Archives de catégorie : Lieux de promenade.

Le sonnet lozérien : En pays Vendéen.

En pays Vendéen

La Sèvre est en bouillon, le vent souffle en tempête,
La berge a disparu,
Pour couronner le tout, sous l’œil du ciel bourru,
Mon jardin fait trempette.

L’épisode automnal maintes fois se répète ;
Je n’aurais jamais cru
Tant l’endroit est charmant, devoir monter à cru
Éole et sa trompette !

Arrivée au pays je n’étais qu’une bru,
Sans croix et sans carpette, *
Mais j’ai vite adopté brioche et jambon cru !

Sans effort ni grimpette,
Ici je trouve aussi quelques vins de bon cru,
Oh saperlipopette !

Annie

* coiffe

Le Rondel : Triste épisode.

Triste épisode

Quand un ruisseau devient torrent,
On voit prier la verte osmonde ;
Il rage, il fume, et puis émonde
Bois et taillis, c’est effarant…

Devenu fou, vociférant,
Il cesse d’être calme et monde ;
Quand un ruisseau devient torrent,
On voit prier la verte osmonde…

Non satisfait, en conquérant,
Dans le village il vagabonde,
On dirait une fin du monde ;
Même le ciel part en courant,
Quand un ruisseau devient torrent !

Annie

Stances : Mon chemin de bruyère.

 

 

 

J’ai en ce jour une pensée particulière pour monsieur Jean-Paul Magois, ancien président de l’Essor poétique de la Roche Sur Yon, poète au grand cœur, amoureux des jolis mots, qui  vient de rejoindre les étoiles.  Ce poème fut écrit à l’occasion de jeux floraux 2016 sur le thème du chemin.

BLOG EN PAUSE

Mon chemin de bruyère

Mon chemin caracole entre le temps, l’espace,
Jouant à chat perché comme à saute-mouton,
En se faisant mutin quand la bergère passe,
Il rajoute une fleur au col de son veston !

Pour couronner l’été, s’habillant de verdure,
Il offre au promeneur des senteurs et des chants ;
On y vient oublier combien la vie est dure
Dans les bras de bruyère et de soleils couchants…

Ami du pèlerin il en fait un surhomme
Tandis qu’il vire vire et monte et redescend ;
Si d’aucuns de penser : « Tout chemin mène à Rome »,
Le sentier dont je parle est vraiment ravissant,

Il préfère aux honneurs la caresse divine,
Celle que l’on reçoit dans le feu du matin
Dès qu’un rayon de ciel s’échappe et puis ravine
Pour fondre tout son or au creux d’un serpentin !

Annie Poirier

Le Rondeau parfait : Le verger de la France.

BLOG EN PAUSE

Le verger de la France

Quand l’horizon s’étire en vallons cotonneux
Mon regard cherche encor d’un vieux moulin les ailes ;
J’ai le cœur qui bat fort, serait-il amoureux
De cet endroit magique aux senteurs de prunelles ?

Il y fait chaud l’été, jusque sous les tonnelles 
Où s’accroche la vigne à de vieux troncs noueux
M’invitant à penser que les heures sont belles 
Quand l’horizon s’étire en vallons cotonneux !

A leur dieu tout là-haut brûlant de mille feux
Sourient les tournesols dans leurs jaunes dentelles ;
Accompagnant les ris – éclats majestueux –
Mon regard cherche encor d’un vieux moulin les ailes.

Défilent les vergers, pleines sont leurs mamelles
Du sirop de leurs fruits ; oh rien n’est plus fameux
Que ce péché de chair au goût de mirabelles !
J’ai le cœur qui bat fort, serait-il amoureux ?

Et dans les champs dorés les blés sont en cheveux,
Frissonnent de plaisir tant que les alumelles
N’arrivent pour tailler les toupets généreux
De cet endroit magique aux senteurs de prunelles.

J’aime de ce pays toutes les étincelles
Que le soleil ravi lance du haut des cieux,
Pour les fondre au sommet des neiges éternelles
A tel point qu’aujourd’hui je referme les yeux
Quand l’horizon s’étire…

Annie








Le sonnet français : Les parfums du passé.

Les parfums du passé

Les senteurs du passé chatouillent ma mémoire,
Réveillent mon printemps, devenu si lointain,
Qu’il aime à s’endormir dans la touffeur du thym
Pour renaître à nouveau dans les bras d’une armoire.

Un parfum de lavande, à la robe de moire,
Rejaillit tout à coup, tel un rire enfantin
Laisse éclater sa joie aux portes d’un matin
Qui ravaude la nuit les pages d’un grimoire.

Le café qui s’égoutte, au charme ensorceleur,
Me renvoie aussitôt à cette Chandeleur
Faisant sauter la crêpe en campagne bretonne !

La pêche et le melon, la figue ou l’abricot,
Embaument ma demeure où parfois je m’étonne
De voir déjà l’hiver face au coquelicot !

Annie

Le sonnet marotique : Bord de Sèvre.

Huile sur toile d’Yvette ma maman

Bord de Sèvre

C’est une barque bleue entre ciel et bocage
Qui rêve d’aventure et de parfums nouveaux ;
Seuls quelques promeneurs en ces jours estivaux
Font oublier un peu ce douloureux parcage…

Comme l’hiver fut long ! Tel un oiseau sans cage,
En ayant parcouru la berge et les caveaux,
Il noya sans compter rigole et caniveaux,
Chaque maison crut vivre au sein d’un marécage !

Aujourd’hui le printemps fait rire les bosquets,
Les roseaux et les joncs se montrent bien coquets,
Même la poule d’eau se mêle à l’euphorie !

Quand la chaleur s’endort dans les orgues du soir,
Le soleil épuisé gagne son encensoir,
Et la Sèvre reprend sa douce rêverie !

Annie

Le sonnet irrégulier : Automne en bord de Sèvre.

Merci à mon maître et ami, Flormed, pour cette superbe et magique mise en page !

Automne en bord de Sèvre

On ne voit plus danser les rochers de la Sèvre
Avec leurs nez pointus, ainsi que des dauphins
Tout heureux d’accueillir nymphes et séraphins
Quand l’étoile du soir apaise un peu la fièvre…

Désormais la rivière a recouvert son lit,
On entend bien plus fort la cascade qui gronde
Secouant le canot, la plume et puis la fronde,
Et chacun d’admirer l’adorable délit !

Dans ce bouillonnement les carpes sont aux anges,
Ne craignent le pêcheur ni le chant des mésanges,
Ayant déjà vécu toute une éternité !

Le chêne et le roseau désormais font trempette,
Et si l’on prend parfois la poudre d’escampette,
C’est pour laisser la place à ce décor hanté !

Annie