Archives de catégorie : Fleurs et jardin

La Terza- Rima : Je t’aime à la folie.


Je t’aime à la folie

J’ai trouvé ce matin, comme un retour de flamme,
Des mots incendiant les élans de mon cœur,
Mais qui dormaient en paix aux tréfonds de mon âme.

Le désir réveillé, tel un malin croqueur,
Dénouant le velours des amours éternelles
Savoura de nouveau la divine liqueur !

Qu’il était bon ce temps au goût de mirabelles
Quand l’été de la vie offrant son lendemain
Ne lâchait pas encor ses multiples ombelles !

Et les yeux dans les yeux et la main dans la main,
Nous avons tant marché sur des rives lointaines,
Qu’on s’égarait parfois sur un plus doux chemin.

Nous avons bu l’amour aux vieux becs des fontaines
Et prêté des serments à ne plus en finir
Sous des cheveux de nuit aux teintes incertaines.

L’on se quittait cent fois, mais sans y parvenir,
Cent fois je relisais les promesses écrites
Que nous nous échangions pour peindre l’avenir.

Comprenez-vous pourquoi j’aime les marguerites ?

Annie

Le Blason : Soleil.

 

Soleil


Parfois je joue à l’ingénue,
Robe légère et jambe nue,
J’espère attiser ce frisson
Qui te rendra fort polisson !
Je ne dis rien, je me régale,
Je sens que mon feu de Bengale
N’attend que toi pour apaiser,
Grâce à l’appui de ton baiser,
Les flammes de cet incendie
Qui n’a rien d’une comédie !
Enfin  te voici, te voilà !
Plus de lainage ou falbala,
Cotillon simple et sandalette,
Je demeure sur la sellette !
Pour profiter du bel été,
Je t’offre mon décolleté,
En oubliant, ô bel amant,
Que tes rayons sont du piment !

Annie

Le sonnet français : L’angoisse.

L’angoisse


Celui qui ne sait pas l’angoisse et sa souffrance,
Ne peut imaginer tout l’ampleur du dégât,
Quand un passé retors, plus poisseux qu’un nougat,
Vous tient le dragée haute, allant jusqu’à l’outrance.

Vous pensiez l’avoir vu tirer sa révérence
Dans un jardin gourmand de rose ou seringat,
Ne pouvant supporter, en triste renégat,
Que l’on puisse sourire à la moindre fragrance !

Et voici qu’il revient se repaître à nouveau,
De chiendent, de soucis, de l’eau d’un caniveau,
Où votre esprit se noie en son propre mal être.

Vous avez beau vouloir repousser l’ennemi,
Il vous colle à la peau comme un timbre à sa lettre
Tandis que vous rêvez d’une note de mi…

Annie

Le sonnet français : Au banquet du printemps.

Merci à mon amie Maria pour cette très belle mise en page.

Au banquet du printemps

Le saule a ses cheveux et le bourgeon s’éclate,
Le printemps de nouveau fait rire le bosquet,
Tous les oiseaux du ciel raniment leur caquet,
Dans un monde en éveil qui fringote ou blablate !

On se met à rêver d’une rose écarlate,
D’arums majestueux, de l’œillet si coquet
Qu’il offre son parfum à l’éternel banquet
De la neuve saison qui tendrement le flatte !

Qu’il chante ou se pavane, on aime le coucou,
Et le bonheur revient nous tendre son licou
Avant de nous livrer des milliers de clochettes !

Dans le ciel azurin, tels des accroche-cœurs,
Les martinets gourmands sortent de leurs cachettes,
Et chacun d’applaudir entremets et liqueurs !

Annie

Le sonnet irrégulier : Les caprices des saisons.

Les caprices des saisons

Des fleurs sur ma fenêtre et du soleil enfin,
Est-ce donc le printemps qui s’est trompé d’horloge ?
S’attablant au jardin pour apaiser sa faim
Il taquine l’hiver et même le déloge !

L’automne en sa saison fut bien le plus gourmand,
Depuis l’heure d’été, pleurant de son déluge,
Il avait dévoré jusqu’au moindre gourmand,
Et privé de dessert le bonhomme et la luge.

Sur les pas japonais s’étale le gazon,
Faut-il déjà tailler dans l’épaisse toison
Afin d’apercevoir un ris de pâquerette ?

Le crocus s’est montré depuis belle lurette
A la douce pensée au grand cœur généreux,
Savourant un silence en son rêve amoureux…

Annie

Le sonnet espagnol : Rossignol du matin.

 

 

Rossignol du matin

Qu’importe la froidure ou l’actualité,
Rossignol du matin m’offre sa sérénade,
Je déguste son chant, telle une limonade
Désaltère ma soif de musicalité !

J’oublie alors d’un coup toute brutalité,
Mon esprit frétillant, du cœur de sa manade,
Laisse éclater sa joie et d’une talonnade
Fait tinter les grelots de ma vitalité !

La nature engourdie entrouvre une paupière,
Dès que la tourterelle amorce son refrain,
Tandis qu’une jacinthe ourle enfin sa guêpière.

Envolés les soucis, les cris et le chagrin,
J’imagine déjà, caché dessous la pierre,
Le grillon prisonnier de mon alexandrin !

Annie

Le Maillet : Les mots.

 

Les mots


Flirter avec les mots pour enrichir la prose,
S’accrocher à toujours qui rime avec amour,
En caressant madame et son esprit glamour,
Pour oublier chagrin car il est trop morose.

Cueillir le mimosa qui fleurit au jardin,
Flirter avec les mots pour enrichir la prose,
Respirer le parfum que nous offre la rose,
Pour chasser le cafard qui n’est pas anodin.

Se lover dans un lit, dans ses draps de satin,
En berçant la paresse et sa dentelle rose ,
Flirter avec les mots pour enrichir la prose,
Essuyer la tristesse et sa glace sans tain.

Cultiver le bonheur, arrachant la névrose,
Pour croquer la douceur dans un morceau de fruit,
Accueillir l’oiseau bleu pour adoucir le bruit,
Flirter avec les mots pour enrichir la prose.

Annie

Le sonnet marotique : Paroles de silence.

 

Paroles de silence

En buvant du silence en face de moi-même,
J’avale chaque bruit qui croque sous la dent
D’un soleil réveillé par le désir ardent
D’une lune pâlotte à force de carême.

L’ombre d’une lumière, en cristal de Bohême,
Glisse sur ma mémoire, et son rêve obsédant
Creuse dans le puits sec d’un livre redondant
D’où ne jaillit jamais la perle d’un poème.

La frange de la nuit, en balayant les cieux,
Secoue une poussière en gestes gracieux
Telle une bonne fée au seuil de sa chaumière.

La plume d’un instant, au bord d’un encrier,
Lasse de ne servir qu’à l’encre d’un courrier
S’envole dans le cœur d’une rose trémière…

Annie



La Rotrouenge : Les fleurs.

 

 

Les fleurs

 

Oh quel plaisir de voir s’ouvrir les fleurs,
Car de cela jamais je ne me lasse !
Celles des champs aux multiples couleurs,
Vont par instinct où le vent se prélasse…
J’aime les fleurs.

Dans les jardins chacune est un bonheur
Pour le regard qui doucement se pose
Sur l’une ou l’autre, afin de rendre honneur
A leur beauté qui parfois se repose…
Vive les fleurs !

Chaque bouton fait naître le désir
Qu’il s’ouvre enfin pour ôter les œillères.
Ah qu’il est bon de pouvoir le saisir
Ce pur joyau, dont la nature est fière !
Bonjour les fleurs !

Lys ou jasmin, arum majestueux,
J’aime vous voir naître dans ma parcelle !
Et si le temps devient tumultueux,
Je crains toujours que l’un d’eux ne chancelle !
Ô pauvres fleurs !

Annie