Le sonnet marotique : Fin de vie.

 

Fin de vie

Au feu de la Saint Jean tu n’iras plus rêver
Que le monde est à toi, que la vie est bohème,
Et voici que mes mots tremblent dans mon poème,
Aurai-je bien le temps de pouvoir l’achever ?

Ton corps devenu vieux peine à se soulever,
Il est pourtant moins lourd qu’un ris de chrysanthème
Que l’hiver abandonne en ce matin trop blême,
Me prouvant aujourd’hui que tout va s’aggraver…

Adieu les jours heureux, les tristes, les querelles !
Nous voici face à face avec tes aquarelles,
Reflets de tes étés en doux pays Gascon…

Le bonheur était là tout près de ces collines,
Mais tu cherchas ailleurs d’autres fleurs plus câlines
Tandis que j’arrosais celles de mon balcon…

Annie

Le sonnet français : Chagrin coupable.

 

Chagrin coupable

Quand le chagrin vous mine et vous ôte la force,
Mettez lui donc un masque en forme de fierté,
Vous risqueriez sinon de provoquer l’entorse
Au règlement du banc de la société !

Rongez votre colère en dessous de l’écorce
Mais levez bien le doigt en buvant votre thé
Si vous ne voulez pas que le climat se corse
A cause de votre air ruminant l’âpreté…

Et si la blague est bonne, accordez un sourire
A tous ces gens heureux qui n’aiment du martyre
Que le marbre figé dans le cœur d’un lieu saint…

Buvez votre amertume en trinquant tout de même,
Vous offrirez vos pleurs à votre traversin
Qui vous attend le soir pour vous dire, je t’aime !

Annie

Le sonnet shakespearien : Fausse liberté.

Merci cher Flormed  pour cette très belle mise en page.

Je vous répondrai dès que possible.

Fausse liberté

Heureuse, je le fus, de quitter mes pénates,
Oubliant la routine enfermée au placard
Pour me faire bercer de plus tendres sonates
Et laisser mes fados quelque temps au rancart.

Il n’aurait pas fallu garder ce téléphone
Ne dormant que d’un œil tout au fond de mon sac…
Je savais bien pourtant qu’il n’est jamais aphone
Et qu’il protesterait à l’heure du ressac!

La mer était fort belle et le ciel sans nuages,
Les mouettes criaient « vive la liberté » !
Comme elles j’aurais dû voyager sans bagages

Afin que mon esprit ne soit plus alerté….
Quand la vie offre enfin sa douce parenthèse
Il est bon quelquefois d’adopter sa foutaise!

Annie

Prix des 47 èmes jeux floraux de la Roche Sur Yon.

Cette année, hélas, pas de remise des prix pour les 47 èmes jeux floraux de la Roche Sur Yon, journée si conviviale habituellement.
J’ai reçu ce jour mes diplômes et une médaille par la poste ! Je vous offre de participer à cette joie en dépit d’une période difficile pour moi.

La ronde des mois

Déjà janvier s’avance en son bel artifice,
Enveloppé d’espoir et de brouillard givrant ;
Il brise du passé chagrins et maléfice
Puis il quitte la scène heureux et délirant.

Arrive février dans son manteau d’hermine
Qui transforme le bois en un monde enchanteur,
Fige le cyclamen, même la cardamine,
Dans l’attente d’un mars toujours à la hauteur !

Avril a son coucou, mai ses mille clochettes,
Chacun d’eux s’évertue à réveiller les cœurs,
Et lorsque l’on entend crépiter les branchettes
C’est que juin rayonnant savoure ses liqueurs !

Et s’enflamme juillet de l’aube au crépuscule
Pour rester grand vainqueur des plus belles moissons
Que l’on déguste en août, en pleine canicule,
En attendant du soir deux zestes de frissons.

Sur les fils de septembre, on voit une hirondelle
Se délecter déjà du grand rassemblement,
Tandis que les moineaux, d’un habile coup d’aile,
Surveillent de la treille, octobre au firmament.

Novembre épouse l’or du plus beau chrysanthème
Dès que la feuille meurt sous l’arbre décharné,
Jusqu’à ce que décembre attise une bohème
Pour réchauffer la crèche où dort un nouveau-né !

Annie

Le sonnet marotique : Au fil du temps.

 

BLOG EN PAUSE

 

 

Huile sur toile d’Yvette ma maman

 

Au fil du temps

Sur les fils du printemps j’ai brodé ma jeunesse
Pour en faire un été digne d’un rossignol,
Mais en quittant trop tôt le pays de Pagnol,
Hélas, il a fallu que cent fois je renaisse !

Je pensais posséder un réel droit d’aînesse
Sur ma belle région, dont l’accent branquignol,
Amusait le cousin qui se voulait guignol
Lorsque l’occasion jouait à la clownesse !

A force de vouloir un meilleur paradis
On ne récolte pas la valeur d’un radis,
Mes parents voyageurs ne faisaient pas ripaille…

En prenant mon envol j’ai choisi la raison
Plutôt que de pleurer le bleu d’un horizon,
Et j’ai chauffé mon cœur au sein d’un feu de paille…

Annie

Le sonnet marotique : Bord de Sèvre.

Huile sur toile d’Yvette ma maman

Bord de Sèvre

C’est une barque bleue entre ciel et bocage
Qui rêve d’aventure et de parfums nouveaux ;
Seuls quelques promeneurs en ces jours estivaux
Font oublier un peu ce douloureux parcage…

Comme l’hiver fut long ! Tel un oiseau sans cage,
En ayant parcouru la berge et les caveaux,
Il noya sans compter rigole et caniveaux,
Chaque maison crut vivre au sein d’un marécage !

Aujourd’hui le printemps fait rire les bosquets,
Les roseaux et les joncs se montrent bien coquets,
Même la poule d’eau se mêle à l’euphorie !

Quand la chaleur s’endort dans les orgues du soir,
Le soleil épuisé gagne son encensoir,
Et la Sèvre reprend sa douce rêverie !

Annie

Le sonnet alterné : Rêve mystérieux.

 

Rêve mystérieux

Je fais bien trop souvent ce rêve très étrange
Qui m’amène à revoir mon ancienne maison…
Ce souvenir sans fin m’assomme et me dérange,
L’inconscient sans doute anime ma raison !

Combien de temps encor vais-je hanter la grange,
Où nous rangions le bois à la morte saison,
Plutôt que ma chambrette au doux parfum d’orange ?

J’ai beau vouloir franchir la porte du couloir,
Tout est mystérieux, je respire avec peine…
L’ écheveau se complique, à mon grand désespoir !
Un bien grand changement se rajoute à ma peine…

Mais que font tous ces gens qui parlent sans me voir ?
Vite il me faut partir en refermant le pêne
Afin de retrouver mon calme et mon boudoir !

Annie

La Rotrouenge : Les fleurs.

 

 

Les fleurs

 

Oh quel plaisir de voir s’ouvrir les fleurs,
Car de cela jamais je ne me lasse !
Celles des champs aux multiples couleurs,
Vont par instinct où le vent se prélasse…
J’aime les fleurs.

Dans les jardins chacune est un bonheur
Pour le regard qui doucement se pose
Sur l’une ou l’autre, afin de rendre honneur
A leur beauté qui parfois se repose…
Vive les fleurs !

Chaque bouton fait naître le désir
Qu’il s’ouvre enfin pour ôter les œillères.
Ah qu’il est bon de pouvoir le saisir
Ce pur joyau, dont la nature est fière !
Bonjour les fleurs !

Lys ou jasmin, arum majestueux,
J’aime vous voir naître dans ma parcelle !
Et si le temps devient tumultueux,
Je crains toujours que l’un d’eux ne chancelle !
Ô pauvres fleurs !

Annie

Le sonnet marotique : Printemps.

 

Printemps

Le temps est revenu de voir s’ouvrir les roses,
De gagner les bosquets où les amants fidèles,
S’en vont main dans la main guetter les hirondelles,
Où cueillir du bonheur, maintes dentelles roses.

Adieu les jours frileux ! Adieu tristes névroses !
Bientôt refleuriront les belles muscadelles,
Nous n’aurons plus besoin d’allumer les chandelles,
Car les jours seront longs au pied des primeroses !

Les matins sont en or, les cieux sont diamants,
Oh mois des mariés que vous êtes charmants !
On se doit d‘être heureux au son des campaniles.

Voici venir aussi les plus belles chansons
Qui, sous les feux du ciel, bénissent les moissons
Mêlant leur voix profonde aux notes juvéniles.

Annie