
Déjà l’automne
L’arbre rougit devant l’automne,
Le soleil calme son tison.
Dans le lointain l’oiseau chantonne,
Il faut bien clore la saison,
Qui jouait de sa déraison
Pour enflammer la canicule !
Bien à l’abri de ma maison
J’admire l’or d’un crépuscule !
Moins de parfums dans l’air atone,
Dont j’aimais tant l’exhalaison,
Mais puisque j’ai l’âme bretonne,
Je sors l’espoir de sa prison !
En attendant la floraison
De la prochaine renoncule,
Devant la tendre effeuillaison,
J’admire l’or d’un crépuscule !
De mon canapé de cretonne,
Ma main sur la chaude toison,
Du chat qui lors, se pelotonne,
Je vois déjà qu’en garnison,
De lourds nuages à foison
Tâchent le ciel et le bouscule…
Mon œil rivé sur l’horizon,
J’admire l’or d’un crépuscule !
J’ai commencé la semaison,
Cela n’a rien de ridicule
Car en dorlotant mon gazon,
J’admire l’or d’un crépuscule !
Annie Poirier









