Archives pour la catégorie Sonnets et beaux vers

Le sonnet curtal : Vendée, terre d’emprunt.

Stitched Panorama

 

Merci cher  Flormed  pour cette mise en page de mon sonnet curtal !

Vendée, terre d’emprunt

Ô terre de lumière et de genêts en fleurs !
Pour m’avoir apporté le couvert et le gîte,
Je me dois aujourd’hui d’honorer vos valeurs.

J’avais choisi le rose entre mille couleurs
Afin d’en oublier ce monde qui s’agite,
Et préféré le mien pour y sécher mes pleurs.

Vous avez tant souffert de guerres inutiles,
Qu’orpheline de cœur, loin des plaintes futiles,
J’ai béni votre sceau.

Mais cependant jamais vous ne serez ma mère ;
Celle qui m’a nourrie à force d’être amère
Me rappelle au berceau…

Annie

Le sonnet français : C’est toi que je choisis !

sevre

Merci  Flormed d’avoir posé ce poème sur ma photo !

 

C’est toi que je choisis !

J’ai le cœur qui grelotte et l’âme en bandoulière,
Je ne sais plus vraiment où reposer les yeux
Ce petit coin d’Armor, berceau de mes aïeux,
Je l’ai si peu connu qu’il dort dans ma prière…

Au pays des santons, ma rime coutumière,
Cueille le lavandin pour son parfum soyeux,
Le pimpant mimosa, se voulant si joyeux,
Qu’on aime à comparer son or à la lumière !

Il est un lieu charmant que je regrette aussi,
On y cuit le pruneau quand il a bien grossi,
C’est l’immense verger qu’arrose la Garonne.

Désormais je me dois d’accepter mon destin ;
Je finirai mes jours où le genêt fleuronne,
Entre Sèvre Nantaise et toi, mon Valentin !

Annie

La grande doublette : Symphonie au jardin.

 

tourterelle

Symphonie au jardin

Toute une symphonie anime mon jardin :
Dans son habit charbon, siffle d’un air badin
Le merle qui se prend pour un vrai chef d’orchestre,

Roucoulent les pigeons, s’égosille le coq
S’essayant à mimer l’étrangeté d’un Rokh,
Lui qui du poulailler n’est que le vaguemestre !

Voici Dame la pie en superbe veston
Clamant au noir corbeau qu’il doit baisser d’un ton
Afin qu’un doux zéphyr pousse sa chansonnette !

Pleupleute le pivert sur le tambour du bois,
Tandis que le coucou perché sur le hautbois
Taquine le grand geai, jouant le malhonnête !

Les moineaux sur le puits un brin malicieux,
Ignorent un silence, avant qu’harmonieux,
Sur sa branche Pinson, se pose et puis fringotte.

Se joignent au concert les mésanges aussi,
Zinzinulent en chœur pour accorder leur si,
Avec la tourterelle en grise redingote.

Dans le ciel l’hirondelle laisse fuser son cri,
Caressant un nuage encor tout attendri
Que la belle ait choisi sa douce cotonnade…

L’alouette en plein vol lance son tireli
Avant qu’un rossignol en sonnant l’hallali
Clôture enfin le jour avec sa sérénade….

Annie

Le sonnet français : Les Rochers des Pénitents.

Le village des Mées doit sa renommée aux étranges rochers qui se dressent en haut de la commune.
On les a appelés les Pénitents en raison de leur silhouette très caractéristique rappelant des moines à cagoule.

D’après la légende, ils représentent les moines de la Montagne de Lure pétrifiés par Saint Donat au temps des invasions sarrazines car ils s’étaient épris de belles jeunes femmes Mauresques ramenées d’une croisade par un seigneur.

A l’époque médiévale, la ville était encore fermée par un rempart dont on ne voit plus que des vestiges, les portes St-Christol, Baudouine, et Bertrand de Bras.

La commune des Mées est réputée pour sa culture d’huile d’olive récompensée plusieurs fois pour sa haute qualité.

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A vous de deviner ce qui fait l’originalité de cette photo !

 

Les rochers des Pénitents

Comme des chevaliers sans arme ni monture,
S’ils guettent l’horizon ces muets repentants,
Ils attirent toujours, en dignes pénitents,
Le touriste ébahi par leur architecture.

On ne peut résister à la riche capture
De cet endroit magique aux contours déroutants
Dont on voudrait saisir les signes envoûtants
Que dessine sans bruit la divine nature…

A leurs pieds, le village, offre sur son plateau
Des rus en enfilade et tout l’or du coteau
Qui, fort de sa promesse, attise les cigales.

Sous un dais de poudingue on peut voir Saint Quentin,
Priant qu’un Marseillais ne lorgne ses sandales ;
Car c’est dans le pastis que naît le baratin !

Annie

 

La Villanelle : Le printemps des marguerites.

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Le printemps des marguerites


C’est le printemps des marguerites,
Modestes fleurs des lendemains ;
On les effeuille pour les rites !

Sortez vos cœurs de leurs guérites,
Vos plumes et vos parchemins !
C’est le printemps des marguerites !

Ô doux zéphyr tu les effrites !
Contente-toi des baisemains,
On les effeuille pour les rites !

Combien j’aimais mes favorites
Quand je courais sur les chemins !
C’est le printemps des marguerites !

Peu leur importent leurs mérites,
Elles attirent les gamins ;
On les effeuille pour les rites !

Afin qu’elles ne soient contrites,
Cueillez, cueillez frères germains !
C’est le printemps des marguerites ;
On les effeuille pour les rites !

Annie

Le Zégel : Découragement.

 

 

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Découragement

Quand Découragement vous colle à la semelle,
Vous avez beau gratter la poisse qui s’en mêle,
Rien ne peut séparer sa terrible jumelle
Que vous allez traîner du matin jusqu’au soir…

Il est des jours ainsi qui vous font lâcher prise,
Vous avez tant donné pour éviter la crise
Que même le chagrin vous montre sa traîtrise
En empêchant le pleur de quitter l’encensoir…

Vous aimeriez entrer dans un rêve qui flotte,
Vous recroqueviller ainsi qu’une hulotte
Qui sommeille le jour sous un ciel qui sanglote
Essuyant le refus d’une offre d’ostensoir.

Alors fermant les yeux, vous bercez votre peine,
Espérant qu’un demain vous ouvrira le pêne
Pour laisser s’envoler, de l’espoir, une empenne
En posant sur la toile un brillant repoussoir…

Annie

La Villanelle : Ma tourterelle ?

 

 

BLOG EN PAUSE

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Merci à mon amie Maria pour sa très gentille mise en page de ma villanelle, et de ma tourterelle qui nichait dans mon ancien jardin !

Ma tourterelle ?

J’ai cru voir ma tourterelle
Dans le haut d’un vieux sapin !
Ah ! pourvu que ce soit elle !

J’aimais tant la ritournelle
Qu’elle m’offrait au matin…
J’ai cru voir ma tourterelle !

Pour faire une villanelle
Il me faudrait son refrain,
Ah ! pourvu que ce soit elle !

Serait-elle si fidèle
Qu’elle ait changé de lopin ?
J’ai cru voir ma tourterelle !

Je l’attends ma toute belle
Comme on guette du bon pain…
Ah ! pourvu que ce soit elle !

Quelle est donc cette étincelle
Dans les yeux de mon lupin ?
J’ai cru voir ma tourterelle !
Ah ! pourvu que ce soit elle !

Annie

Le sonnet à Kirielle : Curieuse politique !

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Aquarelle de mon amie  Marie-Luce

Curieuse politique !

Tandis que nous grognons contre la politique
Les genêts des talus laissent couler de l’or,
Leur générosité n’est pas diplomatique
Ne craignant de montrer tout l’envers d’un décor !

La marguerite accourt en ce lieu fantastique
Où rient la pâquerette et le gai bouton-d’or ;
Chacun trouve sa place en respectant l’éthique,
Ne craignant de montrer tout l’envers d’un décor !

Les ajoncs généreux ont déversé leur bourse
Et dorment maintenant couchés sur leur ressource,
Ne craignant de montrer tout l’envers d’un décor !

Comme il faut bien aussi qu’un peu le monde bouge,
Gentil Coquelicot veut « voir la vie en rouge »
Ne craignant de montrer tout l’envers d’un décor !

Annie

Le sonnet espagnol : Aurélie

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Cette photo est de mon ami photographe Gérard Méry

Aurélie

Comme une fleur à peine éclose
Marchant sur le seuil d’un printemps,
Elle était ma nièce et ma rose,
Prête à braver tous les autans.

Son souvenir mon cœur arrose
Avec les pleurs des frais étangs,
Quand se baigne encor la névrose
Des tristes pas des pénitents.

Combien nous manquent, demoiselle,
Tes dix-sept ans sans lendemain
Fauchés comme un brin de touselle

Sur les revers d’un noir chemin ;
Où donc es-tu notre gazelle ?
Vers toi toujours l’on tend la main…

Annie

Le Mouwacha : Il est revenu !

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Il est revenu !

Il est revenu le temps du lézard
Courant sous la pierre où rêve ma rose
Et lorsqu’il est là, ce n’est par hasard,
C’est que le beau temps sourit à ma prose .

Il est revenu le merle siffleur,
N’a pas oublié que ma main fut tendre
Quand l’hiver cinglant causa sa douleur
Et lors mon doux cœur avait su l’entendre.
Heureux maintenant, il guette la fleur
De mon cerisier qui sur la filandre
Aligne ses fruits pour ce racoleur,
Riant désormais de ma fausse esclandre !

Il est revenu mon bel « Alcazar »
Couvert de bouquets que l’accent arrose,
Celui du pays d’un brave César
Encore accroché dans mon laurier rose.

Il est revenu, d’or est sa couleur,
Ce soleil brûlant qui se fit attendre
Afin que ma peau quitte sa pâleur.
Bientôt je serai folle salamandre !

Annie