Archives mensuelles : août 2020

Le sonnet ïambique : Le silence des fleurs.

 

Le silence des fleurs

Je préfère conter les fleurs et leur silence
Plutôt que l’être humain
Quand il brasse de l’air avec cette insolence
D’indigne vieux gamin !

J’en cueille la beauté que leur tige balance
Pour me tendre la main
C’est ma façon de fuir le laid, la violence
Qui croisent mon chemin.

Pardonnez quelques pleurs face au dernier pétale
D’une rose en chiffon
Elle avait oublié, l’innocente vestale,

Le nuage griffon,
Le puceron gourmand d’une beauté fatale
Et ce monde bouffon !

Annie

Le sonnet marotique : Fin d’été.

 

Huile sur toile d’Yvette ma maman

 

Fin d’été

Les enfants sont partis, voici venir l’orage,
Le soleil, fier vainqueur des vacances d’été,
A roussi la campagne et son décolleté
Où coule désormais un délicat moirage.

Le tonnerre à nouveau laisse éclater sa rage,
Ramène une fraîcheur dont la sobriété
Pousse encor à chérir la tendre oisiveté
Qui baigne son ennui dans le creux d’un mirage…

La fontaine s’est tue au grand dam des oiseaux,
Guettant à qui mieux mieux le floc de quelques eaux
Lorsqu’une courte averse amorce sa reprise.

Dans la moiteur du soir, l’ombre avance à grands pas,
Invite la nature au tout dernier repas,
Celui d’une saison qui déteste la brise….

Annie

Le sonnet marotique : Fausse générosité.

Superbe tableau d’un ami poète Michel Doucet et peintre de talent.

A lire aussi chez mon amie Marie

 

Fausse générosité

Certains vont à confesse et d’autres vont à Lourdes,
Pour calmer le scrupule il faut la mission ;
Le mieux serait bien sûr une association
Que l’on nomme à loisir « Le nid des coquelourdes » !

C’est ainsi que parfois des peines bien trop lourdes,
En attendant du ciel leur part de potion,
Offrent à l’entourage une proche action
Qui n’aura pas l’attrait d’un repas de palourdes !

Agir en solitaire est peu valorisant,
Car plus on est de fous et plus c’est amusant,
On en oublie un peu l’objet de toute cause !

Le charisme n’a pas une voix de ténor,
Et lorsqu’il veut briller ce n’est pas de son or,
C’est d’avoir su guérir le chagrin dont on cause !

Annie

Le Rondeau parfait : Le verger de la France.

BLOG EN PAUSE

Le verger de la France

Quand l’horizon s’étire en vallons cotonneux
Mon regard cherche encor d’un vieux moulin les ailes ;
J’ai le cœur qui bat fort, serait-il amoureux
De cet endroit magique aux senteurs de prunelles ?

Il y fait chaud l’été, jusque sous les tonnelles 
Où s’accroche la vigne à de vieux troncs noueux
M’invitant à penser que les heures sont belles 
Quand l’horizon s’étire en vallons cotonneux !

A leur dieu tout là-haut brûlant de mille feux
Sourient les tournesols dans leurs jaunes dentelles ;
Accompagnant les ris – éclats majestueux –
Mon regard cherche encor d’un vieux moulin les ailes.

Défilent les vergers, pleines sont leurs mamelles
Du sirop de leurs fruits ; oh rien n’est plus fameux
Que ce péché de chair au goût de mirabelles !
J’ai le cœur qui bat fort, serait-il amoureux ?

Et dans les champs dorés les blés sont en cheveux,
Frissonnent de plaisir tant que les alumelles
N’arrivent pour tailler les toupets généreux
De cet endroit magique aux senteurs de prunelles.

J’aime de ce pays toutes les étincelles
Que le soleil ravi lance du haut des cieux,
Pour les fondre au sommet des neiges éternelles
A tel point qu’aujourd’hui je referme les yeux
Quand l’horizon s’étire…

Annie