Archives mensuelles : janvier 2021

La petite Balladette : Charité facile.

Charité facile

Tous les oiseaux ont bien chanté,
Je bénis mon jardin hanté
Par cette foule très étrange :
Un rouge-gorge ensanglanté,
Un doux pinson désargenté,
Le merle noir que tout dérange !

Je cueille alors mille chansons
Qui, chatouillant fleurs et buissons,
Me font sourire de tendresse !
J’oublie un peu mes chauds frissons
Pour mieux servir ces polissons
Dès qu’ils étendent leur détresse !

Dans cet univers enchanté,
Comprenez donc mon allégresse
A faire don de charité !

Annie

Le sonnet à clausules : Honte à notre « belle » société.

Honte à notre belle société 

J’attends patiemment une place pour celle
Qui tombe chaque jour un peu plus lourdement,
Chacun feint d’ignorer sempiternellement,
Qu’hélas, de plus en plus, mon pauvre esprit chancelle…

Vais-je devoir sans fin agiter ma crécelle,
Et secouer aussi plus énergiquement,
Cette société qui pathétiquement,
Se moque plus que tout d’un chagrin qui ruisselle ?
J’attends !

Une épaule en morceaux, un poignet et j’en passe !
Ce n’est donc pas assez ? Faut-il donc que trépasse
Cette femme impotente au passé déroutant ?

Après avoir connu solitude et détresse,
Avais-je mérité cette arme vengeresse :
L’incroyable mépris d’un monde dégoûtant.
J’attends !

Annie

Le Maillet : Les mots.

 

Les mots


Flirter avec les mots pour enrichir la prose,
S’accrocher à toujours qui rime avec amour,
En caressant madame et son esprit glamour,
Pour oublier chagrin car il est trop morose.

Cueillir le mimosa qui fleurit au jardin,
Flirter avec les mots pour enrichir la prose,
Respirer le parfum que nous offre la rose,
Pour chasser le cafard qui n’est pas anodin.

Se lover dans un lit, dans ses draps de satin,
En berçant la paresse et sa dentelle rose ,
Flirter avec les mots pour enrichir la prose,
Essuyer la tristesse et sa glace sans tain.

Cultiver le bonheur, arrachant la névrose,
Pour croquer la douceur dans un morceau de fruit,
Accueillir l’oiseau bleu pour adoucir le bruit,
Flirter avec les mots pour enrichir la prose.

Annie

Le sonnet français : Le ridicule ne tue pas.

 

Le ridicule ne tue pas


J’ai cueilli quelques mots pour en faire un poème,
L’un d’eux s’est échappé, causant mon désarroi,
Pour lui j’avais rêvé d’une place de roi
Entre deux vers luisant d’un éclat de bohème !

Mais dès que le paon d’or me parle de noème,
En guise de Pégase, à dos de palefroi,
Au pays de la rime et de son grand arroi,
Je galope aussitôt en quête d’un phonème !

Vais-je accomplir mon vœu de plus de cent sonnets 
Afin qu’une couronne en guise de harnais
Élève au plus haut rang ma plume qui bascule ?

Mais comment donc conclure un écrit sans valeur
Qui, tel un merle en gris, frisant le ridicule
Affecte un air hautain en vantant sa couleur !


Annie