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Stances : Promenade en bord de Sèvre.

 

 

Promenade en bord de Sèvre

La chevelure d’or des genêts éclatants
Roule sur les dos nus des rochers immuables,
Que la neuve saison, de ses longs doigts affables,
Caresse au fil des jours en gestes nonchalants.

Foisonnants, les talus, pour préparer la mûre,
Accueillent mille fleurs et les nids des oiseaux,
Tandis qu’une rainette à l’abri des roseaux,
Ajoute son refrain à l’éclat d’un murmure !

Une glycine mauve, accoudée aux vieux troncs,
Rampe en catimini pour embrasser le lierre
Qui poursuit cependant sa tâche familière :
– Assurer le confort d’invisibles plastrons.

De maints reflets d’argent, aux riches cascatelles,
La rivière qui court, applaudit le cadeau,
Et mon âme du coup s’accroche à ce radeau,
Quand les dents du moulin chahutent ses dentelles !

Annie

La Terza-rima : Dans tes yeux.

Dans tes yeux…


Dans tes yeux j’aimerais à la frange du ciel
Cueillir mille couleurs et des morceaux d’étoile
Pour les mettre en bouquets en un flux glaciel,

Celui de mon chagrin dès qu’il trempe la toile
Des songes du passé qu’enveloppe une peur,
Dormant sous l’édredon d’une lune sans voile.

Ton regard si brûlant, tel un bain de vapeur,
Ramènerait la joie au milieu d’une lice
Comme un frisson d’amour qui se voudrait trappeur !

Hypnotisée ainsi je me ferais complice
De ce désir lové dans ton clin d’œil mutin
Prolongeant à plaisir l’adorable supplice !

Puis la nuit glisserait sur ton doigt de satin
La chaleur d’un baiser au doux chant des mésanges
Que tu déposerais sur ma bouche au matin,

A l’heure où Séléné rappelle tous ses anges.

Annie