Archives mensuelles : janvier 2022

Le sonnet marotique : Frayeur.

Frayeur

Dans le lointain brumeux, un vieux coq s’époumone,
Il appelle le jour, paresseux ce matin ;
Après la longue nuit, un voile de satin,
Enveloppe à loisir l’ombre d’une démone…

Derrière mes volets, j’entends que l’on marmonne…
Qui cherche à m’effrayer ? Quel est ce plaisantin ?
Un elfe des sous-bois, un korrigan mutin ?
Mon regard sourcilleux s’attache à la crémone !

Voilà que maintenant on gratte au portillon,
Ce ne peut-être, hélas, un vol de papillon,
Fatigué de sa nuit, effleurant ma sonnette !

La curiosité, plus forte que la peur,
Me conduit jusqu’au seuil et là, c’est la stupeur !
Aguicheuse, je vois, une tendre minette !

Annie

Le sonnet français : Bientôt.

 

Bientôt


Quand reviendra le temps des rires et des fleurs,
J’irai par les chemins, j’irai sur la colline,
En suivant l’oiseau bleu dans l’aube qui décline,
Et jouir du matin négligeant ses pâleurs.

Les pinceaux du printemps, de leurs mille couleurs,
Effaceront bientôt de leur grâce câline,
La noirceur des sous-bois ôtant leur capeline,
Soulagés d’en finir avec les tristes pleurs !

J’ouvrirai chaque jour la porte ou la fenêtre,
Je bénirai le ciel tout heureux de renaître,
Sans craindre le nuage ou la force du vent…

Je guetterai le soir la lune et sa chandelle,
Pour attraper au vol un chant d’engoulevent,
Et broder mon sommeil d’un rêve d’hirondelle !

Annie