Le sonnet français : Eclipse.

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Merci cher  Flormed  pour la mise en page de mon sonnet !

Eclipse

La nuit durant le jour, quel est ce phénomène ?
Se demandent sans doute et le chat et l’oiseau !
L’un s’envole du coup dans les bras d’un roseau
Quand l’autre à pas feutrés retourne à son domaine !

Ah que vive le monde où la science humaine
Sait mesurer le temps, la longueur d’un fuseau !
Si l’animal d’instinct camoufle son museau,
L’homme doit accepter que l’Univers le mène !

Lorsque l’astre d’argent éclipse l’astre d’or,
Chacun suspend son souffle aux ailes d’un condor
Dont l’ombre disparaît au plus fort de sa course…

Magique est cet instant pour celui qui sait voir,
Plus loin que son nombril, l’immatériel pouvoir
Qui le pousse à lever les yeux vers la Grande Ourse !

Annie

 

Le sonnet ïambique : Le silence des fleurs.

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Le silence des fleurs

Je préfère conter les fleurs et leur silence
Plutôt que l’être humain
Quand il brasse de l’air avec cette insolence
D’indigne vieux gamin !

J’en cueille la beauté que leur tige balance
Pour me tendre la main,
C’est ma façon de fuir le laid, la violence
Qui croisent mon chemin.

Pardonnez quelques pleurs face au dernier pétale
D’une rose en chiffon ;
Elle avait oublié, l’innocente vestale,

Le nuage griffon,
Le puceron gourmand d’une beauté fatale
Et ce monde bouffon !

Annie

Le sonnet à clausules : Les moineaux du matin.

 

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Merci cher Flormed  pour nous avoir fait connaître cette forme de sonnet et merci pour la mise en page de mon poème !

Les moineaux du matin

Les moineaux du matin, dessous la verte branche,
Frétillent de plaisir, se gavent de bonheur ;
De ce tableau vivant je me fais moissonneur,
J’en croque chaque jour une nouvelle tranche !

Mon rêve omniprésent, derrière eux se retranche ;
Comment ne pas sourire à ce camp butineur ?
Vermisseaux, brins de paille et qu’importe l’honneur !
Car avides de tout, ont la gaîté bien franche,
Les moineaux du matin !

Une bagarre éclate entre deux chenapans,
Là je dois avouer que mes pauvres tympans
N’étaient pas encor prêts pour la feinte querelle !

Aussi malins que vifs, ils sont déjà partis…
Je vois à mon bosquet couvert de plumetis
Que demain reviendront mimer la chanterelle,
Les moineaux du matin !

Annie

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Quatrains à rime serpentine : Caprice d’août.

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Caprice d’août

Est-ce déjà l’automne ?
Je songe et je m’étonne,
Le temps facétieux
Fait chavirer les cieux.

Le soleil se dérobe,
A quoi bon cette robe ?
Mon regard sourcilleux
Fait appel aux aïeux !

L’oiseau rase la terre,
Quel est donc ce mystère ?
Vous vous plaignez messieurs
De vos sols rocailleux ?…

Ce mois d’août est mensonge,
Il s’amuse et me plonge
Dans un rêve oublieux
De ce jour pluvieux !

Annie

Le chant royal : L’humanité.

 

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L’humanité

Le genre humain laisse toujours la trace
De son parcours sur le livre du temps.
Qu’importe donc la couleur d’une race,
Qu’il soit servile ou chef de combattants,
Vêtu de peau, de riche redingote
Plante sa griffe ainsi qu’une linotte
Qui sautillant sur le dos d’un chemin,
Ne sachant pas ce que sera demain,
Espère au moins marquer un peu l’histoire
Sans pour autant se prénommer Romain !
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

L’homo-sapiens faisant fi de sa crasse
Aux gestes gourds encor bien hésitants,
Tenant du singe une lourde disgrâce
A pu crypter maints dessins éclatants
Et nous laisser sur les murs de sa grotte,
Tel un trésor, l’incroyable litote
Rupestre oui, mais voyez ce carmin
Qu’il apposa de sa rugueuse main !
N’existait pas ce don profanatoire
Qui de nos jours excite le gamin !
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

C’est en Ourouk que naquît cette grâce :
Un écritoire aux signes déroutants,
Qu’un savant scribe en de l’argile grasse
De son poinçon rendit si percutants.
Sut-il vraiment qu’en traçant l’anecdote,
D’autres ensuite à la grande jugeote,
La poserait sur un doux parchemin
Et que plus tard quelque Paul ou Firmin,
Tirant la langue en cours préparatoire
S’appliqueraient pour écrire l’ormin?
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

Peintres, sculpteurs, même le grand Horace
Ne dorment plus chez les intermittents.
Que de talents, combien de paperasse
Ont voyagé, bravant tous les autans
Pour empiler dans une immense hotte,
Tout un savoir devenu polyglotte !
Chaque mortel, même le plus commun,
Venu d’ailleurs, d’un faubourg Saint-Germain
Voulant gagner le haut d’un promontoire,
S’est vu contraint d’en passer l’examen !
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

Ce petit pas qu’un court passé terrasse,
Fut pour la lune un merveilleux printemps,
Recevoir l’homme en sa belle cuirasse ;
O bien trop peu durèrent ces instants !
Reste là-bas un fier drapeau qui flotte
Telle une aiguille en sa dure pelote…
Fait-il toujours rêver le benjamin
Lorsque l’aîné, comme un goût de cumin
Garde en sa bouche un grand cri de victoire
Poussé le jour de ce fou baisemain ?
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

Quant au poète aux mots de muscadin,
De notre terre en est le baladin
Qui promenant son interrogatoire
Trempe sa plume en de l’eau de jasmin.
Ainsi se gagne un digne purgatoire…

Annie

Le bout-rimé : Au soleil de Rio.

Le Soleil

Le long du vieux faubourg, où pendent aux masures
Les persiennes, abri des secrètes luxures,
Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés
Sur la ville et les champs, sur les toits et les blés,
Je vais m’exercer seul à ma fantasque escrime,
Flairant dans tous les coins les hasards de la rime,
Trébuchant sur les mots comme sur les pavés
Heurtant parfois des vers depuis longtemps rêvés.

Ce père nourricier, ennemi des chloroses,
Éveille dans les champs les vers comme les roses ;
II fait s’évaporer les soucis vers le ciel,
Et remplit les cerveaux et les ruches de miel.
C’est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles
Et les rend gais et doux comme des jeunes filles,
Et commande aux moissons de croître et de mûrir
Dans le cœur immortel qui toujours veut fleurir !

Quand, ainsi qu’un poète, il descend dans les villes,
II ennoblit le sort des choses les plus viles,
Et s’introduit en roi, sans bruit et sans valets,
Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais.

— Charles Baudelaire

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Pour cette mise en page magnifique de la baie de Rio, visitée à l’âge de douze ans, un GRAND MERCI cher Flormed !

Au soleil de Rio

A Rio, le soleil caresse les masures,
D’où s’échappent parfois les rires des luxures
Que le temps, vieil ami des soupirs redoublés,
Fauche comme l’on fauche et le pauvre et les blés.
Le Christ lève les bras, et vers les cieux s’escrime
A fondre dans l’azur sa prière et la rime
Que les Cariocas, pieds nus sur les pavés,
Font chanter chaque jour sur des frissons rêvés.

Dans cette baie immense, on soigne les chloroses,
Avec force sambas qui font danser les roses,
Et les belles de nuit dont la robe arc-en-ciel
Met en valeur les teints aux fragrances de miel…
Faux mendiants d’un soir, posés sur leurs béquilles,
Retrouvent leur allant sous le baiser des filles
Si tendres à croquer tels ces fruits à mûrir
Que l’on cueille trop tôt les pressant de fleurir…

La nature alentour déborde sur les villes ;
On oublie un instant toutes les choses viles,
Les riches font causette avec quelques valets
Puis les yeux sur le Pain retrouvent leurs palais !

Annie

Le sonnet shakespearien : Contrastes.

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Contrastes

Comme tout un chacun, dans les salles d’attente,
Ouvrant une revue afin de m’évader,
Je trompe ainsi l’ennui dont la voix chuchotante
Me souffle que l’esprit peut ainsi gambader.

L’univers des puissants entrebâille sa porte
Me faisant miroiter ses multiples joyaux,
J’y lis quelques potins que le monde colporte
Ne voulant ignorer les démêlés royaux !

Que font donc ces enfants prisonniers de la page ?
Je les entends hurler de rage et de douleur,
Ils pleurent leurs parents couchés sur une image.

Est-ce donc là le prix d’un parfum de malheur ?
J’ai lu le résumé d’une terre en contraste,
Certains meurent d’amour et d’autres de désastre…

Annie

Le sonnet français : Senteurs estivales.

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Senteurs estivales

Un parfum s’est glissé dans les plis d’un regret,
Celui d’une campagne à l’heure où l’aube rose
Caresse les blés mûrs avant le couperet
D’un soleil si brûlant que lui-même en explose !

J’ai vu le vrai bonheur courir dans le guéret,
Une nuit l’a surpris blotti dans une rose
Afin de s’enivrer de l’odeur d’un secret,
Celui de chaque fleur bien avant qu’elle éclose…

Effluves de brugnons, de melons de coteaux,
Gourmands, se sont posés sur l’immense plateau
D’une riche nature experte en aromates.

Au jardin de mon cœur fleurit encor le thym
Tandis que le piment fait rougir les tomates,
Il est tellement fort ce piquant plaisantin !

Annie

Le sonnet à rimes alternées : Soir de canicule.

 

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Un grand merci cher  Flormed  pour cette mise en page de mon poème de forme ABCD, ABCD, EFG, EFG, combinaison de rimes que l’on trouvait dans les chansons du Moyen âge et que tu as adaptée au sonnet pour notre atelier de juillet !

 

Soir de canicule

Que j’aime la chanson des blés d’or et d’argent,
Et les orgues du soir qui clôturent la lutte
Que l’on mène, avachis, contre le feu du ciel
En cueillant le brin d’ombre au ras de nos chaumières !

Roi de l’été, Phébus, implacable régent,
Appelle à son coucher le rêve qui débute
Soulagé que le four d’un jour démentiel
Calme son engouement pour mes roses trémières !

L’oiseau quitte son nid pour un bain de fraîcheur ;
J’ouvre avec grand plaisir les portes et fenêtres
Pour marier mon souffle à l’haleine du vent.

Mais chacun sait qu’Éole est habile tricheur !
Après m’avoir promis quelques notes champêtres,
Le voilà qui s’endort dans mon songe couvant !

Annie