Archives mensuelles : septembre 2020

Stances : Sexisme.

 

Sculpture de mon amie Christiana Moreau

 

Sexisme

 

Lorsque Dieu créa l’homme à l’identique image
De son dernier brouillon plutôt terne et falot,
Il rajouta la femme, il lui fallait un lot
De deux êtres unis par le même ramage !

Le premier se sentit fort et talentueux
En négligeant sitôt l’adresse féminine
Qui, de ses doigts de fée, entre enfants et cuisine
S’octroyait peu de temps pour le voluptueux…

L’habitude étant prise, on décréta d’emblée
Un injuste partage au nom d’une raison
Poursuivant son chemin entre siècle et saison :
Plus le muscle est puissant, plus la tête est comblée !

Ainsi pensait un monde, injuste et masculin,
S’étonnant aujourd’hui de voir jaillir, rebelles,
Des épouses, des sœurs, qui non seulement belles
Reprennent un flambeau qui tombait en déclin !

Oublions, s’il vous plaît, l’éternelle querelle !
Nous sommes si petits face au grand univers,
Marchons donc tous égaux, sans peur et sans travers,
Pour regarder demain naître d’une aquarelle !

Annie

Le sonnet français : Automne.

 

Aquarelle de mon amie Marie-Luce. 

Bravo Marie-Luce !

 

Automne

La fougère a roussi, les chênes en sanglots
Offrent leurs chapelets de glands à la nature
Sur lesquels mon pied glisse avec désinvolture,
Effrayant la hulotte et quelque doux mulots.

Il pleut des feuilles d’or, comme si des brûlots
Avaient cramé les bois dont la haute mâture
Taquine un nouveau ciel qu’un nuage torture,
Après avoir éteint ses tout derniers falots !

Le temps est arrivé de cueillir sur la mousse
Cet étrange bonhomme à la tendre frimousse
Qui plaît à l’omelette ainsi qu’à mon gosier !

Quand l’automne s’invite au seuil de ma chaumière,
Je ne sors plus jamais sans mon panier d’osier,
Qui reprend tendrement sa tâche coutumière !

Annie

Stances : Mon chemin de bruyère.

 

 

 

J’ai en ce jour une pensée particulière pour monsieur Jean-Paul Magois, ancien président de l’Essor poétique de la Roche Sur Yon, poète au grand cœur, amoureux des jolis mots, qui  vient de rejoindre les étoiles.  Ce poème fut écrit à l’occasion de jeux floraux 2016 sur le thème du chemin.

BLOG EN PAUSE

Mon chemin de bruyère

Mon chemin caracole entre le temps, l’espace,
Jouant à chat perché comme à saute-mouton,
En se faisant mutin quand la bergère passe,
Il rajoute une fleur au col de son veston !

Pour couronner l’été, s’habillant de verdure,
Il offre au promeneur des senteurs et des chants ;
On y vient oublier combien la vie est dure
Dans les bras de bruyère et de soleils couchants…

Ami du pèlerin il en fait un surhomme
Tandis qu’il vire vire et monte et redescend ;
Si d’aucuns de penser : « Tout chemin mène à Rome »,
Le sentier dont je parle est vraiment ravissant,

Il préfère aux honneurs la caresse divine,
Celle que l’on reçoit dans le feu du matin
Dès qu’un rayon de ciel s’échappe et puis ravine
Pour fondre tout son or au creux d’un serpentin !

Annie Poirier

Le sonnet marotique : Christiana.

 

Les deux romans de Christiana chouchous de ma bibliothèque !
Merci à mon amie pour m’avoir citée dans « Cachemire rouge » que ce soit dans la première édition ou la seconde traduite en Italien ! C’est un grand honneur pour moi car je suis loin de l’avoir  mérité !

 
Christiana Moreau
Artiste peintre, sculptrice
Auteure du roman La sonate oubliée aux Éditions Préludes et au Livre de Poche
  • Prix des lecteurs Club, auteur belge 2017
  • Prix du premier roman du Rotary Club Cosne-sur-Loire 2018
  • Prix 2018 « Une terre, un ailleurs » des médiathèques Durance, Lubéron, Verdon, premier roman 
Cachemire rouge, roman aux éditions Préludes
 
 

Christiana

Mon amie est artiste, au talent sans limite,
Séductrice au grand cœur des amoureux du beau,
En ralliant la femme à son joyeux flambeau,
Elle a pour nous toucher sa propre dynamite !

Des entrailles du temps, comme une stalagmite,
Elle sort des trésors de leur sombre tombeau,
Mais sa plume n’a pas la noirceur d’un corbeau,
Elle a les pouvoirs fous d’un morceau d’adamite !

De Seraing à Venise, au son d’un violon,
Elle aime à voyager au dos d’un aquilon
Avec pour seul bagage un pull en cachemire…

Ses mains sont de velours, son pinceau délicat,
Chaque œuvre a le goût fin d’un raisin de muscat,
Comprenez-vous pourquoi, je l’aime et je l’admire !

Annie