Archives mensuelles : juillet 2022

Le sonnet hétérométrique : Sous les feux de l’été.

Merci à mon amie   Maria  pour cette sublime mise en page du tableau de ma maman.

Sous les feux de l’été


Mais où sont donc passés tous nos étés d’antan,
L’éclat de leur lumière,
Qui dorait la saison jusque dans son mitan
Et la rose trémière ?

Aujourd’hui c’est l’excès qui détruit les cultures,
Les jolis bois de pins,
Et même les logis du sol jusqu’aux toitures ;
Adieu pauvres lupins !

Aux feux de la saint Jean si nous brûlions nos ailes,
C’était que Cupidon,
Attisait sans compter les cœurs des demoiselles !

Ô le triste brandon !
Entendez-le gémir sous la dent d’une flamme
Qui lui dévore l’âme…

Annie Poirier

Le sonnet français : Engagement.

Merci Maria pour cette si belle mise en page !
Engagement

C’était le tout début de la grande aventure,
Tes mots berçaient les miens de leur roucoulement,
Et nous étions fin prêts pour le plus beau serment,
Qui ne regrette en rien sa douce signature.

Le temps a fait son œuvre, et notre couverture,
Demeure cet amour qui vogue doucement,
Loin du chahut d’un monde où chaque évènement
S’affiche désormais avec désinvolture.

Aujourd’hui l’on blablate à tort et à travers,
On devrait imposer les règles de ces vers
Afin de mieux ouïr la force d’un langage…

Qu’il soit long, qu’il soit court, on aime ce chemin
Sur lequel, pas à pas, un vrai couple s’engage
En croisant bien les doigts pour voir naître demain !

Annie Poirier

Le sonnet marotique : Merveilleux été.

 

Un grand merci à mon amie Maria pour cette superbe mise en page !

Merveilleux été


La foule des oiseaux amuse ma chaumière,
Réveille les matins de leurs chants racoleurs,
Un coin de paradis, aux doux parfums de fleurs,
Sur terre est descendu dans un rai de lumière.

Éclatante, je vois une rose trémière
Défroisser ses froufrous, fière de ses couleurs,
Que l’été rayonnant, de ses doigts ciseleurs,
Distribue en plein juin comme une avant première !

Et juillet qui s’éclate, en sa belle mi-temps,
Fait danser dans les cœurs des rêves envoûtants,
Sous des flocons de lune à la teinte ivoirine.

La lave du mois d’août a roussi le verger,
Le temps file plus vite à l’ombre du Berger,
J’ajoute à mon dessert un jus de nectarine !

Annie

Le sonnet irrégulier : Sagesse obligatoire.

Sagesse obligatoire !


Je vois, vous souriez devant mon état d’âme
Lorsque l’âge avançant il me vient des frayeurs !
– Cupidon désormais ira-t-il voir ailleurs
Afin de ménager et mon cœur et sa dame ?

Me faudra-t-il aussi rallonger mon jupon
S’il n’est plus de bon goût de montrer mes gambettes ?
Vais-je donc maintenant regretter les courbettes ?
Ah non ! Rassurez-moi, ce serait le pompon !

Et ne me dites pas tout ce que je devine :
L’apparence n’est rien sans la grande bonté !
Mais ne trouvez-vous pas votre Muse divine

Quand apparaît soudain quelque grain de beauté,
Niché, le bienheureux, dans le creux d’un corsage ?
Ah bien triste est la vie à force d’être sage !

Annie