Le Rondel : Folie humaine.


Folie humaine

Plus jamais ça disaient nos pères,
Plus de mitraille et de canon,
Et l’on apprit à dire non
A tous les fous et leurs vipères !

Mais dans le fond de leur repaires
Certains rêvaient gloire et renom…
Plus jamais ça disaient nos pères,
Plus de mitraille et de canon !

Voilà qu’à nouveau, sans repères,
On voit un peuple au doux renom
Perdre la vie et son chaînon…
Adieu patrie, aubes prospères !
Plus jamais ça disaient nos pères…

Annie

Le sonnet à rimes alternées : Fantômes du soir.

 

 

Fantômes su soir

Ma vie est un désert peuplé d’ombres chinoises,
Qui viennent dans la nuit taquiner mon sommeil.
Les songes du passé, dansant leur gaudriole,
Défilent comme un film que l’on tourne à l’envers !

Hier a décidé de me chercher des noises,
Et pourtant, aujourd’hui, le rose et le vermeil,
Cherchent à retrouver leur seule gloriole,
Redonner des couleurs au gris d’un univers…

Ainsi chaque matin je m’applique à renaître,
L’esprit, ce vagabond, quitte son encensoir,
Comme une sentinelle au seuil de sa guérite !

Dès que le soleil d’or taquine ma fenêtre,
Enfin, j’oublie un peu les fantômes du soir,
L’espoir devient plus doux qu’un cœur de marguerite !


Annie

Le sonnet Lozérien : En attendant le jour.


En attendant le jour

Ce matin, pas un bruit ne trouble la nature,
Pas un seul chant d’oiseau,
Ni même le soupir du chêne et du roseau
Qu’un poète torture !

Je goûte à ce silence avec désinvolture,
Les yeux fixés sur mon closeau,
Afin d’y déceler l’invisible gerzeau,
Dangereuse pâture !

Tel un maître ébéniste armé de son ciseau
Fin prêt pour la sculpture,
Mes mots en farandole espèrent leur fuseau !

Je tente une capture,
Un verbe et son sujet, pourquoi pas damoiseau ?
Sans la moindre rature !

Annie

Le sonnet marotique : Découragement.

Découragement.

Comme il est triste et gris ce temps qui m’insupporte !
A chaque rayon d’or j’applaudis la splendeur,
Mais le ciel aussitôt rappelle sa cohorte
De nuages grincheux et leur esprit frondeur !

Du coup mon regard fuit ma fenêtre et ma porte,
Car j’en ai plus qu’assez de l’hiver baroudeur ;
Vivement l’hirondelle et l’espoir qu’elle apporte
Quand son brin de folie éloigne la froideur !

Au moral fatigué de bercer sa névrose,
Il faudrait pour remède une première rose,
Étonnamment coquette en robe de satin !

Si l’actualité ramenait l’espérance,
On pourrait donc rêver de nouvelle fragrance,
Mais hélas, elle aussi, se parfume au crottin !

Annie

La Terza-Rima à deux plumes : Au jour des Valentins.

Terza- Rima à deux plumes avec mon amie de grand talent,  Marlène, que je remercie de tout cœur !

Au jour des Valentins

Du souffle d’Érato, deux sœurs en poésie
Font s’envoler leur plume au jour des Valentins,
Pour apporter au monde un brin de fantaisie !

Fini de s’épancher en tristes baratins,
Elles ont décidé de voir la vie en rose
En s’offrant au menu le meilleur des gratins

Ce mets dont les saveurs dispersent l’air morose,
Par effluves d’amour s’élevant dans les cieux
Sur des cirrus en cœur au doux parfum de rose.

Durant quelques instants, en vers judicieux,
Ne penser qu’au bonheur des êtres que l’on aime,
Relève de l’exploit par ces temps sourcilleux !

Mais pour muse charmer ce n’est point un dilemme
Puisque rimer sans elle équivaut à flâner
Un bandeau sur les yeux, voyez-vous le problème ?

Cette fête est si belle, il faut l’enrubanner,
La couvrir de mots doux comme des plumes d’anges
Que l’on pourrait saisir avant de les glaner.

En ces rimes nos vœux d’excellentes vendanges
Au troisième brumeux Quatorze Février
Vous consacrant d’Éros gracieuses mésanges !

Un jour solaire ornant notre calendrier !

Marlène et Annie

Le sonnet marotique : Rossignol du matin.

 

Sonnet espagnol


Rossignol du matin

Qu’importe la froidure ou l’actualité,
Rossignol du matin m’offre une sérénade,
Je déguste son chant, telle une limonade
Désaltère ma soif de musicalité !

J’oublie aussitôt toute brutalité,
Mon esprit frétillant, du cœur de sa manade,
Laisse éclater sa joie et d’une talonnade
Fait tinter les grelots de ma vitalité !

La nature engourdie entrouvre une paupière,
Dès que la tourterelle amorce un doux refrain,
Tandis qu’une jacinthe ourle enfin sa guêpière.

Envolés les soucis, les cris et le chagrin,
J’imagine déjà, caché dessous la pierre,
Le grillon prisonnier de mon alexandrin !

Annie

Le même devenu sonnet sonnet marotique !

 

Rossignol du matin

Qu’importe la froidure ou l’actualité,
Rossignol du matin m’offre une sérénade,
Je déguste son chant, telle une limonade
Désaltère la soif de musicalité !

J’en oublie aussitôt toute brutalité,
Mon esprit frétillant, du cœur de sa manade,
Laisse éclater sa joie et d’une talonnade
Fait tinter les grelots de ma vitalité !

Tandis qu’une jacinthe ourle enfin sa guêpière.
La nature engourdie entrouvre une paupière,
Dès que la tourterelle amorce un doux refrain.

Envolés les soucis et tous les jours moroses !
J’imagine déjà, caché dessous les roses,
Le grillon prisonnier de mon alexandrin !

Annie

 

 

Le sonnet marotique : Les mots.

Un autre poème sur les mots !

Les mots


Les mots, comme les fleurs, ont ce pouvoir étrange,
De réconcilier l’humain et la raison,
Quand posés sur la page, ils sont la fenaison
De celui dont l’esprit appelle au libre échange.

Clamés par l’orateur, s’ils ne sont pas louange,
A dose violente, ils deviennent poison.
Au public affamé de haute trahison,
Ils offrent ce volcan dont le réveil dérange !

Telle une violette au délicat parfum,
Ils ont pour l’être aimé un cœur de séraphin,
Et le charme discret de la douce aubépine.

On aime les cueillir en un long chapelet,
Et quand on les reçoit blottis dans un pamphlet,
Comme la rose, ils ont la candeur et l’épine !

Annie

Le maillet : Les mots.

Les mots


Flirter avec les mots pour enrichir la prose,
S’accrocher à toujours qui rime avec amour,
En caressant madame et son esprit glamour,
Pour oublier chagrin car il est trop morose.

Cueillir le mimosa qui fleurit au jardin,
Flirter avec les mots pour enrichir la prose,
Respirer le parfum que nous offre la rose,
Pour chasser le cafard qui n’est pas anodin.

Se lover dans un lit, dans ses draps de satin,
En berçant la paresse et sa dentelle rose ,
Flirter avec les mots pour enrichir la prose,
Essuyer la tristesse et sa glace sans tain.

Cultiver le bonheur, arrachant la névrose,
Pour croquer la douceur dans un morceau de fruit,
Accueillir l’oiseau bleu pour adoucir le bruit,
Flirter avec les mots pour enrichir la prose.

Annie

Le sonnet marotique : Petit bonheur.

Petit bonheur

C’est un petit bonheur, ravi d’un moindre rien,
D’un matin qui sourit à l’éclat d’une rose,
Au poète amoureux lui récitant sa prose,
Tandis qu’un triste ennui boude comme un vaurien !

Il a le cœur léger ce noble épicurien,
Et ne s’attarde pas face à tout jour morose,
Préférant s’enivrer d’un jus de primerose,
Avant de s’envoler en geste aérien.

Pour qu’un brin de muguet se rallie à sa cause,
Il l’enrobe d’amour, tout doucement lui cause,
Rien de tel qu’un parfum riche et revigorant !

Si l’on se nourrissait de cette belle éthique,
L’existence serait beaucoup plus poétique,
Et le petit bonheur pourrait devenir grand !

Annie

Le sonnet marotique : Frayeur.

Frayeur

Dans le lointain brumeux, un vieux coq s’époumone,
Il appelle le jour, paresseux ce matin ;
Après la longue nuit, un voile de satin,
Enveloppe à loisir l’ombre d’une démone…

Derrière mes volets, j’entends que l’on marmonne…
Qui cherche à m’effrayer ? Quel est ce plaisantin ?
Un elfe des sous-bois, un korrigan mutin ?
Mon regard sourcilleux s’attache à la crémone !

Voilà que maintenant on gratte au portillon,
Ce ne peut-être, hélas, un vol de papillon,
Fatigué de sa nuit, effleurant ma sonnette !

La curiosité, plus forte que la peur,
Me conduit jusqu’au seuil et là, c’est la stupeur !
Aguicheuse, je vois, une tendre minette !

Annie