Archives mensuelles : décembre 2020

Le sonnet à rebours : Changement d’horizon.

Changement d’ horizon 

Je loge au pied d’un mur abritant des mésanges
Qui viennent éblouir mon regard éperdu,
N’ayant pour rêvasser que des toits en losanges !

Ô nouvel horizon ! sous les cieux suspendu,
Mais comment désormais accepter ce mensonge,
Croire en un paradis sur le dos d’un vieux songe ?

Pas un seul bruit pourtant ne trouble l’univers
Où nous avons à deux installé nos pénates,
Sachant que près de là valsent les odonates,
Quand la belle saison fait chanter ses revers…

En m’installant ici j’ai compté mes hivers,
Au lieu d’imaginer qu’aux prochaines sonates,
Les nymphes du printemps en déroulant leurs nattes
Viendront à ma fontaine y pêcher quelques vers !

Annie

Le sonnet espagnol : Raconte-moi Noël !

Raconte-moi Noël !

Pour raconter Noël, il suffit d’un crayon,
De quelques blonds fétus, de la plume d’un ange,
D’une femme à genoux à la voix de mésange
Qui serre sur son cœur, d’un doux fruit, l’oreillon,

De moutons dans le ciel, tous pendus au trayon
D’un astre plus goûteux que le jus d’une orange,
Déposée au matin à l’abri d’une grange,
Où le soleil tardif vient planter son rayon,

D’une branche de houx, de bonbons de guimauve,
D’un beau sapin tout vert où s’endort un chausson
Oubliant, pour un soir, tous les secrets d’alcôve !

C’est le clair gazouillis d’un nouvel enfançon,
Pour qu’éclate la fête avant que ne se sauve
A minuit, en douceur, la divine chanson !

Annie

Le Zégel Marocain : Soleil de décembre.

 

 

 

Soleil de décembre

Un soleil de décembre a doré ma palette
Qui, lasse de grisaille, ajustant sa voilette
En signe de grand deuil, pleurait la violette,
L’hirondelle jolie et le joyeux pinson.

J’ai plongé mon esprit dans ce rai de lumière
Pour éclairer les murs de ma tendre chaumière
Tout en rêvant d’amour et de rose trémière ;
Le silence riait en sifflant sa chanson !

C’est à ce moment-là qu’une muse aquarelle
Me souffla quelques vers, dont la rime si frêle,
Caressa mon matin d’un vol de tourterelle
En déposant sa plume en haut de mon buisson !

Tendrement j’ai cueilli cette offrande divine,
Afin de la plonger dans l’aube qui ravine
Entre les pans d’un jour aux éclats d’olivine,
Puis j’ai repris espoir sans crainte et sans frisson !

Annie

Le Zégel : Il neige.

Il neige

Il a neigé sur mon jardin !
Est-ce l’hiver et son gourdin
Qui décida comme un gredin
De secouer son ankylose ?

Il semblerait que les flocons
Se soient lassés de leurs cocons ;
En se penchant à leurs balcons
Ont préféré fêter ventôse !

Les voyez-vous valser au vent ?
Comme nonnes en leur couvent,
Vierges encor, c’est émouvant,
Riant de leur métamorphose !

Les innocents ne savent pas
Que pour bientôt marchant au pas,
Seul les attend un dur trépas
Pressé de voir fleurir la rose !

Annie