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Le Rondeau parfait : Le verger de la France.

BLOG EN PAUSE

Le verger de la France

Quand l’horizon s’étire en vallons cotonneux
Mon regard cherche encor d’un vieux moulin les ailes ;
J’ai le cœur qui bat fort, serait-il amoureux
De cet endroit magique aux senteurs de prunelles ?

Il y fait chaud l’été, jusque sous les tonnelles 
Où s’accroche la vigne à de vieux troncs noueux
M’invitant à penser que les heures sont belles 
Quand l’horizon s’étire en vallons cotonneux !

A leur dieu tout là-haut brûlant de mille feux
Sourient les tournesols dans leurs jaunes dentelles ;
Accompagnant les ris – éclats majestueux –
Mon regard cherche encor d’un vieux moulin les ailes.

Défilent les vergers, pleines sont leurs mamelles
Du sirop de leurs fruits ; oh rien n’est plus fameux
Que ce péché de chair au goût de mirabelles !
J’ai le cœur qui bat fort, serait-il amoureux ?

Et dans les champs dorés les blés sont en cheveux,
Frissonnent de plaisir tant que les alumelles
N’arrivent pour tailler les toupets généreux
De cet endroit magique aux senteurs de prunelles.

J’aime de ce pays toutes les étincelles
Que le soleil ravi lance du haut des cieux,
Pour les fondre au sommet des neiges éternelles
A tel point qu’aujourd’hui je referme les yeux
Quand l’horizon s’étire…

Annie








Le sonnet marotique : Bord de Sèvre.

Huile sur toile d’Yvette ma maman

Bord de Sèvre

C’est une barque bleue entre ciel et bocage
Qui rêve d’aventure et de parfums nouveaux ;
Seuls quelques promeneurs en ces jours estivaux
Font oublier un peu ce douloureux parcage…

Comme l’hiver fut long ! Tel un oiseau sans cage,
En ayant parcouru la berge et les caveaux,
Il noya sans compter rigole et caniveaux,
Chaque maison crut vivre au sein d’un marécage !

Aujourd’hui le printemps fait rire les bosquets,
Les roseaux et les joncs se montrent bien coquets,
Même la poule d’eau se mêle à l’euphorie !

Quand la chaleur s’endort dans les orgues du soir,
Le soleil épuisé gagne son encensoir,
Et la Sèvre reprend sa douce rêverie !

Annie

Le sonnet irrégulier : Automne en bord de Sèvre.

Merci à mon maître et ami, Flormed, pour cette superbe et magique mise en page !

Automne en bord de Sèvre

On ne voit plus danser les rochers de la Sèvre
Avec leurs nez pointus, ainsi que des dauphins
Tout heureux d’accueillir nymphes et séraphins
Quand l’étoile du soir apaise un peu la fièvre…

Désormais la rivière a recouvert son lit,
On entend bien plus fort la cascade qui gronde
Secouant le canot, la plume et puis la fronde,
Et chacun d’admirer l’adorable délit !

Dans ce bouillonnement les carpes sont aux anges,
Ne craignent le pêcheur ni le chant des mésanges,
Ayant déjà vécu toute une éternité !

Le chêne et le roseau désormais font trempette,
Et si l’on prend parfois la poudre d’escampette,
C’est pour laisser la place à ce décor hanté !

Annie