicat mirage.

Accoudée au vieux mur, la glycine en panache,
Compagne d’un lilas, tel un vin de grenache,
Enivre la nature au bal du gai printemps.

Discret myosotis, au pied d’une églantine,
Applaudit en silence aux magiques instants
Quand la rose en bouton se montre un peu mutine !

Annie


Le sonnet à kirielle : A toi Caly mon adorable chien.

 

Pour toi Caly mon adorable chien

J’avais pris rendez-vous pour ton dernier voyage,
Car je ne savais pas que sous ton beau manteau
Ton petit cœur fragile allait subir l’étau
D’un malheureux destin ratant son aiguillage…

Mais hélas aujourd’hui je vis dans le sillage
De ton chaud souvenir entre enclume et marteau,
Tels ces pauvres damnés que l’on cloue au poteau
D’un malheureux destin ratant son aiguillage…

Ô mon doux animal, si gentil, si mignon !
Te voilà devenu le triste compagnon
D’un malheureux destin ratant son aiguillage…

Comment me résigner à ce cruel trépas ?
Chaque matin j’entends les nouveaux bruits de pas
D’un malheureux destin ratant son aiguillage…

Annie

Le sonnet à échos : Au bois de notre amour.

Blog en pause

Au bois de notre amour

Nous n’irons plus au bois traquer les herbes folles,
Les lilas sont coupés depuis trop de printemps,
N’y poussent aujourd’hui que les fleurs des instants
Dont l’envoûtant parfum enivre les corolles…

Tant que s’envoleront quelques notes frivoles
De nos pensers d’hier à l’automne accrochés,
Nos deux cœurs goûteront de plus sages péchés
Dont l’envoûtant parfum enivre les corolles…

Et quand viendra le temps des tranquilles paroles,
Nous resterons tous deux blottis dans notre amour,
Pour valser sur un rêve et cultiver l’humour 
Dont l’envoûtant parfum enivre les corolles !

Nous n’irons plus au bois traquer les herbes folles
Dont l’envoûtant parfum enivre les corolles…

Annie

Le pantoum : Cœur de printemps.

A Flormed

Cœur de printemps

Mon cœur a laissé sa tourelle
Pour le printemps est-il fin prêt ?
Oyez chanter la tourterelle,
Le doux pinson si guilleret !

Pour le printemps est-il fin prêt,
Le souvenir qui se déhanche ?
Le doux pinson si guilleret
A rendez-vous dessus la branche !

Le souvenir qui se déhanche
Déroule un bien vieux parchemin !
A rendez-vous dessus la branche
Le jour avec son lendemain.

Déroule un bien vieux parchemin
Ma triste rime vagabonde…
Le jour avec son lendemain
Ont décidé d’ouvrir la bonde !

Ma triste rime vagabonde
Cherche sa voie au fil des eaux ;
Ont décidé d’ouvrir la bonde,
Reflets de saule et de roseaux !

Cherche sa voie au fil des eaux
Un long chapelet de tendresse ;
Reflets de saule et de roseaux
Buvez, buvez jusqu’à l’ivresse !

Un long chapelet de tendresse
Finira-t-il pas s’échapper ?
Buvez, buvez jusqu’à l’ivresse,
Le temps se plaît à galoper !

Finira-t-il par s’échapper
Ce troubadour qui m’ensorcelle ?
Vite il me faut le rattraper,
Mon cœur a laissé sa tourelle !

Annie

Le sonnet élisabéthain : La légende de l’anémone.


La légende de l’anémone

Que ne raconte-t-on de ce qui fut naguère !
C’est ainsi qu’Adonis tellement convoité
Dut partager son cœur en toute impunité ;
Car même chez les dieux l’amour mène à la guerre…

Deux princesses en plus pour un si bel amant !
Voilà comment naquit la terrible querelle
Quand Aphrodite, hélas, en le gardant pour elle
Défia Perséphone et son acharnement.

On peut être déesse et non pas moins démone
Pour contrer la vengeance il n’est de bouclier ;
Adonis succomba devant un sanglier

D’une goutte de sang jaillit une anémone…
Une larme de femme et le miracle eut lieu ;
Aphrodite et sa fleur signèrent le non-lieu !

Annie


Le sonnet français : Avril.

Avril

Le printemps bat son plein, oyez les herbes folles,
Le bourgeon qui s’éclate et les merles siffleurs…
Voyez de-ci, de-là, jaillir mille couleurs
Mariant l’harmonie au parfum des corolles !

L’amour est dans les prés, les talus, les gondoles
Qu’elles soient à Venise ou sur les rus charmeurs
Qui baignent les reflets de leurs saules pleureurs,
Libérant en courant des notes plus frivoles.

La nature est en fête, appelle le pinson,
Le coucou qui s’amuse à cacher sa chanson
Et le pigeon ramier tout fier de sa faconde !

L’hirondelle bientôt rebâtira son nid
Mêlant son savoir-faire à la terre féconde
Car c’est au mois de mai que le ciel nous bénit !

Annie