Archives pour la catégorie Sonnets et beaux vers

Le sonnet sur deux rimes : Tristes moutons !

Tristes moutons !

L’homme n’est-il donc né que pour être un mouton ?
Écoutez-le gémir lorsqu’un ballon le roule !
Un but pour l’autre camp et son monde s’écroule
Son dieu n’est plus son dieu quand rouge est le carton !

Pour occuper le peuple il suffit d’un bâton
Au bout, une carotte, afin qu’il se défoule ;
Pour cela rien de tel qu’un autre marathon, 
Oubliés les malheurs couverts d’une cagoule !

Les bergers de nos jours savent hausser le ton
Et le troupeau les suit en se coulant au moule,
Le romantisme meurt, la terre perd la boule …

C’est dans beaucoup de bruit qu’on gagne son croûton,
Car chacun tire à soi sa part au gueuleton,
Du coup l’on n’entend plus l’affamé dans la foule …

Annie

Le sonnet irrationnel : J’aurais tant voulu…

J’aurais tant voulu…

J’ai prêté mon regard à tes yeux endormis
Espérant que d’en haut, cela te soit permis,
Parmi les spectateurs, d’asseoir un peu ton âme…

Cette petite fille, oh, la vois-tu danser,

Interpréter Chimène et manier la lame
Contre de faux bandits, en gestes gracieux
A tel point qu’une étoile a déserté les cieux
Pour voler au public la braise d’une flamme ?

Je veux que ce soit toi qui la fasses danser,

Que ton ombre s’invite en la voyant valser
Taper fort des talons en robe de gitane
Afin qu’un flamenco puisse enfin commencer !
C’est là que doucement, tu pourrais t’éclipser

Pour déposer l’amour au cœur d’une sultane…

Annie

Le sonnet marotique : Après le foot, la femme !

Après le foot, la femme !

Quand le monde se meut autour d’un grand sujet
Ne s’agit-il de foot, dont la ligne de mire
Le classe en tout premier, tandis que l’on admire
La force masculine en son habile jet ?

Si je place en second celle qui fait l’objet
De l’œil concupiscent lorgnant son cachemire
C’est que l’expérience en matière de myrrhe
M’autorise à sourire en rognant mon budget !

« La femme est un trésor que l’homme ne conteste
Mais pourquoi faut-il donc que le manant la teste ? »
Avais-je écrit un jour à l’ancre de mon cœur… *

A lire du Ronsard, j’ai l’âme bien naïve ;
Car pour les jeux pervers je demeure rétive
Et je bois de l’amour dans un verre à liqueur !

Annie

* Je fais référence à mon premier recueil « A l’ancre de mon cœur »

Le sonnet français : En pays de Guyenne.

En pays de Guyenne

J’aimais sur les chemins partir à l’aventure
Au pays de la pêche et du melon doré
Par un soleil si fort qu’il était adoré
Des gourmands de fruits chauds qu’on met en confiture !

Mon chien sur les talons – surtout pas de voiture ! – 
Je goûtais chaque instant, dans ce lieu chamarré
De vibrantes couleurs, sous un ciel chaviré
De n’avoir que du bleu pour offrir en pâture !

Face à mes yeux ravis, dansaient mille frissons,
Que la saison d’été réservait aux buissons
Craquant de leur plaisir d’abriter les prunelles.

Quand le soir se posait sur le lointain coteau,
Je demeurais longtemps à l’ombre des tonnelles :
J’attendais mon dessert servi sur un plateau !

Annie

Le sonnet layé : L’été.

Huile sur toile d’Yvette ma maman

L’été

Dans les champs de blé mûr l’été tire la longe

D’un ciel d’or et d’argent

Qui caracole un peu, permettant que s’allonge

La nuit de la Saint-Jean.

 

Les flonflons de juillet ont goût de pêches blanches,

L’enfant danse la liberté,

Chaque jour maintenant ressemble à des dimanches,

Voyez comme il se sent gâté !

 

Et ce mois qui transpire aux saveurs de paresse,

Très fier de nous offrir sa brûlante caresse,

En devient majesté.

 

Le raisin et la prune attendent la récolte,

Septembre en sa moiteur demeure désinvolte

Et termine l’été !

Annie

 

 

Le rondinet : Mes roses.

 

 

 Blog en pause

Mes roses

Mes roses en jupon
Pour un parfum unique
Ont froissé leur tunique ;
A moins qu’un vent fripon
Ait créé la panique
Pour en faire un pompon ?
Mes roses…

Aimant la botanique
Et le papier crépon,
J’ai cueilli leur poupon
Qui me faisait la nique !
Mes roses…

Annie

Le Carillon : Dans le monde des songes.

Dans le monde des songes

L’on s’endort chaque soir dans les bras d’une fée
En gaspillant le temps qui nous est imparti ;
Mais comment refuser l’invite de Morphée
Quand le corps est heureux de s’être assujetti ?

Tandis que la raison, dans un songe blotti,
Se laisse transporter par toute une cohorte
D’étranges messagers se pressant à la porte
De notre inconscient qui joue à l’abruti !

Le passé, le présent, voguent sur la mer morte
De nos anciens désirs enfin ressuscités ;
Pendant que nous dormons c’est l’âme qui les porte
Pour les conduire au port, -curieux invités !-

C’est ainsi que parfois au cœur d’une clairière
L’on voit le souvenir pousser la barrière
Pour danser avec nous sur un air bruineux.

Arrivent en renfort un flot de personnages,
Oh les drôles acteurs démontant les rouages
D’un bon ordre établi par un jour lumineux !

Le rêve a ses raisons qui ne sont pas les nôtres,
Faisant venir l’orage il nous envoie aux peautres
Et c’est le cauchemar qui s’amène haineux !

Annie

Le sonnet à kyrielle de Marlène : Des mercis en kyrielle.

 

Voici un sonnet à kyrielle que m’a dédié ma chère amie Marlène nous prouvant à nouveau son grand talent de poétesse du cœur. Merci  Marlène !

 

Des mercis en kyrielle


J’ai reçu d’une amie en contemplant la toile
Sur un sonnet en fleurs un hommage charmant
Depuis je suis ailleurs, ses vers me désarmant,
Mon cœur en fusion coule l’or d’une étoile

Afin de foudroyer la noirceur qui m’entoile

Quand la valse des jours prend un tour alarmant.
Contre la déraison toujours se gendarmant,
Mon cœur en fusion coule l’or d’une étoile,

De mèches de bonheur me fait une toison

Pour belliqueusement me soustraire au poison.
Mon cœur en fusion coule l’or d’une étoile

Filante, en des cieux lourds d’aberrations,

Mais certain de combler mes aspirations
Mon cœur en fusion coule l’or d’une étoile.

Marl’Aime, Poèmes de ma Vie – Sonnet à kyrielle 22/05/2018

La glose : Dans le petit matin.

Un GRAND MERCI à mon amie Marie pour cette sublime photo de l’une de ses roses !

Glose d’après les quatre vers de Ronsard, « Amours de Marie », 1556

« Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa belle couleur,
Quand l’aube, de ses pleurs, au point du jour l’arrose ; »

Dans le petit matin

Dans le petit matin, à l’heure où tout repose,
Au travers du rideau, je guette, ensorceleur,
Un œil de chérubin qui m’offre sa chaleur
Comme on voit sur la branche, au mois de mai, la rose.

J’imagine un instant quelque lutin voleur
Qui marche en tapinois, frôlant ma maison rose ;
Il a dans mon jardin cueilli la primerose
En sa belle jeunesse, en sa première fleur !…

L’hortensia bleuté réveille sa pâleur,
Recoiffe ses chignons, secoue une ankylose
Faisant appel à Râ pour en apothéose
Rendre le ciel jaloux de sa belle couleur !

Et voilà que soudain tout renaît, tout explose !
L’oiseau quitte son nid, habile beau parleur,
Siffle le dahlia qui se fait enjôleur
Quand l’aube, de ses pleurs, au point du jour l’arrose !

Annie

Le sonnet à kirielle : A toi Caly mon adorable chien.

 

Pour toi Caly mon adorable chien

J’avais pris rendez-vous pour ton dernier voyage,
Car je ne savais pas que sous ton beau manteau
Ton petit cœur fragile allait subir l’étau
D’un malheureux destin ratant son aiguillage…

Mais hélas aujourd’hui je vis dans le sillage
De ton chaud souvenir entre enclume et marteau,
Tels ces pauvres damnés que l’on cloue au poteau
D’un malheureux destin ratant son aiguillage…

Ô mon doux animal, si gentil, si mignon !
Te voilà devenu le triste compagnon
D’un malheureux destin ratant son aiguillage…

Comment me résigner à ce cruel trépas ?
Chaque matin j’entends les nouveaux bruits de pas
D’un malheureux destin ratant son aiguillage…

Annie