Archives mensuelles : octobre 2020

La Villanelle : Ma girouette.

 

Ma girouette

Sous l’aile d’une alouette
Passe un éclair dans les cieux,
Quelle est cette silhouette ?

On dirait une mouette,
Tant son vol est gracieux, 
Sous l’aile d’une alouette !

Quand le vent hurle et fouette,
Le nuage est sourcilleux ;
Quelle est cette silhouette ?

J’imagine une chouette
Dans mon rêve audacieux, 
Sous l’aile d’une alouette !

J’ai perdu ma girouette !
Comme Éole est vicieux !
Quelle est cette silhouette ?

Voilà que dans ma brouette
Brille un œil facétieux !
Sous l’aile d’une alouette
Quelle est cette silhouette ?

Annie

Souvenirs d’enfance.

Si vous aimez les livres et la poésie, voici un nouveau recueil édité aux éditions Stellamaris ( mon éditeur) Souvenirs d’enfance . Il regroupe les poèmes lauréats d’un concours organisé par Afropoésie au profit de l’association HELPED.

Vous y retrouverez mon écrit, Grand-mère Bretonne, ainsi que de nombreux poèmes amis ! Bravo à cette association !

 

http://editionsstellamaris.blogspot.com/2020/10/souvenirs-denfance.html

Grand-mère bretonne


Il est de ces parfums qui hantent ma mémoire,
Déroulant du passé le plus beau souvenir,
Celui de mon aïeule au pays du menhir,
De la coiffe bretonne et d’une ancienne armoire…

Quand l’âtre chantonnait les émois du matin
Le vieux meuble de chêne étirait ses jointures ;
En demeurant blottie entre mes couvertures,
J’espérais simplement que dure ce festin !

Les yeux malicieux de grand-mère l’idole
Pétillaient de sa joie à me faire plaisir,
Mon bonheur était tel qu’il me voyait rosir
Dès qu’un fumet connu lançait sa farandole !

Alors je bondissais comme un chaton malin
Avide de goûter les crêpes en dentelle
Dont la chaleur encor, tendrement maternelle,
Longtemps demeurera dans mon rêve orphelin.

Au clic-clac des sabots répondait la pendule
Égrenant chaque instant de ses doigts dégourdis
Afin de rappeler que même au paradis
Chaque minute offerte apporte sa ridule…
Annie Poirier

Le Rondeau : A la pêche aux rimes riches.

 

A la pêche aux rimes riches

J’avoue aimer la rime riche,
Et pour cela parfois je triche,
Je ruse et cueille un doux prénom
Tels que Victor ou bien Manon,
Je m’invente un voyage en Autriche !

Lorsque j’ai rempli ma bourriche,
Je sème et plante sur la friche
La nouveauté dont le chaînon
Fera peut-être mon renom !
J’avoue…

Je m’approprie un lophotriche
En évitant le sporotriche,
Mais je rajoute à mon pennon
La fourrure d’un lagotriche !
J’avoue !

Annie

En écho à mon poème, celui de mon ami Roger, très talentueux poète !

Elle est belle la rime riche
Qui ne boite pas ni ne triche
Appuyée sur une consonne
Qui la soutient, qui la façonne
Experte en musicalité
Cadence, originalité

Mais si je ne la trouve pas
Qu’une autre au moins soit suffisante
Bien à sa place dans sa strophe
Qu’elle me paraisse sympa
Qu’elle intervienne séduisante
Et m’interpelle et m’apostrophe

Que masculine ou féminine
Elle rénove, elle peaufine
Sans oublier qu’elle est sensée
Devoir exprimer ma pensée
Pauvre elle n’aura de valeur
Que parée d’une vraie couleur…


Roger

Le sonnet lozérien : En pays Vendéen.

En pays Vendéen

La Sèvre est en bouillon, le vent souffle en tempête,
La berge a disparu,
Pour couronner le tout, sous l’œil du ciel bourru,
Mon jardin fait trempette.

L’épisode automnal maintes fois se répète ;
Je n’aurais jamais cru
Tant l’endroit est charmant, devoir monter à cru
Éole et sa trompette !

Arrivée au pays je n’étais qu’une bru,
Sans croix et sans carpette, *
Mais j’ai vite adopté brioche et jambon cru !

Sans effort ni grimpette,
Ici je trouve aussi quelques vins de bon cru,
Oh saperlipopette !

Annie

* coiffe

Le Pantoum : Souvenirs gourmands.

Tableau de mon amie Christiana Moreau.
 
Christiana Moreau
Artiste peintre, sculptrice
Auteure du roman La sonate oubliée aux Éditions Préludes et au Livre de Poche
  • Prix des lecteurs Club, auteur belge 2017
  • Prix du premier roman du Rotary Club Cosne-sur-Loire 2018
  • Prix 2018 « Une terre, un ailleurs » des médiathèques Durance, Lubéron, Verdon, premier roman 
Cachemire rouge, roman aux éditions Préludes
 

Souvenirs gourmands

J’ai le passé qui me chatouille,
Hier n’est donc pas si lointain ?
Il fait plus frais, la saison touille
Mille couleurs dans le matin…

Hier n’est donc pas si lointain ?
Je me revois tendre et jeunette…
Voici le cuivre et le châtain,
La grappe d’or et la reinette.

Je me revois tendre et jeunette
Cueillir la mûre au bord des prés.
Le vent pousse sa chansonnette,
Taillis et bois sont chamarrés.

Cueillir la mûre au bord des prés,
Ô pur bonheur des soirs d’école !
Les cieux s’endorment empourprés,
Un gros nuage caracole…

Ô pur bonheur des soirs d’école,
Des fous jeudis chocolatés !
Pour respecter le protocole,
Ils partent tous les chauds étés !

Des fous jeudis chocolatés,
Je garde en bouche un goût tenace !
Les jours trop courts sont frelatés
Dès que l’averse les menace…

Je garde en bouche un goût tenace :
Qu’il était bon le pain perdu !
L’automne enfin se fait pugnace,
Déjà l’hiver est attendu ?

Qu’il était bon le pain perdu
Dans son fumet de ratatouille !
Mon cœur au temps s’est suspendu,
J’ai le passé qui me chatouille…

Annie


Le Rondel : Triste épisode.

Triste épisode

Quand un ruisseau devient torrent,
On voit prier la verte osmonde ;
Il rage, il fume, et puis émonde
Bois et taillis, c’est effarant…

Devenu fou, vociférant,
Il cesse d’être calme et monde ;
Quand un ruisseau devient torrent,
On voit prier la verte osmonde…

Non satisfait, en conquérant,
Dans le village il vagabonde,
On dirait une fin du monde ;
Même le ciel part en courant,
Quand un ruisseau devient torrent !

Annie