Archives mensuelles : avril 2020

Sonnets à kyrielle avec un ami poète, suite.

Repoussoir

Hélas, tout mon espoir ternit et puis s’affaisse,
Votre lettre Madame, est mon grand désespoir
Et mon âme déçue, embossée au butoir,
Tant votre atermoiement trop exigeant me blesse.

Comment puis-je chanter sans vous mettre en détresse
Car ma voix de fausset est un vrai repoussoir
Qui ne pourrait hélas, votre cœur, émouvoir
Tant votre atermoiement trop exigeant me blesse.

Je ne verrai jamais le ciel de votre lit
Et voilà tout à coup mon désir ramolli
Tant votre atermoiement, trop exigeant me blesse.

Mais c’est avec regret que j’attendrai l’été
Afin de rêver à votre décolleté,
Tant votre atermoiement trop exigeant me blesse.

Capricorne

Encouragements

Mais pourquoi pensez-vous être si décevant ?
Écoutez cet oiseau dont la voix nous étonne,
Il n’est pas rossignol et pourtant il chantonne !
Donnez moi votre main et partons de l’avant !

Rejoignez moi ce soir, je serai sous l’auvent,
Mais ne tardez pas trop, voici venir l’automne,
Et je crains d’avoir froid sous ce ciel qui moutonne !
Donnez moi votre main et partons de l’avant !

Si chanter vous fait peur, pour une valse lente,
Ah vous m’obligeriez à me faire galante !
Donnez moi votre main et partons de l’avant !

Quand vous m’enlacerez, je ne serai farouche,
Peut-être aurez vous droit au parfum de ma bouche…
Donnez moi votre main et partons de l’avant !

Annie

 

Suite de sonnets à Kyrielle : En écho à Annie.

 

 

En écho à Annie

Votre doux madrigal m’emplit d’émotion
Et croyez bien Madame en mon impatience
De vous chanter l’amour en toute conscience,
Pour déposer ici mon admiration.

Mais veuillez accepter cette Partition
Pour m’avoir déclaré votre intime audience
Afin que je chantasse en toute confiance
Pour déposer ici mon admiration.

Je sens en vous la fleur aux soucis de recluse
Et vous offre mon cœur en qualité de muse
Pour déposer ici mon admiration.

Ce serait un plaisir de cueillir vos pétales,
En ce beau paradis, le pays des vestales,
Pour déposer ici mon admiration.

Capricorne

Proposition

Vous dirai-je Monsieur tout mon empressement
A recevoir ici votre cœur en otage ?
Mais si votre désir exige davantage,
Il vous faudra chanter bien agréablement !

Comme il doit être bon dans ce confinement
De se retrouver deux pour un savant partage !
Me pardonnerez-vous ce tout petit chantage :
Il vous faudra chanter bien agréablement !

Sous le ciel de mon lit, vous aimerez sans doute,
Apaiser ce chagrin qu’aujourd’hui je redoute,
Il vous faudra chanter bien agréablement !

Quand la nuit tombera sur notre bel été,
Votre main sera douce à mon décolleté ;
Il vous faudra chanter bien agréablement !

Annie

Sonnets à kyrielle avec un ami poète.


Je vous présente un échange de sonnets à kyrielle écrits avec un talentueux ami poète, membre du forum Poésis, que je remercie pour sa belle interprétation.

 

Affabulation

Madame écoutez-moi exhaler mon soupir,
Au jardin du désir caché sous ma couette
Car je rêve la nuit de votre silhouette
Mais chassé par un sort, las je dois déguerpir.

Et ma terreur gonflant sans pouvoir s’assoupir
J’entrevois votre corps, rêvant de sa conquête
L’esprit paralysé je tairai ma requête
Mais chassé par un sort, las je dois déguerpir.

Je crois voir dans vos yeux de belle prisonnière,
La supplication pour être la première,
Mais chassé par un sort, las je dois déguerpir.

Aujourd’hui j’aspire à vous offrir  ma pervenche
Pour enfin espérer de prendre ma revanche
Mais chassé par un sort, las je dois déguerpir.

Capricorne
 
Invitation
Oh monsieur croyez-moi, je sais votre chagrin !
Ami je vous attends depuis belle lurette,
Me feriez-vous l’honneur d’habiter ma chambrette ?
Ah chantez moi l’amour en pur alexandrin !
J’y serais votre muse, et vous mon suzerain,
Et s’il vous sied aussi de me conter fleurette,
J’emprunterais l’habit d’une humble bergerette !
Ah chantez-moi l’amour en pur alexandrin !
Si le désir vous prend de cueillir mes pétales,
Je quitterais, c’est sûr, l’univers des vestales…
Ah chantez-moi l’amour en pur alexandrin !
Vivons le paradis avant que tout s’envole,
Le bel âge est printemps, il aime être frivole…
Ah chantez-moi l’amour en pur alexandrin !
Annie
 

Le sonnet à kyrielle : Fin de confinement.

Fin de confinement

Il souffle dans mon cœur un vent de liberté
Depuis que le printemps quitte sa houppelande
Pour fleurir les genêts qui poussent sur la lande ;
Mais quand pourrai-je enfin rejoindre leur fierté ?

La foule des oiseaux semble se concerter
Devant un frais buisson dont la belle guirlande
Vient choir au cœur de la tulipe de Hollande ;
Mais quand pourrai-je enfin rejoindre leur fierté ?

Il pleut des papillons, des confettis de lune,
Autour de mon jardin croulant sous sa fortune ;
Mais quand pourrai-je enfin rejoindre leur fierté ?

Une rose a souri, une abeille s’envole
Afin de retrouver un iris plus frivole…
Mais quand pourrai-je enfin rejoindre leur fierté ?

Annie





Le sonnet français : Histoire sans queue ni tête.

Histoire sans queue ni tête !

C’est la panique entre les rangs,
Quand une larve meurtrière,
Décide de faire carrière
En supprimant petits et grands.

« Tous les plus vieux, ces encombrants,
Qu’importe leur belle prière,
Leur lutte ou la cause ouvrière ,
Je vous les croque ces marrants ! »

Ainsi parlait notre commère, 
Car bien qu’ayant l’instinct primaire,
Elle adorait les champignons !

La morale de cette fable
C’est qu’avant de se mettre à table,
Il faut soigner tous ses oignons !

Annie

 

Le sonnet français : Le champ aux pâquerettes.

 

 

Le champ aux pâquerettes

Oh, dis ! T’en souviens-tu du champ de pâquerettes
Où des moutons laineux broutaient les boutons-d’or ?
Le temps filait son temps avec un rouet d’or
D’où volaient à foison des notes guillerettes.

La nature en éveil appelait ses fleurettes
Pour les poser tout doux sur un nouveau décor,
Tandis que le soleil en haut d’un mirador
Taquinait de son dard les premières aigrettes.

S’échappaient des frissons, des talus, bourgeonnant,
Laissant s’évaporer un mélange étonnant
De senteurs de sous-bois, de parfums d’églantine.

Mais oui, tu t’en souviens ! C’est écrit sur l’oiseau,
L’aile du papillon, l’abeille qui butine
Et bercé par le vent dans le chant du roseau…

Annie

Stances : Aux donneurs de leçons.

 

Tableau de mon amie Christiana Moreau

Christiana Moreau
Artiste peintre, sculptrice
Auteure du roman La sonate oubliée aux Éditions Préludes et au Livre de Poche
 

                                                                     

 

Aux donneurs de leçon

Aux donneurs de leçons je tire révérence,
Car ils ne savent pas ce que c’est d’être seul,
D’avoir pour un univers un bien sombre linceul
Que l’on tisse à vingt ans comme une délivrance.

A ceux croyant connaître un lourd passé qui mord,
Tel le volcan éteint d’une verte montagne,
Je dis tout simplement qu’à faire Charlemagne
Ils semblent oublier le pas du croque-mort !

Aux buveurs assoiffés de liqueurs et de bulles,
Je lève un ras le bol de larmes de chagrins,
Si ma flûte n’est pas le meilleur des écrins,
Elle peut recevoir des hymnes noctambules !

A tout libre penseur il faut bien une cause,
Si la mienne est rétive au monde intelligent,
J’implore le pardon de notre Dieu l’argent,
Qu’on me mette un bâillon dès que ma bouche cause !

Annie

La Schaltinienne double et à refrain, à deux plumes : Le cri des poètes.

 

Le cri des poètes

Petits bouts de rayon du cercle des poètes
Nous avons à l’esprit par nos plumes, scellé,
Un Éden trop vital pour être révélé,
Notre monde est ailleurs au dessus de vos têtes.

Lisez-nous quelquefois, vous serez bien surpris
De nous voir dorloter la moindre des clochettes,
Ou pleurer de chagrin lorsque le ciel est gris…

La douleur ou la joie emplissent nos rivières,
Mais quand la destinée engendre des civières,

Le silence est souvent le plus fort de nos cris !

Nos mots, nous les portons comme des amulettes,
Tout près de notre cœur au seuil d’être fêlé,
Vous saurez que le verbe est un chemin mêlé,
D’ortie et de chiendent, de douces violettes !

Nous aimons en ballade, au vent des incompris,
Notre muse implorer : « Souffle quand tu souhaites ! »
Jusqu’à temps d’estimer nos tourments amaigris.

Car nous vivons ainsi, riches de nos prières
Que, naïfs, nous lançons au-delà des frontières ;

Le silence est souvent le plus fort de nos cris !

Marlène et Annie

 

 

MERCI et bravo chère Marlène !