Archives pour la catégorie Sonnets et beaux vers

Le sonnet français : Vacances bretonnes.

Aquarelle de mon amie Marie-Luce

Vacances bretonnes

C’était un cabanon au fin fond du jardin
Qui fleurait le vieux foin, la pomme et le mystère,
J’aimais y retrouver ce peuple qui se terre
Et lui tendre avec foi ma lampe d’Aladin…

Oubliés la cigale et le bleu lavandin
Pour vivre une autre vie aux saveurs d’une terre
Que balayait un vent, venu du Finistère,
Afin de me chanter son air de baladin…

Pour régner dignement il me fallait un prince ;
C’est là qu’intervenait mon cousin de province,
Aussi rêveur que nous, vous ne trouverez pas !

Il chassait l’araignée et je cueillais la mûre,
Lorsque nous grimacions face au frugal repas,
Nous n’accusions le fruit mais un cri de lémure !…

Annie

La moyenne bergerette : La passion des papillons.

La passion des papillons

C’est la saison des papillons.
Les blancs, les jaunes et les beiges,
Devant mes yeux, tendres arpèges,
Font défiler leurs bataillons.

Parfois l’un deux un court instant
Vient refermer son éventail,
La clochette de mon portail
Retient son souffle et son battant.

C’est la saison des papillons.
Les blancs, les jaunes et les beiges,
Devant mes yeux, tendres arpèges,
Font défiler leurs bataillons.

Que j’aime voir en tourbillons
Danser leurs ailes sortilèges
Que je retiens dans tous les pièges
De mon filet à passions.

C’est la saison des papillons.
Les blancs, les jaunes et les beiges,
Devant mes yeux, tendres arpèges,
Font défiler leurs bataillons.

Annie

Le sonnet sur deux rimes : Tristes moutons !

Tristes moutons !

L’homme n’est-il donc né que pour être un mouton ?
Écoutez-le gémir lorsqu’un ballon le roule !
Un but pour l’autre camp et son monde s’écroule
Son dieu n’est plus son dieu quand rouge est le carton !

Pour occuper le peuple il suffit d’un bâton
Au bout, une carotte, afin qu’il se défoule ;
Pour cela rien de tel qu’un autre marathon, 
Oubliés les malheurs couverts d’une cagoule !

Les bergers de nos jours savent hausser le ton
Et le troupeau les suit en se coulant au moule,
Le romantisme meurt, la terre perd la boule …

C’est dans beaucoup de bruit qu’on gagne son croûton,
Car chacun tire à soi sa part au gueuleton,
Du coup l’on n’entend plus l’affamé dans la foule …

Annie

Le sonnet irrationnel : J’aurais tant voulu…

J’aurais tant voulu…

J’ai prêté mon regard à tes yeux endormis
Espérant que d’en haut, cela te soit permis,
Parmi les spectateurs, d’asseoir un peu ton âme…

Cette petite fille, oh, la vois-tu danser,

Interpréter Chimène et manier la lame
Contre de faux bandits, en gestes gracieux
A tel point qu’une étoile a déserté les cieux
Pour voler au public la braise d’une flamme ?

Je veux que ce soit toi qui la fasses danser,

Que ton ombre s’invite en la voyant valser
Taper fort des talons en robe de gitane
Afin qu’un flamenco puisse enfin commencer !
C’est là que doucement, tu pourrais t’éclipser

Pour déposer l’amour au cœur d’une sultane…

Annie

Le sonnet marotique : Après le foot, la femme !

Après le foot, la femme !

Quand le monde se meut autour d’un grand sujet
Ne s’agit-il de foot, dont la ligne de mire
Le classe en tout premier, tandis que l’on admire
La force masculine en son habile jet ?

Si je place en second celle qui fait l’objet
De l’œil concupiscent lorgnant son cachemire
C’est que l’expérience en matière de myrrhe
M’autorise à sourire en rognant mon budget !

« La femme est un trésor que l’homme ne conteste
Mais pourquoi faut-il donc que le manant la teste ? »
Avais-je écrit un jour à l’ancre de mon cœur… *

A lire du Ronsard, j’ai l’âme bien naïve ;
Car pour les jeux pervers je demeure rétive
Et je bois de l’amour dans un verre à liqueur !

Annie

* Je fais référence à mon premier recueil « A l’ancre de mon cœur »

Stances : Secrets de poète.

Secrets de poète

Le sable est mon désert, la mer est mon voyage ,
Et sur le bleu du ciel, en plein cœur de l’été,
Je guette à l’horizon la voile d’un nuage
Pour y broder ce mot qu’on nomme liberté !

Ma maison fait rempart au bruit qui me dérange,
Telle une forteresse au-dessus d’un ravin ;
Nul ne saura jamais comment joindre la grange
Où je mûris les vers d’un modeste écrivain…

La montagne est l’autel d’une riche espérance
Que je gravis parfois pour nourrir mon esprit
Quand l’inspiration tire sa révérence
Aux tout derniers feuillets de mon vieux manuscrit.

Des plaines et layons, j’aime la confidence,
Leurs murmures discrets qui flattent mon tympan,
Et tandis que ma plume entame un pas de danse,
Je rajoute à ma lyre une flûte de Pan !

Annie

Le sonnet français : En pays de Guyenne.

En pays de Guyenne

J’aimais sur les chemins partir à l’aventure
Au pays de la pêche et du melon doré
Par un soleil si fort qu’il était adoré
Des gourmands de fruits chauds qu’on met en confiture !

Mon chien sur les talons – surtout pas de voiture ! – 
Je goûtais chaque instant, dans ce lieu chamarré
De vibrantes couleurs, sous un ciel chaviré
De n’avoir que du bleu pour offrir en pâture !

Face à mes yeux ravis, dansaient mille frissons,
Que la saison d’été réservait aux buissons
Craquant de leur plaisir d’abriter les prunelles.

Quand le soir se posait sur le lointain coteau,
Je demeurais longtemps à l’ombre des tonnelles :
J’attendais mon dessert servi sur un plateau !

Annie

Le sonnet layé : L’été.

Huile sur toile d’Yvette ma maman

L’été

Dans les champs de blé mûr l’été tire la longe

D’un ciel d’or et d’argent

Qui caracole un peu, permettant que s’allonge

La nuit de la Saint-Jean.

 

Les flonflons de juillet ont goût de pêches blanches,

L’enfant danse la liberté,

Chaque jour maintenant ressemble à des dimanches,

Voyez comme il se sent gâté !

 

Et ce mois qui transpire aux saveurs de paresse,

Très fier de nous offrir sa brûlante caresse,

En devient majesté.

 

Le raisin et la prune attendent la récolte,

Septembre en sa moiteur demeure désinvolte

Et termine l’été !

Annie

 

 

Le rondinet : Mes roses.

 

 

 Blog en pause

Mes roses

Mes roses en jupon
Pour un parfum unique
Ont froissé leur tunique ;
A moins qu’un vent fripon
Ait créé la panique
Pour en faire un pompon ?
Mes roses…

Aimant la botanique
Et le papier crépon,
J’ai cueilli leur poupon
Qui me faisait la nique !
Mes roses…

Annie