Archives de catégorie : Sonnets et beaux vers

Le sonnet hétérométrique : Sous les feux de l’été.

Merci à mon amie   Maria  pour cette sublime mise en page du tableau de ma maman.

Sous les feux de l’été


Mais où sont donc passés tous nos étés d’antan,
L’éclat de leur lumière,
Qui dorait la saison jusque dans son mitan
Et la rose trémière ?

Aujourd’hui c’est l’excès qui détruit les cultures,
Les jolis bois de pins,
Et même les logis du sol jusqu’aux toitures ;
Adieu pauvres lupins !

Aux feux de la saint Jean si nous brûlions nos ailes,
C’était que Cupidon,
Attisait sans compter les cœurs des demoiselles !

Ô le triste brandon !
Entendez-le gémir sous la dent d’une flamme
Qui lui dévore l’âme…

Annie Poirier

Le sonnet français : Engagement.

Merci Maria pour cette si belle mise en page !
Engagement

C’était le tout début de la grande aventure,
Tes mots berçaient les miens de leur roucoulement,
Et nous étions fin prêts pour le plus beau serment,
Qui ne regrette en rien sa douce signature.

Le temps a fait son œuvre, et notre couverture,
Demeure cet amour qui vogue doucement,
Loin du chahut d’un monde où chaque évènement
S’affiche désormais avec désinvolture.

Aujourd’hui l’on blablate à tort et à travers,
On devrait imposer les règles de ces vers
Afin de mieux ouïr la force d’un langage…

Qu’il soit long, qu’il soit court, on aime ce chemin
Sur lequel, pas à pas, un vrai couple s’engage
En croisant bien les doigts pour voir naître demain !

Annie Poirier

Le sonnet marotique : Merveilleux été.

 

Un grand merci à mon amie Maria pour cette superbe mise en page !

Merveilleux été


La foule des oiseaux amuse ma chaumière,
Réveille les matins de leurs chants racoleurs,
Un coin de paradis, aux doux parfums de fleurs,
Sur terre est descendu dans un rai de lumière.

Éclatante, je vois une rose trémière
Défroisser ses froufrous, fière de ses couleurs,
Que l’été rayonnant, de ses doigts ciseleurs,
Distribue en plein juin comme une avant première !

Et juillet qui s’éclate, en sa belle mi-temps,
Fait danser dans les cœurs des rêves envoûtants,
Sous des flocons de lune à la teinte ivoirine.

La lave du mois d’août a roussi le verger,
Le temps file plus vite à l’ombre du Berger,
J’ajoute à mon dessert un jus de nectarine !

Annie

Le sonnet irrégulier : Sagesse obligatoire.

Sagesse obligatoire !


Je vois, vous souriez devant mon état d’âme
Lorsque l’âge avançant il me vient des frayeurs !
– Cupidon désormais ira-t-il voir ailleurs
Afin de ménager et mon cœur et sa dame ?

Me faudra-t-il aussi rallonger mon jupon
S’il n’est plus de bon goût de montrer mes gambettes ?
Vais-je donc maintenant regretter les courbettes ?
Ah non ! Rassurez-moi, ce serait le pompon !

Et ne me dites pas tout ce que je devine :
L’apparence n’est rien sans la grande bonté !
Mais ne trouvez-vous pas votre Muse divine

Quand apparaît soudain quelque grain de beauté,
Niché, le bienheureux, dans le creux d’un corsage ?
Ah bien triste est la vie à force d’être sage !

Annie

La Glose : A la pêche aux souvenirs.

Glose à partir d’un quatrain d’une amie poétesse, que j’admire, de l’Essor poétique de la Roche Sur Yon dont je fais partie.


Blessure de l’exil

Entre les rochers bruns, serpentent des cascades,
Leurs chuchotements purs de rires cristallins
Transportent tous mes sens, m’ouvrent des barricades
De l’espace et du temps vers la voix des moulins.

Marie-Thérèse Cornuat

A la pêche aux souvenirs

Depuis que j’ai revu la petite maison,
Mes plus vieux souvenirs partent en cavalcades,
Leurs galops incessants taquinent ma raison ;
Entre les rochers bruns, serpentent des cascades.

La vie a fait son œuvre en usant ma mémoire,
Comment ressusciter les délicats filins
Des songes du passé dans leur robe de moire,
Les chuchotements purs de rires cristallins ?

Lors je ferme les yeux pour revoir mes vingt ans
Quand le bonheur coulait avec force saccades.
Les doux parfums d’hier soufflés par les autans,
Transportent tous mes sens, m’ouvrent des barricades…

Et voilà que soudain le plus gai des ramages
Réveille tout à coup mes rêves orphelins,
Tandis que mon esprit relance les images
De l’espace et du temps, vers la voix des moulins !

Annie

Stances : Mortagne en poésie.

Mortagne en poésie


Un habile poète, on ne peut plus affable,
Nous a conté Mortagne et son écrin d’argent,
Où tout un petit peuple, adorable régent,
S’est réveillé soudain dans le creux d’une fable !

Car c’est là sous la pierre, où dorment les lézards,
Qu’on entend murmurer les songes des venelles,
Berçant le promeneur de rimes éternelles,
Quand celui-ci devient amoureux des beaux arts !

De l’église assoupie, aux rives de la Sèvre,
Ralentissez le pas, cueillez chemin faisant,
Ce décor magnifique, au minois séduisant,
Dès que l’astre du jour lui dessine une lèvre.

Dans le chant des grillons, rêvent d’anciens moulins,
Puisqu’ils ont tout donné, même en étant sans ailes,
C’est pour eux qu’aujourd’hui dansent les demoiselles,
Leur incessant ballet fait naître des câlins.

Il est d’autres trésors, modestes et pudiques,
Que seul l’œil attentif saura bien découvrir ;
Fontaines aux longs becs, vous êtes à chérir,
Quand vos pleurs font danser leurs notes mélodiques !

Pour un peu de repos, ou pour l’âme apaiser,
Notre Dame du Pont, du chœur de sa chapelle,
Dans un silence d’or tendrement vous appelle,
Jusqu’à l’heure où le ciel offre un dernier baiser !

Annie Poirier, Mortagne sur Sèvre

Mes résultats des Arts et Lettres de France !

Peu de prix cette année encore mais des accessits bienvenus quand on est une étourdie !

Après le deuil

Je pensais retrouver la paix, le réconfort,
Après ce grand départ qui fit pleurer ma prose,
Mais rien de tout cela, sombre est mon coffre-fort.

Un soleil trop timide affiche un air morose
Dès qu’un nuage noir, lourd de tous mes regrets,
L’empêche de sourire à l’éclat d’une rose.

Lors je ferme les yeux sur mes rêves secrets
Afin de rattraper le passé qui s’envole,
Ainsi qu’une colombe entre mont et guérets…

Il me faudrait, c’est sûr, d’une rime frivole,
Découvrir l’antidote à ce chagrin pesant,
Pour ramener au nid la muse bénévole !

Désormais chaque jour un silence écrasant
S’ajoute à la tristesse, et d’un pas qui se traîne,
Voilà qu’il s’alourdit d’un ciel agonisant…

L’hiver est dans mon cœur et pourtant, souveraine,
La saison offre encor perles et diamants
Quand un buisson fleuri laisse échapper sa traîne

Colorant mes pensers à l’or des firmaments.

Annie

Le sonnet marotique : Autre époque autre temps.

 

Autre époque, autre temps !


Ne gagner que trois sous pour vaquer à l’ouvrage
Pendant que ces messieurs rêvent d’être rentiers,
Voilà comment l’on perd les plus jolis métiers
Exigeant savoir-faire et beaucoup de courage !

Jadis ne disait-on, labour et pâturage
Font de notre pays les meilleurs héritiers ?
Ceux-là cultivaient l’or loin des plus beaux quartiers
Où la valeur se fond dans le creux d’un mirage…

Aujourd’hui chacun veut le beurre et son argent,
Quant à la qualité n’est-il pas affligeant
De la voir se noyer dans une mer immonde ?

Ainsi va notre époque accélérant le temps,
Mais saurons-nous toujours ciseler les printemps
Si nous courons après l’hiver de notre monde ?

Annie

Remise des prix de poésie à Chasseneuil du Poitou !

Hier a eu lieu la remise des prix de poésie de la ville de Chasseneuil du Poitou. Pour moi le second prix Georges Sand pour mon poème  » La starlette » ! Merci au jury !


La starlette

Elle expose son corps, telle une friandise,
Que l’on couve des yeux sans pouvoir se l’offrir,
Et les seins généreux, sans rien pour les couvrir,
Ouvrent des appétits pour cette gourmandise.

Ses robes, ses bijoux, d’or et de diamant,
La font se pavaner, bien trop belle ingénue,
Mais sous la mousseline, elle est quasiment nue,
Déjà prête à s’offrir à son nouvel amant.

Le feu des projecteurs la flatte et la caresse,
Elle en rajoute un peu, la foule s’attendrit,
Devant tant de beauté même le ciel sourit,
Mais le diable se cache au milieu de la presse…

C’est ainsi que plus tard on la retrouve en pleurs,
Nouvelle Cendrillon n’ayant plus de carrosse,
La drogue est son recours car le monde féroce
Aime aussi se nourrir des plus grandes douleurs !

Annie