Le sonnet français : Face à la page blanche.

BLOG EN PAUSE

Face à la page blanche…

Je suis tel un gamin qui gomme son brouillon
Ne pouvant aligner sur la feuille trop blanche
Un chapelet de mots en robe de dimanche
Et qui finalement se retrouve souillon…

Mon Éloquence, enfin, ôte-moi ce bâillon !
Je demande si peu, sans parler d’avalanche,
Juste un simple refrain pour flatter ma pervenche ;
Je la vois qui déjà fait appel au grillon !

Si l’inspiration fut parfois très fertile,
La voilà désormais qui se sent inutile !
La larme en s’écoulant aggrave encor le cas…

Remplir mon encrier de gouttes d’amertume
Ne ferait qu’empirer ce pénible tracas ;
Eh bien puisqu’il le faut, repose-toi ma plume !

Annie

La Bandollière : Renaissance.

Superbe photo de mon amie photographe Marie que je remercie.

 

Renaissance

Comme il doit être bon de se lever serein
Sans craindre l’avenir que l’on dit si morose
Et de pouvoir sourire à l’éclat d’une rose ;
Comme il doit être bon de se lever serein !

Comme il doit être bon de renaître au matin
Dans un concert d’oiseaux jaillis de l’aube rose,
Faisant danser ma plume et les mots d’une prose ;
Comme il doit être bon de renaître au matin !

Comme il doit être bon d’avoir un seul souci,
Celui qui pousse heureux près d’une primerose
Quand un nuage blanc au point du jour l’arrose ;
Comme il doit être bon d’avoir un seul souci !

Annie

Le sonnet français : Entre deux feux.

 

Entre deux feux…

Je regrette le Sud, mes rêves d’innocence
Déposés au berceau par la main d’un marin
Dont les graines d’amour au sol de la Provence
Firent germer la fleur sous un ciel azurin ;

Car si la fleur poussa dans la magnificence
D’une terre bénie entre rire et chagrin,
Chacun bousculant l’autre en son adolescence,
Ils noyèrent hélas le cœur d’un boute-en-train….

Et si je pleure aussi la gentille Bretagne,
Ne pensez que d’un rien j’en fais une montagne,
De ce pays d’Armor je n’ai plus qu’un vieux nom…

Quand je me rends là-bas déposer ma prière
Pensant au triste sort à qui j’avais dit non !
J’y vois deux feux follets dorant un cimetière…

Annie

Le sonnet marotique : Tristes voyous.

 

Tristes voyous

A vous tristes voyous ma leçon de morale !
Que vous n’entendrez pas, vous n’avez plus de cœur,
Simplement ce besoin d’attiser la rancœur
Afin d’être nourris de l’odeur de son râle !

Cogner, casser, voler, effroyable spirale,
Dont chacun d’entre vous ne sortira vainqueur.
Mais pensiez vous vraiment qu’une infâme liqueur
Vous rendrait bien plus forts qu’un mur de cathédrale ?

A cultiver la haine on ne récolte rien,
Le peuple est fatigué mais il n’est pas vaurien
Il voudrait simplement un peu plus de justice.

Vous vous trompez de cible, oiseaux de nos malheurs !
Après votre passage en brûlant nos valeurs
Vous reculez le jour d’un possible armistice…

Annie

Le sonnet français : A toi humble village.

 

A toi humble village !

Je connais un village en haut d’une colline,
Combien il me plairait d’y faire ma moisson
Des douceurs de l’été, que l’on met en chanson,
Quand l’hiver de nouveau nous tend sa capeline.

Je la regrette tant cette brise câline
S’amusant dans les blés à mimer le frisson,
Ce soleil si brûlant que sa propre cuisson
Se baigne chaque soir en sa teinte opaline…

On y voit quelquefois en robe de satin,
Une muse aquarelle, ô mirage incertain
Dès qu’elle vous décoche une petite œillade !

Mais hélas le moulin fait taire ses secrets,
Son poète n’est plus pour conter la naïade ;
Sous les ailes de bois s’endorment mes regrets…

Annie

Le sonnet layé : Retour du printemps.

Un grand merci à mon amie de plume, Tyna, pour cette belle mise en page de mon sonnet avec en fond sa délicate aquarelle !

Retour du printemps

Désormais, chaque jour, chantent les tourterelles,

Leur refrain est si doux !

Le printemps se profile à l’abri des tourelles,

Des sapins, et des houx.

 

Dans les prés reverdis, sourient les pâquerettes

Au bras de riches boutons-d’or,

Et l’on voit naître enfin de tendres amourettes

A la porte de messidor !

 

Quelques parfums nouveaux chatouillent les narines,

Et lorsque l’on entend des échos de clarines,

C’est la fête au bonheur !

 

Ainsi que des enfants au final des kermesses,

Chacun s’en va cueillir les bouquets de promesses

D’un divin moissonneur !

Annie

Le sonnet irrationnel : Quand l’hiver se fait doux.

 

Quand l’hiver se fait doux…

Quand mon daphné se met à rire
Si vous saviez comme il transpire
En s’acharnant sur ses boutons !

Cette saison point de frimas !

L’hiver s’avance en demi-tons,
A-t-il accroché ses mitaines
Sur les bourgeons qui par centaines
Rendent muets tous les dictons ?

Moi qui n’aime pas les frimas

J’oublie un peu mes pyjamas ;
Comme une fleur en sa dentelle
Je quitte velours et damas !
Qui sait ce soir dans mon doux mas,
Vais-je tenter la bagatelle…

Annie

Stances de mon amie Maria : Un livre…Un ami.

 

Un livre…Un ami

Que j’aime ton silence et lire ton mystère,
Tous ces mots alignés protégeant leur secret
Sur les pages d’un livre où l’on se désaltère,
Et chacun de poursuivre un monde si discret.

Je me souviens d’un lieu, cette bibliothèque,
Quand petite j’allais pour rêver un moment
Et me charmer parfois d’une image d’Aztèque,
D’autres pays j’ai lu l’histoire assidûment.

Ah comme il m’a marqué ce livre sur la table,
Il était là tout près- interdit d’y toucher,
Ce n’est que bien plus tard en découvrant la fable
Que je ne craignais plus de m’en effaroucher !

J’ai posé mes yeux noirs sur les mots d’une page
De ce bouquin vieillot et d’un cœur précieux,
Je dévore un roman dont l’intrigue est volage,
Mais il est mon ami dans la douceur des cieux.

Je relis cet amour dans un parfum de rose
Mais le temps a passé j’ai perdu son doux chant
De mémoire je garde un souvenir que pose
L’essence de mon âme en l’instant si touchant.

C’est à toi que je pense ô mon amour mon ange,
Je partage l’envie un penchant, malgré moi,
Me faut-il espérer que de ce signe étrange
Je ne sache jamais me relire pour toi ?

Maria-Dolores

Merci  à mon amie de plume Maria de m’avoir permis de mettre ici ces très belles stances sur le thème du livre !

Son blog :  Les poèmes de Marido

 

 

Le sonnet marotique : Indicible colère.

 

Merci à mon amie de plume Maria pour sa mise en page !

Indicible colère

Quarante ans de silence et voilà que soudain,
Le peuple dans la rue explose de colère
Contre nos dirigeants au pouvoir séculaire
Qui semblent oublier les enfants de Verdun !

Rien ne manquait pourtant dans notre beau jardin,
Si ce n’est quelquefois un trop petit salaire,
Mais chacun de savoir que pour moins de galère,
Rien ne sert d’imiter notre monsieur Jourdain !

Un trop plein d’injustice attise un feu de paille
Qui bien loin de calmer un désir de ripaille
Réveille le volcan d’une France aux abois…

Chaque fin de semaine aggrave la discorde,
Et tandis que certains pensent miséricorde,
Une meute de loups quitte aussi les grands bois !

Annie

Le roundel : Brusque froidure.

Brusque froidure !

Les cieux sont bleus, la terre est blanche,
Bonhomme hiver est frauduleux !
Mais que m’importe sa palanche,
Les cieux sont bleus !

Sont revenus, c’est fabuleux !
Tous les oiseaux en avalanche
Pour secouer mon cœur frileux.

Mais si j’ai du pain sur la planche
Dans mon univers populeux,
Jamais ce bonheur-là ne flanche ;
Les cieux sont bleus !

Annie