Le sonnet marotique : La chasse est ouverte.

 

La chasse est ouverte.


Les cloches ont sonné loin de la capitale,
Et l’on oublie un peu le tumulte et les cris
Pour suivre les gamins qui lancent des paris,
Quand c’est la chasse aux œufs, la lenteur est fatale !

Quelques lapins farceurs, cachés sous un pétale,
Pour le petit dernier, n’auront jamais de prix !
Ô le doux souvenir faisant naître le ris
De l’adulte garant de fibre parentale !

Plutôt que de combattre, à tort et à travers,
Tous ces moulins à vent qui troublent l’univers,
Éduquons dans l’amour notre progéniture !

Je ne peux que haïr les exemples malsains
De ces fauteurs de trouble aux cyniques desseins,
Dont la stupidité fait honte à la nature !

Annie

Le sonnet layé : Retour du printemps.

Aquarelle de mon amie Marie-Luce

BLOG EN PAUSE

Retour du printemps


Désormais, chaque jour, chantent les tourterelles,
Leur refrain est si doux !
Le printemps se profile à l’abri des tourelles,
Des sapins, et des houx.

Dans les prés reverdis, sourient les pâquerettes
Au bras de riches boutons-d’or,
Et l’on voit naître enfin de tendres amourettes
A la porte de messidor !

Quelques parfums nouveaux chatouillent les narines,
Et lorsque l’on entend des échos de clarines,
C’est la fête au bonheur !

Ainsi que des enfants au final des kermesses,
Chacun s’en va cueillir les bouquets de promesses
D’un divin moissonneur !

Annie

Le sonnet marotique : Enfin du bonheur.


Enfin du bonheur

Enfin, le soleil brille et les oiseaux des cieux
Chantonnent un refrain qui parle de victoire,
Celle du renouveau, dont l’éternelle histoire,
Clôture une saison au regard sourcilleux.

Et j’applaudis déjà le retour gracieux
D’un habile printemps, penché sur l’écritoire
Afin d’y dessiner une autre trajectoire,
Quand l’univers fleuri se veut plus spacieux.

Enjoué, le crocus, depuis belle lurette,
En lançant son clin d’œil à chaque pâquerette,
A donné le signal de la fête au bonheur !

Jacinthes en manchon, jonquilles éclatantes,
Appellent en renfort les roses débutantes
Qui bientôt souriront à mon rêve flâneur !

Annie

Le sonnet marotique : Guerre encore…


Guerre encore

Ô monde choisis bien ton futur gouvernant !
Vois ce peuple qui meurt, frappé par la mitraille
D’un homme dont l’esprit visiblement déraille,
Et qui par son pouvoir assomme un continent !

Chaque siècle a son monstre, il est hallucinant
D’entendre de nouveau l’autorité qui braille ;
L’histoire avait pourtant fait tomber sa muraille,
L’Europe ayant promis un ciel plus avenant.

Et ce fou continue à forger son empire,
Tandis que le printemps, qui lentement soupire,
Éponge les sanglots de familles en pleurs.

Après avoir banni tout ce qui fut naguère,
On ne doit accepter que revienne une guerre,
Dont la triste semence est le poison des fleurs…

Annie

Le sonnet à rimes alternées à deux plumes : Choix de vie.

A la suite de cette vidéo particulièrement intéressante, mon amie Marlène m’a proposé un sonnet à deux plumes ! Je la remercie pour cette belle participation ! 

 


Choix de vie

D’un noble discours inspirant,
Noyé en mer d’obscurantisme,
L’espoir peut reprendre aussitôt
Son souffle vital pour renaître.

Dans notre monde délirant,
Souvent privé de romantisme,
On prend l’argent pour ex-voto
Sans voir le ciel par la fenêtre !

En ces temps de perdition,
Pour notre chance il est des sages
Dont la pensée a faim d’honneur.

Lors avant votre addition,
Calculez bien ces doux messages
Ils sont la clé d’un vrai bonheur !


Marlène et Annie

Le Rondel : Folie humaine.


Folie humaine

Plus jamais ça disaient nos pères,
Plus de mitraille et de canon,
Et l’on apprit à dire non
A tous les fous et leurs vipères !

Mais dans le fond de leur repaires
Certains rêvaient gloire et renom…
Plus jamais ça disaient nos pères,
Plus de mitraille et de canon !

Voilà qu’à nouveau, sans repères,
On voit un peuple au doux renom
Perdre la vie et son chaînon…
Adieu patrie, aubes prospères !
Plus jamais ça disaient nos pères…

Annie

Le sonnet à rimes alternées : Fantômes du soir.

 

 

Fantômes su soir

Ma vie est un désert peuplé d’ombres chinoises,
Qui viennent dans la nuit taquiner mon sommeil.
Les songes du passé, dansant leur gaudriole,
Défilent comme un film que l’on tourne à l’envers !

Hier a décidé de me chercher des noises,
Et pourtant, aujourd’hui, le rose et le vermeil,
Cherchent à retrouver leur seule gloriole,
Redonner des couleurs au gris d’un univers…

Ainsi chaque matin je m’applique à renaître,
L’esprit, ce vagabond, quitte son encensoir,
Comme une sentinelle au seuil de sa guérite !

Dès que le soleil d’or taquine ma fenêtre,
Enfin, j’oublie un peu les fantômes du soir,
L’espoir devient plus doux qu’un cœur de marguerite !


Annie

Le sonnet Lozérien : En attendant le jour.


En attendant le jour

Ce matin, pas un bruit ne trouble la nature,
Pas un seul chant d’oiseau,
Ni même le soupir du chêne et du roseau
Qu’un poète torture !

Je goûte à ce silence avec désinvolture,
Les yeux fixés sur mon closeau,
Afin d’y déceler l’invisible gerzeau,
Dangereuse pâture !

Tel un maître ébéniste armé de son ciseau
Fin prêt pour la sculpture,
Mes mots en farandole espèrent leur fuseau !

Je tente une capture,
Un verbe et son sujet, pourquoi pas damoiseau ?
Sans la moindre rature !

Annie

Le sonnet marotique : Découragement.

Découragement.

Comme il est triste et gris ce temps qui m’insupporte !
A chaque rayon d’or j’applaudis la splendeur,
Mais le ciel aussitôt rappelle sa cohorte
De nuages grincheux et leur esprit frondeur !

Du coup mon regard fuit ma fenêtre et ma porte,
Car j’en ai plus qu’assez de l’hiver baroudeur ;
Vivement l’hirondelle et l’espoir qu’elle apporte
Quand son brin de folie éloigne la froideur !

Au moral fatigué de bercer sa névrose,
Il faudrait pour remède une première rose,
Étonnamment coquette en robe de satin !

Si l’actualité ramenait l’espérance,
On pourrait donc rêver de nouvelle fragrance,
Mais hélas, elle aussi, se parfume au crottin !

Annie

La Terza-Rima à deux plumes : Au jour des Valentins.

Terza- Rima à deux plumes avec mon amie de grand talent,  Marlène, que je remercie de tout cœur !

Au jour des Valentins

Du souffle d’Érato, deux sœurs en poésie
Font s’envoler leur plume au jour des Valentins,
Pour apporter au monde un brin de fantaisie !

Fini de s’épancher en tristes baratins,
Elles ont décidé de voir la vie en rose
En s’offrant au menu le meilleur des gratins

Ce mets dont les saveurs dispersent l’air morose,
Par effluves d’amour s’élevant dans les cieux
Sur des cirrus en cœur au doux parfum de rose.

Durant quelques instants, en vers judicieux,
Ne penser qu’au bonheur des êtres que l’on aime,
Relève de l’exploit par ces temps sourcilleux !

Mais pour muse charmer ce n’est point un dilemme
Puisque rimer sans elle équivaut à flâner
Un bandeau sur les yeux, voyez-vous le problème ?

Cette fête est si belle, il faut l’enrubanner,
La couvrir de mots doux comme des plumes d’anges
Que l’on pourrait saisir avant de les glaner.

En ces rimes nos vœux d’excellentes vendanges
Au troisième brumeux Quatorze Février
Vous consacrant d’Éros gracieuses mésanges !

Un jour solaire ornant notre calendrier !

Marlène et Annie