Archives mensuelles : mai 2021

Le sonnet français : L’angoisse.

L’angoisse


Celui qui ne sait pas l’angoisse et sa souffrance,
Ne peut imaginer tout l’ampleur du dégât,
Quand un passé retors, plus poisseux qu’un nougat,
Vous tient le dragée haute, allant jusqu’à l’outrance.

Vous pensiez l’avoir vu tirer sa révérence
Dans un jardin gourmand de rose ou seringat,
Ne pouvant supporter, en triste renégat,
Que l’on puisse sourire à la moindre fragrance !

Et voici qu’il revient se repaître à nouveau,
De chiendent, de soucis, de l’eau d’un caniveau,
Où votre esprit se noie en son propre mal être.

Vous avez beau vouloir repousser l’ennemi,
Il vous colle à la peau comme un timbre à sa lettre
Tandis que vous rêvez d’une note de mi…

Annie

48 èmes jeux floraux de l’Essor poétique de la Roche Sur Yon.

Un seul prix cette année aux jeux floraux de l’Essor poétique de la Roche Sur Yon mais quel prix ! 

 


Course en solitaire


Partir à dos d’écume est un pari gagnant
Pour le skipper féru de course en solitaire,
Et qui trouve en Neptune un allié régnant.

Suite à de longs adieux pour son lopin de terre,
Toutes voiles dehors, futé navigateur,
Il se tient prêt enfin à sonder le mystère !

Passé le Pot au Noir, il vise l’équateur,
Jongle avec les embruns, maîtrise les bourrasques,
D’un troupeau rugissant, il devient le dompteur !

Ne dormir que d’un œil, en rêvant de Tarasques,
Voilà quel est le sort de ce prompt chevalier,
Fiancé de la nuit qui l’invite en ses frasques.

Quand l’océan se calme, ô bonheur singulier
De savourer déjà sa première victoire :
– Être seul maître à bord à flatter son geôlier !

Poète ou baroudeur, que j’aime son histoire
Nourrissant mon esprit ivre d’émotions,
Lorsque tous les brisants changent sa trajectoire !

Traverser l’impossible et ses mille sillons
Relève de l’exploit, mais avec du courage,
L’être humain, bien souvent, renaît de passions !

Qu’il récolte la gloire ou le pire naufrage,
L’important n’est-il pas d’avoir frôlé le ciel,
Sans regretter jamais la douceur d’un ancrage,

Afin d’y revenir riche d’essentiel !
Annie

 

 

Le sonnet quinzain : Timidité.

 


Timidité


Je me souviens d’un temps où j’étais jeune et belle,
Mais ne le sachant pas, je préférais les fleurs,
Je lisais Cendrillon et je cueillais ses pleurs,
En les mêlant aux miens de naïve rebelle !

A la saison des fruits, mon teint de mirabelle,
S’éclaira d’un sourire et prit quelques couleurs,
Juste assez pour rêver de parfums enjôleurs ;
Bien trop timide encor, je n’ouvrais mon labelle !

Deux ou trois brins d’amour et voilà que soudain,
J’appris à côtoyer les roses d’un jardin,
Où la galanterie invitait à la danse…

Aujourd’hui c’est l’automne, et je traduis en vers,
Tout ce qui fait ma crainte à l’aube des hivers ;
Faudra-il désormais réduire la cadence,

Pour polir de nouveau tout l’art de la prudence ?

Annie