Archives pour la catégorie Sonnets et beaux vers

Le sonnet ïambique : Mal-être.

Mal-être

Un phénomène étrange assaille ma raison,
Le ciel peut-il m’entendre ?
Je guette alors un signe en haut de l’horizon,
Je suis lasse d’attendre…

J’espère chaque jour que s’ouvre la prison
Où vit le scolopendre.
Sans doute ai-je fauté, mensonge ou trahison ?
Mais je ne suis Cassandre !

Que puis-je faire enfin pour enrayer ce mal,
Invisible mais traître,
Qui ne me lâche pas ainsi qu’un animal ?

Que ne suis-je son maître,
J’ effacerais sitôt ce faux air hiémal,
Afin de mieux renaître !

Annie

Le sonnet français : Le champ aux pâquerettes.

Aquarelle de mon amie Marie-Luce 

Le champ aux pâquerettes

Oh, dis ! T’en souviens-tu du champ de pâquerettes
Où des moutons laineux broutaient les boutons-d’or ?
Le temps filait son temps avec un rouet d’or
D’où volaient à foison des notes guillerettes.

La nature en éveil appelait ses fleurettes
Pour les poser tout doux sur un nouveau décor,
Tandis que le soleil en haut d’un mirador
Taquinait de son dard les premières aigrettes.

S’échappaient des frissons, des talus, bourgeonnant,
Laissant s’évaporer un mélange étonnant
De senteurs de sous-bois, de parfums d’églantine.

Mais oui, tu t’en souviens ! C’est écrit sur l’oiseau,
L’aile du papillon, l’abeille qui butine
Et bercé par le vent dans le chant du roseau…

Annie

Le sonnet marotique : La chasse est ouverte…

La chasse est ouverte…

Les cloches ont sonné loin de la capitale,
Et l’on oublie un peu le tumulte et les cris
Pour suivre les gamins qui lancent des paris,
Quand c’est la chasse aux œufs, la lenteur est fatale !

Quelques lapins farceurs, cachés sous un pétale,
Pour le petit dernier, n’auront jamais de prix !
Ô le doux souvenir faisant naître le ris
De l’adulte garant de fibre parentale !

Plutôt que de combattre, à tort et à travers,
Tous ces moulins à vent qui troublent l’univers,
Éduquons dans l’amour notre progéniture !

Je ne peux que haïr les exemples malsains
De ces fauteurs de trouble aux cyniques desseins,
Dont la stupidité fait honte à la nature !

Annie

Le sonnet français : Un an déjà…

Un grand merci  Maria  pour cette mise en page de mon sonnet !

Un an déjà…

Je tends à oublier que sous l’herbe folâtre,
La flamme d’un amour poursuit un long chemin
Pour atteindre un Éden, où la rose carmin,
Peut côtoyer sans crainte un lilas violâtre.

Il suffit qu’une fleur attise à nouveau l’âtre,
Et ranime le feu qui couvait sous l’ormin,
Le souvenir du coup déroule un parchemin
En y couchant l’espoir que mon âme idolâtre…

Dans ce coin de verdure, il dort mon animal,
Dont le petit berceau, pour enrayer le mal,
S’est recouvert de mousse et de bruyère rose.

Mais c’est la giroflée, au parfum si charmant,
Qui de par sa couleur a réveillé ma prose
Pour un nouvel hommage au petit cœur dormant…

Annie

Le Rondel : Notre Dame de Paris.

Notre Dame de Paris

Elle était belle Notre Dame
Avec son long et fier chapeau !
Il a suffi d’un seul copeau
Pour porter atteinte à son âme.

En visitant Paris Paname
On se fondait dans son troupeau.
Elle était belle Notre Dame
Avec son long et fier chapeau !

Cette fois-ci c’est une flamme
Qui voulut lui lécher la peau.
Suffira-t-il cet oripeau
Pour qu’à nouveau chacun la clame ?
Elle était belle Notre Dame !

Annie

Le sonnet français : Face à la page blanche.

BLOG EN PAUSE

Face à la page blanche…

Je suis tel un gamin qui gomme son brouillon
Ne pouvant aligner sur la feuille trop blanche
Un chapelet de mots en robe de dimanche
Et qui finalement se retrouve souillon…

Mon Éloquence, enfin, ôte-moi ce bâillon !
Je demande si peu, sans parler d’avalanche,
Juste un simple refrain pour flatter ma pervenche ;
Je la vois qui déjà fait appel au grillon !

Si l’inspiration fut parfois très fertile,
La voilà désormais qui se sent inutile !
La larme en s’écoulant aggrave encor le cas…

Remplir mon encrier de gouttes d’amertume
Ne ferait qu’empirer ce pénible tracas ;
Eh bien puisqu’il le faut, repose-toi ma plume !

Annie

La Bandollière : Renaissance.

Superbe photo de mon amie photographe Marie que je remercie.

 

Renaissance

Comme il doit être bon de se lever serein
Sans craindre l’avenir que l’on dit si morose
Et de pouvoir sourire à l’éclat d’une rose ;
Comme il doit être bon de se lever serein !

Comme il doit être bon de renaître au matin
Dans un concert d’oiseaux jaillis de l’aube rose,
Faisant danser ma plume et les mots d’une prose ;
Comme il doit être bon de renaître au matin !

Comme il doit être bon d’avoir un seul souci,
Celui qui pousse heureux près d’une primerose
Quand un nuage blanc au point du jour l’arrose ;
Comme il doit être bon d’avoir un seul souci !

Annie

Le sonnet français : Entre deux feux.

 

Entre deux feux…

Je regrette le Sud, mes rêves d’innocence
Déposés au berceau par la main d’un marin
Dont les graines d’amour au sol de la Provence
Firent germer la fleur sous un ciel azurin ;

Car si la fleur poussa dans la magnificence
D’une terre bénie entre rire et chagrin,
Chacun bousculant l’autre en son adolescence,
Ils noyèrent hélas le cœur d’un boute-en-train….

Et si je pleure aussi la gentille Bretagne,
Ne pensez que d’un rien j’en fais une montagne,
De ce pays d’Armor je n’ai plus qu’un vieux nom…

Quand je me rends là-bas déposer ma prière
Pensant au triste sort à qui j’avais dit non !
J’y vois deux feux follets dorant un cimetière…

Annie

Le sonnet français : Entre deux feux.

Entre deux feux…

Je regrette le Sud, mes rêves d’innocence
Déposés au berceau par la main d’un marin
Dont les graines d’amour au sol de la Provence
Firent germer la fleur sous un ciel azurin ;

Car si la fleur poussa dans la magnificence
D’une terre bénie entre rire et chagrin,
Chacun bousculant l’autre en son adolescence,
Ils noyèrent hélas le cœur d’un boute-en-train….

Et si je pleure aussi la gentille Bretagne,
Ne pensez que d’un rien j’en fais une montagne,
De ce pays d’Armor je n’ai plus qu’un vieux nom…

Quand je me rends là-bas déposer ma prière
Pensant au triste sort à qui j’avais dit non !
J’y vois deux feux follets dorant un cimetière…

Annie

Le sonnet marotique : Tristes voyous.

 

Tristes voyous

A vous tristes voyous ma leçon de morale !
Que vous n’entendrez pas, vous n’avez plus de cœur,
Simplement ce besoin d’attiser la rancœur
Afin d’être nourris de l’odeur de son râle !

Cogner, casser, voler, effroyable spirale,
Dont chacun d’entre vous ne sortira vainqueur.
Mais pensiez vous vraiment qu’une infâme liqueur
Vous rendrait bien plus forts qu’un mur de cathédrale ?

A cultiver la haine on ne récolte rien,
Le peuple est fatigué mais il n’est pas vaurien
Il voudrait simplement un peu plus de justice.

Vous vous trompez de cible, oiseaux de nos malheurs !
Après votre passage en brûlant nos valeurs
Vous reculez le jour d’un possible armistice…

Annie