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Le Rondel : Été pourri.


Été pourri


Le ciel est gris, mon cœur est triste,
Depuis des mois plus de gaîté,
Le temps se moque de l’été
Pleurant tous ses talents d’artiste…

Touffeur du soir, aube fleuriste,
Et ce soleil en majesté
Qui rend chacun plus optimiste,
Cela n’est-il pas mérité ?

Pourquoi ce rideau de batiste
Qui garde en sa captivité
Un horizon désappointé
D’être pris pour un fantaisiste ?
Le ciel est gris, mon cœur est triste…

Annie

Le sonnet à échos : Invitation 2.


Invitation 2

Consentir à m’asseoir ? Mais je ne le peux pas !
Je cours par monts, par vaux, de partout l’on m’appelle !
L’un me veut à sa porte et l’autre à la chapelle,
J’ai promis un cantique à l’aube d’un trépas…

Comme il s’agit d’un Grand je me hâte le pas,
Va donc en m’attendant cueillir la pâquerette,
La rime est dans son cœur, tu peux conter fleurette !
J’ai promis un cantique à l’aube d’un trépas…

Soigne aussi ton menu, bien maigre est ton repas,
Après quelques progrès peut-être qu’à la brune
Je viendrai faire un tour pour combler ta lacune ;
J’ai promis un cantique à l’aube d’un trépas…

Consentir à m’asseoir ? Mais je ne le peux pas !
J’ai promis un cantique à l’aube d’un trépas…

Annie

Le sonnet à échos : Invitation 1

En panne complète d’inspiration, j’ai décidé de reprendre mes sonnets à échos publiés dans mon recueil « Vagabondages « !

Invitation 1

Ma muse, s’il te plaît, viens donc ici t’asseoir,
J’aimerais avec toi faire un peu la causette ;
Je nous lance un défi, qu’as-tu dans ta musette
Pour rêvasser à deux en attendant le soir ?

Tu ne fais que passer, je crains ton repoussoir,
Me laissant sur mon banc bien triste et solitaire,
Préférant je comprends, le confort d’un voltaire
Pour rêvasser à deux en attendant le soir…

Tu le connais pourtant ce désir d’ostensoir :
Composer un sonnet qui brille et qui fleuronne
A tel point qu’un second réclame une couronne
Pour rêvasser à deux en attendant le soir.

Ma muse, s’il te plaît, viens donc ici t’asseoir
Pour rêvasser à deux en attendant le soir !


Annie

Le sonnet Pétraquien : A bas le Covid !

Un bel écho chez Annick !

A bas le Covid !

Vous les enfants gâtés n’ayant connu de guerre,
Réveillez-vous enfin ! Ouvrez mon horizon !
Ôtez ce masque infect, écoutez la raison,
Ma liberté s’arrête et la vôtre est vulgaire !

Vous oubliez déjà tout ce qui fut naguère,
Et pourtant le passé pleure son oraison.
Combien de nos aïeux ont quitté leur prison
Sans profiter jamais de notre instinct grégaire…

La balle est dans le camp des plus savants que nous,
Ceux qui par leur science ont guéri mon doux père
Quand la tuberculose avançait à genoux…

On vous offre la vie et non pas la vipère !
Combien il sera bon de quitter les burnous,
Quand ce fichu virus mourra dans son repaire !

Annie

Le sonnet français : Le bal des hirondelles.

Le bal des hirondelles

Hirondelle jolie au balcon de ma prose,
J’aime à te voir valser quand ton cri de bonheur
Rejaillit tout à coup sur mon rêve flâneur
Qui cherche à oublier le gris d’un jour morose.

En te voyant choisir ma vieille poutre rose,
Pour y bâtir ton nid, en tout bien tout honneur,
Mon verbe a réveillé son instinct butineur,
Envoûté par ta grâce et l’éclat d’une rose !

J’ai suivi avec joie, à la frange des cieux,
Ton incessant ballet, au charme précieux,
Et chaque jour mon âme a dansé d’allégresse !

Puis tes anges sont nés… Au spectacle vivant,
J’ai rajouté le lien d’un bouquet de tendresse,
Un sourire enjôleur et mon amour fervent !

Annie

Le sonnet marotique : Plus me plaît…

 

Plus me plaît…


Plus me plaisent ces lieux que le touriste ignore,
Dont le charme discret se découvre en rêvant,
Le long des vieux logis, courtisés par le vent,
Plutôt que ces endroits que seul l’argent déflore.

Comment ne pas honnir ce béton carnivore,
Polluant le regard et le soleil levant,
Tandis que mon village, au minois captivant,
Fait à chaque saison, danser la belle aurore !

De l’église endormie, aux ailes du moulin,
J’aime la promenade à l’heure du déclin
Quand le jour fatigué délaisse ma verrière.

Je goûte à ce nectar, comme on goûte un présent,
Offert par un ciel pur et son baiser grisant,
Puis je ferme les yeux pour clore ma prière !

Annie

La Terza- Rima : Je t’aime à la folie.


Je t’aime à la folie

J’ai trouvé ce matin, comme un retour de flamme,
Des mots incendiant les élans de mon cœur,
Mais qui dormaient en paix aux tréfonds de mon âme.

Le désir réveillé, tel un malin croqueur,
Dénouant le velours des amours éternelles
Savoura de nouveau la divine liqueur !

Qu’il était bon ce temps au goût de mirabelles
Quand l’été de la vie offrant son lendemain
Ne lâchait pas encor ses multiples ombelles !

Et les yeux dans les yeux et la main dans la main,
Nous avons tant marché sur des rives lointaines,
Qu’on s’égarait parfois sur un plus doux chemin.

Nous avons bu l’amour aux vieux becs des fontaines
Et prêté des serments à ne plus en finir
Sous des cheveux de nuit aux teintes incertaines.

L’on se quittait cent fois, mais sans y parvenir,
Cent fois je relisais les promesses écrites
Que nous nous échangions pour peindre l’avenir.

Comprenez-vous pourquoi j’aime les marguerites ?

Annie

Le Rondel : Mon père ce marin.

Mon père ce marin


Il avait tout pour être heureux,
L’intelligence, une belle âme ;
Il porta loin son oriflamme,
Bravant un monde coléreux.

Voilà qu’un jour très amoureux,
Il fit chanter l’épithalame ;
Il avait tout pour être heureux,
Adieu Neptune et puis sa lame !

Comment cet être généreux,
Accepta tout, caprice et blâme ?
Encore aujourd’hui je le clame,
Mon père fut trop généreux,
Il avait tout pour être heureux !

Annie

Le Blason : Soleil.

 

Soleil


Parfois je joue à l’ingénue,
Robe légère et jambe nue,
J’espère attiser ce frisson
Qui te rendra fort polisson !
Je ne dis rien, je me régale,
Je sens que mon feu de Bengale
N’attend que toi pour apaiser,
Grâce à l’appui de ton baiser,
Les flammes de cet incendie
Qui n’a rien d’une comédie !
Enfin  te voici, te voilà !
Plus de lainage ou falbala,
Cotillon simple et sandalette,
Je demeure sur la sellette !
Pour profiter du bel été,
Je t’offre mon décolleté,
En oubliant, ô bel amant,
Que tes rayons sont du piment !

Annie