Archives de catégorie : Photos

Sonnets à kyrielle avec un ami poète, suite.

Repoussoir

Hélas, tout mon espoir ternit et puis s’affaisse,
Votre lettre Madame, est mon grand désespoir
Et mon âme déçue, embossée au butoir,
Tant votre atermoiement trop exigeant me blesse.

Comment puis-je chanter sans vous mettre en détresse
Car ma voix de fausset est un vrai repoussoir
Qui ne pourrait hélas, votre cœur, émouvoir
Tant votre atermoiement trop exigeant me blesse.

Je ne verrai jamais le ciel de votre lit
Et voilà tout à coup mon désir ramolli
Tant votre atermoiement, trop exigeant me blesse.

Mais c’est avec regret que j’attendrai l’été
Afin de rêver à votre décolleté,
Tant votre atermoiement trop exigeant me blesse.

Capricorne

Encouragements

Mais pourquoi pensez-vous être si décevant ?
Écoutez cet oiseau dont la voix nous étonne,
Il n’est pas rossignol et pourtant il chantonne !
Donnez moi votre main et partons de l’avant !

Rejoignez moi ce soir, je serai sous l’auvent,
Mais ne tardez pas trop, voici venir l’automne,
Et je crains d’avoir froid sous ce ciel qui moutonne !
Donnez moi votre main et partons de l’avant !

Si chanter vous fait peur, pour une valse lente,
Ah vous m’obligeriez à me faire galante !
Donnez moi votre main et partons de l’avant !

Quand vous m’enlacerez, je ne serai farouche,
Peut-être aurez vous droit au parfum de ma bouche…
Donnez moi votre main et partons de l’avant !

Annie

 

Suite de sonnets à Kyrielle : En écho à Annie.

 

 

En écho à Annie

Votre doux madrigal m’emplit d’émotion
Et croyez bien Madame en mon impatience
De vous chanter l’amour en toute conscience,
Pour déposer ici mon admiration.

Mais veuillez accepter cette Partition
Pour m’avoir déclaré votre intime audience
Afin que je chantasse en toute confiance
Pour déposer ici mon admiration.

Je sens en vous la fleur aux soucis de recluse
Et vous offre mon cœur en qualité de muse
Pour déposer ici mon admiration.

Ce serait un plaisir de cueillir vos pétales,
En ce beau paradis, le pays des vestales,
Pour déposer ici mon admiration.

Capricorne

Proposition

Vous dirai-je Monsieur tout mon empressement
A recevoir ici votre cœur en otage ?
Mais si votre désir exige davantage,
Il vous faudra chanter bien agréablement !

Comme il doit être bon dans ce confinement
De se retrouver deux pour un savant partage !
Me pardonnerez-vous ce tout petit chantage :
Il vous faudra chanter bien agréablement !

Sous le ciel de mon lit, vous aimerez sans doute,
Apaiser ce chagrin qu’aujourd’hui je redoute,
Il vous faudra chanter bien agréablement !

Quand la nuit tombera sur notre bel été,
Votre main sera douce à mon décolleté ;
Il vous faudra chanter bien agréablement !

Annie

Le sonnet à kyrielle : Fin de confinement.

Fin de confinement

Il souffle dans mon cœur un vent de liberté
Depuis que le printemps quitte sa houppelande
Pour fleurir les genêts qui poussent sur la lande ;
Mais quand pourrai-je enfin rejoindre leur fierté ?

La foule des oiseaux semble se concerter
Devant un frais buisson dont la belle guirlande
Vient choir au cœur de la tulipe de Hollande ;
Mais quand pourrai-je enfin rejoindre leur fierté ?

Il pleut des papillons, des confettis de lune,
Autour de mon jardin croulant sous sa fortune ;
Mais quand pourrai-je enfin rejoindre leur fierté ?

Une rose a souri, une abeille s’envole
Afin de retrouver un iris plus frivole…
Mais quand pourrai-je enfin rejoindre leur fierté ?

Annie





Le sonnet français : Histoire sans queue ni tête.

Histoire sans queue ni tête !

C’est la panique entre les rangs,
Quand une larve meurtrière,
Décide de faire carrière
En supprimant petits et grands.

« Tous les plus vieux, ces encombrants,
Qu’importe leur belle prière,
Leur lutte ou la cause ouvrière ,
Je vous les croque ces marrants ! »

Ainsi parlait notre commère, 
Car bien qu’ayant l’instinct primaire,
Elle adorait les champignons !

La morale de cette fable
C’est qu’avant de se mettre à table,
Il faut soigner tous ses oignons !

Annie

 

Le sonnet français : Le champ aux pâquerettes.

 

 

Le champ aux pâquerettes

Oh, dis ! T’en souviens-tu du champ de pâquerettes
Où des moutons laineux broutaient les boutons-d’or ?
Le temps filait son temps avec un rouet d’or
D’où volaient à foison des notes guillerettes.

La nature en éveil appelait ses fleurettes
Pour les poser tout doux sur un nouveau décor,
Tandis que le soleil en haut d’un mirador
Taquinait de son dard les premières aigrettes.

S’échappaient des frissons, des talus, bourgeonnant,
Laissant s’évaporer un mélange étonnant
De senteurs de sous-bois, de parfums d’églantine.

Mais oui, tu t’en souviens ! C’est écrit sur l’oiseau,
L’aile du papillon, l’abeille qui butine
Et bercé par le vent dans le chant du roseau…

Annie

Stances : Aux donneurs de leçons.

 

Tableau de mon amie Christiana Moreau

Christiana Moreau
Artiste peintre, sculptrice
Auteure du roman La sonate oubliée aux Éditions Préludes et au Livre de Poche
 

                                                                     

 

Aux donneurs de leçon

Aux donneurs de leçons je tire révérence,
Car ils ne savent pas ce que c’est d’être seul,
D’avoir pour un univers un bien sombre linceul
Que l’on tisse à vingt ans comme une délivrance.

A ceux croyant connaître un lourd passé qui mord,
Tel le volcan éteint d’une verte montagne,
Je dis tout simplement qu’à faire Charlemagne
Ils semblent oublier le pas du croque-mort !

Aux buveurs assoiffés de liqueurs et de bulles,
Je lève un ras le bol de larmes de chagrins,
Si ma flûte n’est pas le meilleur des écrins,
Elle peut recevoir des hymnes noctambules !

A tout libre penseur il faut bien une cause,
Si la mienne est rétive au monde intelligent,
J’implore le pardon de notre Dieu l’argent,
Qu’on me mette un bâillon dès que ma bouche cause !

Annie

Le sonnet français : Mon amour de toujours.

Aquarelle de mon amie Marie-Luce

 

Mon amour de toujours

Qu’est-il donc devenu mon amour, mon ami,
Qui de sa voix profonde apaisait les querelles,
Tandis que le désir couvait sous les ombrelles,
Et que le bel été semblait s’être endormi ?

Je vois venir le temps de n’être qu’à demi,
Bel amant de toujours, troublant les tourterelles,
Tu ne peux oublier qu’à l’ombre des tourelles
On bénissait le soir quand il avait blêmi !…

J’aimerais retrouver la douceur de l’ivresse
Quand nous restions au lit en feignant la paresse,
Tandis que je m’offrais au plus tendre examen…

Retournons s’il le faut dans cette herbe complice,
Nous mêlerons nos cœurs aux parfums de mélisse,
Un peu comme autrefois, et bien moins que demain !

Annie

Hommage à Jean Ferrat.

 

Hommage à Jean Ferrat

Comment donc a-t-on pu te censurer, Ferrat,
Toi qui chantais la France et ta belle montagne ?
Des bruyères d’Ardèche aux genêts de Bretagne,
Ta voix est un cristal venu de Baccarat !

Un frisson me parcourt au mot de Potemkine,
Et je pense aux marins dont je connais le sort,
Tristes mais valeureux, en un dernier essor,
Ils ont bravé la peur et la houle mesquine…

Ah j’aime à t’écouter quand ton cri de douceur
Réveille mes matins, dans leur brume tragique ;
Pour secouer ma plume à l’âme nostalgique,
Tu remplaces ma muse, ô tendre envahisseur !

J’aurais aimé plonger dans ton torrent de larmes
Afin de recueillir des fruits de passions
Pour nourrir mes quatrains de tout nouveaux scions,
Rien de tel que d’ouïr tes plus chaudes alarmes.

Que serions-nous sans toi, l’homme aux mille chansons,
Qu’une horloge arrêtée entre égoïsme et trouille
Lorsque la saison pleure en regardant sa rouille
Car elle se souvient des étés polissons ?

En ayant trop d’amour à donner en partage,
Il t’a fallu chanter, non pour passer le temps,
Mais en tant que témoin de multiples printemps,
C’est moi qui désormais t’offre un modeste hommage !

Que ne suis-je Brassens, Aragon ou Prévert !
J’aimerais te conter mon rêve le moins sage,
En t’ouvrant, s’il le faut, les pans de mon corsage,
Je suis cet avenir qui marche à découvert !

Puisqu’il me faut déjà clôturer mon poème,
Je t’appelle au secours, car ton cœur est si grand,
Pour me souffler un vers au parfum enivrant,
Un parfum délicat de fleurs et de bohème…

Annie

La Schaltinienne : Simple bonheur.

Simple bonheur

 

J’ai connu le bonheur de la grande aventure
Dès que juin préparait tous les feux de l’été,
Celui de la Saint-Jean clamant sa Majesté,
Où celui de juillet pour son investiture !

Je me revois encor face au joyeux départ,
Excitée à l’extrême en bouclant la ceinture
D’un destrier plus fier qu’un rapide guépard !

Grand Sud-Ouest me voilà ! chantonnait ma pensée,
Tandis que mon toutou de la vitre baissée

Sans le savoir mimait, girafe et léopard !

Annie