Archives pour la catégorie Sonnets et beaux vers

Le sonnet marotique : Indicible colère.

 

Merci à mon amie de plume Maria pour sa mise en page !

Indicible colère

Quarante ans de silence et voilà que soudain,
Le peuple dans la rue explose de colère
Contre nos dirigeants au pouvoir séculaire
Qui semblent oublier les enfants de Verdun !

Rien ne manquait pourtant dans notre beau jardin,
Si ce n’est quelquefois un trop petit salaire,
Mais chacun de savoir que pour moins de galère,
Rien ne sert d’imiter notre monsieur Jourdain !

Un trop plein d’injustice attise un feu de paille
Qui bien loin de calmer un désir de ripaille
Réveille le volcan d’une France aux abois…

Chaque fin de semaine aggrave la discorde,
Et tandis que certains pensent miséricorde,
Une meute de loups quitte aussi les grands bois !

Annie

Le roundel : Brusque froidure.

Brusque froidure !

Les cieux sont bleus, la terre est blanche,
Bonhomme hiver est frauduleux !
Mais que m’importe sa palanche,
Les cieux sont bleus !

Sont revenus, c’est fabuleux !
Tous les oiseaux en avalanche
Pour secouer mon cœur frileux.

Mais si j’ai du pain sur la planche
Dans mon univers populeux,
Jamais ce bonheur-là ne flanche ;
Les cieux sont bleus !

Annie

Le dix-septain sphérique : Colère de vent.


Colère de vent

Le vent hurle à la mort de colère et de rage !
Il cogne à la fenêtre, ouvre le portillon,
Pour le claquer sitôt d’un coup de bottillon ;
Ce fou n’accepte plus qu’on lui fasse barrage !

Le ciel laisse tomber son lourd manteau de pleurs
Inondant le jardin de gouttes d’amertume
Venus de continents gémissant leurs malheurs.

L’oiseau n’a plus de nid pour abriter sa plume,
Il est cet orphelin recherchant ses couleurs
Dans les bras inconnus d’un monde qui transhume.

L’horizon déchiré par des doigts querelleurs,
Laisse entrevoir soudain l’espoir qui se rallume ;
Durant un court instant se calment les douleurs…

La girouette folle amorce son courage,
Si son nord est au sud, l’ouest est tatillon
Et réclamant sa place en bon amphictyon
Tout un chacun du coup retourne à son ouvrage !

Annie

 

Le Trivers : Promesses.

Promesses

Des pigeons sur mon toit roucoulent le matin,
Pour gagner la compagne afin d’être l’élu,
S’égosillent ensemble, espérant qu’un scrutin
Accorde au plus malin le pouvoir absolu !

Assistant au débat s’agace la femelle,
Son désir est bien loin de cette politique…
« Permettez que ma voix à la vôtre se mêle
Et venez-en au fait plutôt qu’à la critique ! »

Quand le beau mois de mai fleurira son muguet,
Cueillerons-nous encor des bouquets de promesses
Tandis que chanteront un refrain bien plus gai
Tous les enfants de France au final des kermesses ?

Annie

Le sonnet français : Les corbeaux.

 

Les corbeaux

Ce matin des corbeaux envahissent les cieux,
Où vont-ils et pourquoi ? Quelle est donc cette alerte ?
Même mon petit chien que ce fait déconcerte
Ne cesse d’aboyer au chant disgracieux…

Qui guide leur instinct les rendant anxieux ?
A tel point que chacun d’une envolée alerte
Semble crier à l’autre : « Il faut qu’on se concerte
Si nous perdons le Nord, le Sud est spacieux ! »

Oh l’étrange marée écoulant sa disgrâce !
Le soleil en pâlit et l’ombre me terrasse
Mais je reste envoûtée au plaisir d’un frisson…

Quelques notes encor, puis soudain le silence
Fait taire une clameur vibrant à l’unisson
Tandis que mon jardin calme sa vigilance !

Annie

La strophe onéguine : Le chien assis.

 

Orane petite chienne d’amour !

 

Le chien assis

O brave chien dont le regard embrasse
Un maître absent qui va lui revenir !
La patte est prête à s’offrir avec grâce ;
En cet instant il lui faut contenir
L’élan du cœur pour l’homme et sa tendresse,
Qui, de sa main, déposant sa caresse
Fera briller les perles des doux yeux ;
Doux c’est certain mais bien malicieux,
Prêts à mimer la fausse inquiétude
De l’animal pleurant son abandon
Lorsque l’amour tarde pour le pardon…
L’instinct connaît la voix de l’habitude
Qui va bientôt calmer l’empressement :
«  Oui, je suis là ! Couche-toi doucement ! »

Annie

Le sonnet irrationnel : Matin rose.

Aquarelle de mon amie  Marie-Luce .

Matin rose

Ce matin tout est rose au seuil de l’horizon,
Le ciel sur la terrasse éclaire ma maison,
J’accroche encore un songe aux branches d’une étoile…

Doucement le silence étouffe un bâillement…

Il est temps désormais de réveiller le poêle
Qui se met à ronfler, plus fort que de raison,
Vexé d’avoir dormi sur son propre tison !
A mon tour maintenant de dérouler la toile…

Je m’accorde un soupir, un dernier bâillement,

Une plume à la main, l’esprit en mouvement
Je pars, je suis émue, ah que l’heure est exquise !
J’en perds parfois le nord et le discernement,
Mais quand la Muse est là, c’est un enchantement,
Je suis telle une enfant devant une marquise !

Annie

Le Malhoun : L’orchestre du Grand Bois.

 

 

BLOG EN PAUSE

Joyeux Noël  à tous mes amis !

 

L’orchestre du Grand Bois

 

Entendez-vous dans la nature
Jouer l’orchestre du Grand Bois ?

Un chœur magique à mille voix
M’oblige à redresser la tête ;
Mais pour qui donc est cette fête
Digne, c’est sûr, des plus grands rois ?

Entendez-vous dans la nature
Jouer l’orchestre du Grand Bois ?

Musiciens dans la ramure
Caressent les cordes du vent,
Tandis qu’un bec d’engoulevent
Lâche son cri jusqu’au murmure.

Entendez-vous dans la nature
Jouer l’orchestre du Grand Bois ?

J’aperçois même le hautbois
Tenu par les branches d’un charme,
La nymphe qui verse une larme
Lorsque la biche est aux abois.

Entendez-vous dans la nature
Jouer l’orchestre du Grand Bois ?

Annie

 

Le sonnet à kyrielle : Curieuse politique !

Photo de mon ami Gérard Méry

Curieuse politique !

Tandis que nous grognons contre la politique
Les genêts des talus laissent couler de l’or,
Leur générosité n’est pas diplomatique
Ne craignant de montrer tout l’envers d’un décor !

La marguerite accourt en ce lieu fantastique
Où rient la pâquerette et le gai bouton-d’or ;
Chacun trouve sa place en respectant l’éthique,
Ne craignant de montrer tout l’envers d’un décor !

Les ajoncs généreux ont déversé leur bourse
Et dorment maintenant couchés sur leur ressource,
Ne craignant de montrer tout l’envers d’un décor !

Comme il faut bien aussi qu’un peu le monde bouge,
Gentil Coquelicot veut « voir la vie en rouge »
Ne craignant de montrer tout l’envers d’un décor !

Annie