Archives de catégorie : Poèmes

Sonnet curtal à deux plumes : Cher Valentin.

 

BLOG EN PAUSE

 

Merci chère Marlène  pour avoir composé avec moi ce sonnet curtal à l’occasion de la saint Valentin !

Merci à Christiana pour m’avoir permis d’emprunter sa superbe sculpture !

Cher Valentin

Ô mon doux Valentin, je te supplie aimante,
N’attends pas le rappel sur un calendrier,
Car c’est dans l’imprévu que l’amour s’agrémente.

N’entends-tu pas le cœur de ta fidèle amante
Qui ne bat que pour toi, tel un fier destrier,
Galopant à l’assaut de ta rive clémente ?

De l’aube au crépuscule escaladons le temps,
Sans cesser en chemin de cueillir nos instants
De tendresse.

Dans notre beau jardin nous avons tant de fleurs ,
Le bonheur ne s’achète, emballé de couleurs,
Il se tresse !

Marlène et Annie

Le Roundel : Jeunesse solitaire.

Jeunesse solitaire

Ai-je donc inventé ces jours de solitude
Qu’alors je remplissais en plein cœur de l’été
De rêves fabuleux liés à l’habitude ?
Ai-je donc inventé ?

Légère et court vêtue, en toute honnêteté,
Je berçais vaillamment ma tendre quiétude
Et m’offrais au plaisir d’un soleil entêté !

Ses doigts industrieux prenant de l’altitude
Tricotaient mon bonheur et ma belle santé
Tandis que j’enfilais sa douce servitude…
Ai-je donc inventé ?

Annie

Le Doucet : En route pour la maison de retraite.

En route pour la maison de retraite

Nous partirons ensemble en notre maison blanche…

Soixante ans révolus, il te faudra surseoir
Aux caprices du temps et sa lourde palanche.

Tu m’aideras bien sûr, à doucement m’asseoir,
Avant d’aller vaquer à quelque tâche ingrate
Que nul ne t’enviera quand tombera le soir.

En n’ayant jamais eu la fibre aristocrate,
A l’âge où l’on aspire à prendre du repos,
C’est moi qui désormais serai bien plus dispos
Pour maudire avec toi ce monde phallocrate.

En demeurant au port, tu te feras bossoir
De tout un régiment qui, devenu pirate,
Finira par user tes nerfs et ton houssoir !

Je n’ai plus qu’à prier pour que ton cœur ne flanche
Avant cette retraite au parfum d’encensoir…

Nous partirons ensemble en notre maison blanche !

Annie

Le sonnet français : Autre époque, autre temps.

Autre époque, autre temps !

Ne gagner que trois sous pour vaquer à l’ouvrage
Pendant que ces messieurs rêvent d’être rentiers,
Voilà comment l’on perd les plus jolis métiers
Exigeant savoir-faire et beaucoup de courage !

Jadis ne disait-on, labour et pâturage
Font de notre pays les meilleurs héritiers ?
Ceux-là cultivaient l’or loin des plus beaux quartiers
Où la valeur se fond dans le creux d’un mirage…

Aujourd’hui chacun veut le beurre et son argent,
Quant à la qualité n’est-il pas affligeant
De la voir se noyer dans une mer immonde ?

Ainsi va notre époque accélérant le temps,
Mais saurons-nous toujours ciseler les printemps
Si nous courons après l’hiver de notre monde ?

Annie

Stances : Grand-mère bretonne.

Grand-mère bretonne

Il est de ces parfums qui hantent ma mémoire,
Déroulant du passé le plus beau souvenir,
Celui de mon aïeule au pays du menhir,
De la coiffe bretonne et d’une ancienne armoire…

Quand l’âtre chantonnait les émois du matin,
Le vieux meuble de chêne étirait ses jointures ;
En demeurant blottie entre mes couvertures,
J’espérais simplement que dure ce festin !

Les yeux malicieux de grand-mère l’idole
Pétillaient de sa joie à me faire plaisir,
Mon bonheur était tel qu’il me voyait rosir
Dès qu’un fumet connu lançait sa farandole !

Alors je bondissais, comme un chaton malin,
Avide de goûter les crêpes en dentelle
Dont la chaleur encor, tendrement maternelle,
Longtemps demeurera dans mon rêve orphelin.

Au clic-clac des sabots, répondait la pendule,
Égrenait chaque instant de ses doigts dégourdis,
Afin de rappeler que même au paradis,
Chaque minute offerte apporte sa ridule…

Annie

Stances : La ronde des mois.

Sculpture de mon amie Christiana Moreau.

La ronde des mois

Déjà janvier s’avance en son bel artifice,
Enveloppé d’espoir et de brouillard givrant ;
Il brise du passé chagrins et maléfice
Puis il quitte la scène heureux et délirant.

Arrive février dans son manteau d’hermine
Qui transforme le bois en un monde enchanteur,
Fige le cyclamen, même la cardamine,
Dans l’attente d’un mars toujours à la hauteur !

Avril a son coucou, mai ses mille clochettes,
Chacun d’eux s’évertue à réveiller les cœurs,
Et lorsque l’on entend crépiter les branchettes,
C’est que juin rayonnant savoure ses liqueurs !

Et s’enflamme juillet de l’aube au crépuscule
Pour rester grand vainqueur des plus belles moissons
Que l’on déguste en août, en pleine canicule,
En attendant du soir deux zestes de frissons.

Sur les fils de septembre, on voit une hirondelle,
Se délecter déjà du grand rassemblement,
Tandis que les moineaux, d’un habile coup d’aile,
Surveillent de la treille, octobre au firmament.

Novembre épouse l’or du plus beau chrysanthème
Dès que la feuille meurt sous l’arbre décharné,
Jusqu’à ce que décembre attise une bohème
Pour réchauffer la crèche où dort un nouveau-né !

 

Annie

Le sonnet layé : La pensée

 

La Pensée

C’est Elle qui s’impose à notre esprit distrait,
Le rendant perméable
A tout ce qui n’a pas de l’instant cet attrait
Devenant insondable.

Si la porte se ferme à la Réalité
Qui lors n’a plus les pieds sur terre,
Mais la tête en les mains de la fertilité
Sachez qu’Elle s’y désaltère !

Le corps écoute alors avec attention
L’ultime résultat de la réflexion
Pour quitter le nuage…

Négative ou joyeuse, Elle s’attache à nous
Que l’on se tienne droit ou sur les deux genoux
Avec Elle on voyage !

Annie



Le Maillet : Décembre.

                                   BLOG EN PAUSE ET JOYEUX NOËL A TOUS MES AMIS !

Décembre

Quand décembre apparaît,
Ma plume se repose
Car je pars en secret,
Prétextant une pause.

Rien de bien grandiose !
J’achète de l’amour,
Prétextant une pause
Enveloppé d’humour !

Quelques petits péchés,
Prétextant une pause,
Seront vite accrochés
Pour la métamorphose .

Prétextant une pause,
Pour un joyeux Noël,
J’en cueillerai la rose
Signe spirituel.

Annie

Le dizain : Noël gâché.

 

 

Noël gâché

Noël n’est plus Noël dans notre monde étrange,
Chacun grogne et l’on hurle et l’on bat le pavé
Pour obtenir bien plus que le quart d’une orange !
Aujourd’hui les bergers ont tous le poing levé ;
On ne les calme plus avec quelques images,
Car ils ont bien compris que parmi les rois mages
Se cachent les nouveaux voleurs de grand chemin !
Si les braves moutons se lèvent à la fraîche,
Ce n’est plus pour l’enfant qui sourit dans la crèche,
Mais pour se faire tondre au nom du bien commun !

Annie

le Carillon : Au jeu de la séduction.

 

Au jeu de la séduction

Laissez-moi donc rêver d’amour et de dentelle,
Du parfum de la rose en empruntant son fard,
N’étant pas cette fleur que l’on dit immortelle,
Si je le peux j’évite un éternel cafard !

Sagesse ou bien Raison, faut-il que j’écartèle ?
Elles ont toutes deux un triste teint blafard !
Je préfère me fondre en un doux traquenard,
Qui cherche en ses atouts un ris de jarretelle !

C’est ainsi que parfois je remise au placard
Toute une garde-robe à la mine assombrie,
Puis j’attends les bienfaits de cette huile de nard
Que l’on dit bénéfique à la câlinerie !

Comment ne pas céder à la tentation
D’exercer le pouvoir de la séduction
Sur un bien tendre époux que le printemps ravive ?

En cultivant le grain de nos jardins secrets,
Naîtront des souvenirs et non pas des regrets
Quand les désirs du corps seront à la dérive.

Un flot de mousseline et deux bras valeureux,
Nous voici de nouveau terriblement heureux
En constatant qu’Éros demeure en notre rive !

Annie