Archives pour la catégorie Sonnets et beaux vers

Le sonnet Pétrarquien : Repas familial.

 

En écho avec  Annick !

 

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Repas familial

La famille au complet s’approche de la table
Pour commencer, ravie, un merveilleux festin.
Au complet pensez-vous ? Oh rien n’est plus certain
Car une ombre s’ennuie en marge d’un retable…

Les petits et les grands, c’était inévitable,
Font frissonner les murs de leur long baratin ;
Qu’il est grand le bonheur aux senteurs du gratin,
Fondant dans le plaisir de ce met délectable…

Règne un tel brouhaha, mais comment présumer
Qu’une âme charitable, en quête de tendresse,
S’attache à tous nos pas par la force d’aimer ?

Qui n’a jamais connu solitude ou détresse
Ne peut imaginer en cette belle ivresse
Que lorsqu’un ange passe, il voudrait le clamer !…

Annie

Le sonnet irrationnel : Quand l’hiver se fait doux…

Quand l’hiver se fait doux…


Quand mon daphné se met à rire
Si vous saviez comme il transpire
En s’acharnant sur ses boutons !

Cette saison point de frimas !

L’hiver s’avance en demi-tons,
A-t-il accroché ses mitaines
Sur les bourgeons qui par centaines
Rendent bavards tous les dictons ?

Moi qui n’aime pas les frimas

J’oublie un peu mes pyjamas ;
Comme une fleur en sa dentelle
Je quitte velours et damas !
Qui sait ce soir dans mon doux mas,
Vais-je tenter la bagatelle…

Annie

Le sonnet irrégulier : La crèche de l’abbé Rochard.

crèche

La crèche de l’abbé Rochard

Si vous aimez la crèche et les gentils moutons
Et si votre âme encor réclame la Provence,
Sans aller pour autant jusqu’à Saint-Paul-de-Vence,
Passez par Bressuire où dansent les santons !

L’abbé Rochard n’est plus, seule sa voix vous berce ;
Elle chante la vie et les petits métiers :
Le forgeron transpire aux côtés des potiers,
Le lavoir qui papote en tombe à la renverse !

L’âne et le bœuf couchés réchauffent l’enfant do,
Bethléem à vos pieds conte la Palestine,
Existe-t-il au monde un plus joli cadeau

Qu’un voyage immobile en pays de Gâtine,
Afin d’apercevoir tout au fond d’une grange
Le ris d’un nouveau-né dans sa frimousse d’ange ?

Annie

 

 

Le Doucet, poème à deux plumes : Le petit pont.

Voici une forme inventée par un ami de plume, Michel Doucet, qui est l’auteur du premier quatrain. Vous remarquerez qu’il peut se lire de haut en bas et de bas en haut ! Merci cher Michel !

 

pont

Huile sur toile d’Yvette ma maman

Le petit pont

Sur le pont, bienveillant, un vieil arbre se penche…
De l’automne à l’hiver, du printemps à l’été,
Je marche tous les jours sur le temps arrêté,
Au gré de mon envie et de mon âme blanche.

Déposant mon fardeau je cueille la beauté
L’univers est béni par la fleur de pervenche,
Là, je retrouve enfin toute sérénité.

Le lierre des sous-bois en grimpant se déhanche,
Accroche mon regard, muette activité,
Pour rejoindre une feuille en robe de dimanche
Quand la chaude saison la tire par la manche…
Ah combien me plaît tant la douce volupté
De cet endroit magique où mon esprit s’épanche !

Là, je retrouve enfin toute sérénité.
L’univers est béni par la fleur de pervenche,
Déposant mon fardeau je cueille la beauté,

Au gré de mon envie et de mon âme blanche.
Je marche tous les jours sur le temps arrêté,
De l’automne à l’hiver, du printemps à l’été,
Sur le pont, bienveillant, un vieil arbre se penche…

Annie et Michel Doucet

Retour de lecture en poésie !

couverture-vagabondages

Je remercie mon amie, Marlène,  pour la surprise de ce chant royal, retour de lecture de mon dernier recueil « Vagabondages », pour lequel elle a utilisé les titres des mes poèmes ! Sachant aussi que le chant royal n’est pas une forme facile dont la formule est : ABABCCDDEDE , que le poème est composé sur uniquement 5 rimes et que le refrain se doit d’être féminin ! Marlène BRAVO !

 

 

Amour devant Chant pour « Vagabondages »

Elle connaît « la musique de l’âme »,
Répand du bleu « quand la mode est au gris »
« L’esprit vagabond » attend qu’on l’en blâme
Errant « sur les pas de Stellamaris » !
« Sire mon chat », dis-moi, « que ne suis-je ? », elle,
En sublimant en vers « ma tourterelle »,
« La Vendée » ou, « l’étang près de chez moi »
« A toi Flormed », le Maître, indicible émoi
Saurais-je éveiller ! Lors ma frénésie
Doublant en « silence » édicte ma loi,
« Amour de vent », c’est beau la poésie !

*
Triste « en attendant la muse », je dame,
Mes « souvenirs en déroute », dépris…
« Un jour », après « le baiser » de Madame
La « Lune », en paix, ma « Solitude » a pris
En or, la couleur de « la cardabelle »,
Mon « spleen automnal » « au lit » se gabelle  !
« Telle une fleur » le ciel devint mon roi,
Exit « le cafard » ou le désarroi,
Ding ! « le carillon » de ma fantaisie !
« La pensée » agit plus qu’on ne le croit
« Amour de vent », c’est beau la poésie !

*
Parfois « au cœur d’une famille » un drame
Peut engendrer « questionnements » puis cris,
Et du « tendre tableau » se rompt la trame.
Singeant « les loubards » ne donnant nul prix,
Céans, « au bois de notre amour ». Par quelle
Etrange « injustice » aoûte une querelle ?
Morts ! les « souvenirs » sous le même toit
S’impose « le temps » du chacun pour soi,
Ô « Tristes moutons ! » frappés d’amnésie
« Il neige » au-dedans, je garde la foi…
« Amour de vent », c’est beau la poésie !
*
Avec « les mots qui mentent », voie infâme !
« Les étés d’antan » ne sont plus que bris,
Pleurant « Comme une Pénélope », femme
D’espoir aux « plaisirs d’automne » assombris,
« Je regrette » encor l’ancienne étincelle

« Quand j’étais Marquise des Anges », celle
Qui soignait des « Parents absents » quand droit
De « Décembre » aidant, quelque soit l’endroit
« Les mots tapés », par télékinésie,
Les extirpais de mon esprit adroit
« Amour de vent », c’est beau la poésie !
*

« Si » le ciel allonge un peu mon programme
« La galanterie » – art dont je m’épris –
Exigerait de ne plus perdre un gramme
De mon temps ! Quand, « les courses » au mépris
Brident « le rappel des anges », j’attelle
Aux airs « tango » « mes roses » en dentelle
Afin de bien me rappeler « pourquoi
J’aime les vers », saint recours qui sursoit
A la « transhumance » au mal. Dessaisie
En tout, la terre offre et point ne reçoit,
« Amour de vent », c’est beau la poésie !
*
« Poème moi-même », ombre criminelle,
« Dans la forêt » des maux en sentinelle ;
Ton art, Annie, a ce je-ne-sais-quoi
Qui m’émeut et embellit mon chez-moi.
Ma plume à la tienne en synesthésie,
Se transcende lors d’un cordial tournoi
« Amour de vent », c’est beau la poésie !


Marl’Aime, Poèmes de ma Vie – Chant royal 07/11/2017


En hommage à mon amie, Annie la poétesse, en remerciements de son présent, j’ai composé ce poème avec les titres des poèmes de son recueil « Vagabondages » que j’ai adoré.

Le sonnet à échos : Spleen automnal.

rose-jaune

Spleen automnal

Que vais-je désormais faire dans mon jardin
Quand le cafard me guette et que pleure ma rose,
Contempler ce chiffon qui la rend si morose ?
L’hirondelle est partie avec son baladin…

L’automne rougissant fane le lavandin,
Je ne ramasse plus les feuilles à la pelle,
Non plus mes souvenirs, le regret m’interpelle ;
L’hirondelle est partie avec son baladin…

Vais-je garder longtemps cet air de citadin
Qui ne connaît des fleurs que l’or du chrysanthème
Sur lequel le frisson jette son anathème ?
L’hirondelle est partie avec son baladin…

Que vais-je désormais faire dans mon jardin,
L’hirondelle est partie avec son baladin ?

Annie

Le sonnet français : Amour d’hiver.

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Merci à mon ami et maître de prosodie, Flormed,  pour cette belle mise en page.

Amour d’hiver

Hélas je n’entends plus froufrouter les buissons,
Ni la lune poser son regard sur ma porte ;
Je demeure attentive au chagrin qui m’emporte,
Celui d’avoir fini vendanges et moissons !

La froidure s’amorce à mes premiers frissons,
Je tricote du temps mais comme il m’insupporte
De devoir me cloîtrer, même si peu m’importe,
De n’avoir plus besoin de charmer les garçons !

Mes printemps sont partis comme lettre à la poste,
Je garde cependant ce désir de riposte
Quand je lis dans tes yeux qu’il n’est jamais trop tard !

Je quitte le miroir et retrouve ma plume,
Je me dis qu’après tout l’amour est un bâtard,
Mais s’il n’a pas de race, il possède l’enclume !

Annie

 

Le pantoum : Mes richesses.

 

reflets

 

Mes richesses

Je n’aime plus les cathédrales
Elles sont faites pour les rois !
Le vent préfère les chorales
Au pied des plus modestes croix.

Elles sont faites pour les rois
Toutes les richesses du monde ;
Au pied des plus modestes croix
On voit de l’or couler dans l’onde.

Toutes les richesses du monde
Je les récolte pas à pas ;
On voit de l’or couler dans l’onde,
L’azur a de si beaux appas !

Je les récolte pas à pas
Les diamants de ma fortune !
L’azur a de si beaux appas :
– Reflets d’argent ou clair de lune ! –

Les diamants de ma fortune
Je les devine au fil des eaux !
Reflets d’argent ou clair de lune,
Cueillez la paix dans les roseaux !

Je les devine au fil des eaux
Chantres des bois et pastourelles…
Cueillez la paix dans les roseaux
Chantez, dansez, les tourterelles !

Chantres des bois et pastourelles
Brillent au cœur de tes doux yeux.
Chantez, dansez, les tourterelles
Quand mon regard chérit les cieux !

Brillent au cœur de tes doux yeux
Mes rêves d’amours pastorales,
Quand mon regard chérit les cieux,
Je n’aime plus les cathédrales !

Annie